Première dégustation dans les locaux de caveprivée.com après la trêve estivale.

Pour cette nouvelle saison, Benjamin a décidé de proposer à la dégustation les vins qui seront prochainement à la vente. Au premier semestre 2009, Pour la première saison de ces séances de dégustations, j’avais compris que Benjamin et Camille nous avaient proposé majoritairement les vins en fonction des échantillons que leur laissaient les vignerons lors des livraisons, ou des échantillons qu’ils avaient pu grappillés en fonction de leurs rencontres. J’avais particulièrement apprécié que ces dégustations soient déconnectées de l’aspect mercantile du site: les vins proposés n’étaient plus ou pas à la vente. Pour cette nouvelle campagne, nous allons pouvoir gouter les vins avant le lancement de la vente. Commercialement, c’est futé parce-que cela nous pousse à acheter un vin qui nous plairait particulièrement, et a contrario, à éviter ceux qui ne nous plaisent pas. Pour ma part, c’est toujours l’occasion de gouter des vins bien au-dessus de mon budget et/ou inconnus que je n’aurais pas achetés à l’aveugle.
Afin d’éviter toute interférence consumériste, je publierai désormais mes bulletins une fois passée la vente des vins chroniqués.

Ce soir-là, je venais tout juste de revenir au calme après un entrainement de course à pied sur piste un peu éprouvant. J’avais donc soif et faim (avec un appétence pour le sucre prononcé après un exercice physique intense). Juste pour rappeler dans quelle condition est le dégustateur qui écrit ces lignes et qui vont influencer son jugement.
Je suis un amateur des Cabernet Franc et des Chenin secs de Loire. En moelleux, je trouve plus de plaisir avec les Manseng de Jurançon qu’avec les Chenin de Loire.

Les notes en italique sont de Benjamin dL.

Vins blancs, à bulle ou sec.

Philippe Foreau, Clos Naudin, Vouvray brut.
Vinification et élevage en fût (moins de 5% de fûts neufs), moult principalement du millésime 2004. 11,5°
Premier nez sur la verdeur végétale (buis). Belle attaque sur la fraicheur. Un rien métallique en milieu de bouche. Belle acidité en finale. Se déguste mieux en deuxième mise en bouche.

Philippe Foreau, Clos Naudin, 2002, Vouvray brut. 13°
Nez plus franc. Attaque moins vive mais corps plus enveloppé, plus gras. Plus sur l’acidité du citron vert.

Philippe Foreau, Clos Naudin, 2008, Vouvray sec. 13,2°
Premier nez sur la poire au sirop. S’atténue à l’agitation. Attaque discrète. S’exprime sur le milieu de bouche avec montée de l’acidité. Plus souple en finale. Un rien sur l’amertume de la peau de pamplemousse. A attendre et à servir bien frais (ne gagne rien à se réchauffer dans le verre).

Matthieu Vallée, Château Yvonne, 2007, Saumur
Sol argilo-calcaire. Barriques de 225l dont 80% neuves, élevé pendant 12 mois après 6 mois de cuve. 13°
Nez sur le fût. En attaque et en milieu de bouche aussi. Pas asséchant, du gras. Le plaisir seulement sur la fin. Demande à attendre. Pas à mon gout.

Vins rouges.

Gérard Vallée, Domaine de la Cotelleraie, Les Perruches, 2007, Saint Nicolas de Bourgueil.
Domaine familial exploité par le frère de Matthieu de Château Yvonne. Terroir d’argiles à silex. Elevage en barriques pendant 8 mois. 12,5°
Les perruches sont ces sols d’argiles à silex caractéristiques de cette partie de la Loire. J’ai appris à comprendre l’expression du cabernet franc sur ces terroirs avec Thomas Gambier du domaine des Ouches.
Nez sur un cabernet de Chinon. Demande de l’agitation pour trouver le fruit d’un Saint Nicolas de Bourgeuil. Belle attaque mais assez vite gout de terre un peu gênant. Passe en milieu de bouche pour profiter du fruit. Finale sur tanins déjà fondus.

Philippe Alliet, Domaine 2007, Chinon
Vinification et élevage en cuve inox. 12,5°
Robe un peu trouble. Nez sur matière fécale, confirme le manque de netteté de la robe. Ne passe pas vraiment à l’agitation. Bouche un peu verte. Tanins secs en finale. Heureusement, il semblerait que je sois le seul dégustateur à trouver ces défauts.

Domaine de la Cotelleraie, Le Vau Jaumier 2007, Saint Nicolas de Bourgueil.
Terroir argilo-calcaire, en coteaux. Elevage de 12 mois en barriques neuves. 12,8°
Nez très Saint Nicolas de Bourgueil. Barrique bien fondue. Bouche bien arrondie sur le fût. Arôme de grillé un peu décalé par rapport au fruit. Finale douce. Dans le style moderne de Yannick Amirault, mais avec un choix de barriques un peu différent.

Philippe Alliet, Vieilles Vignes 2007, Chinon
Terrasses graveleuses et coteaux argilo-calcaires sur sous-sol de tuffeau. Barriques de un à 4 vins. 12,5°
Nez typé Chinon. Bouche gourmande. Manque un peu de tension. Bien maintenant.

Domaine de la Cotelleraie, L’Envolée 2007, Saint Nicolas de Bourgeuil
Terroir d’argile à silex. Elevage d’un an en fût. 12,5°
Nez sur le fût, souple. En bouche, du fruit. Belle tension au service de la longueur. Un peu de tanins. Belle évolution en perspective. Gourmand.

Château Yvonne, 2006, Saumur-Champugny.
Vinification en foudres. Elevage en bariques pendant 12 mois et 6 mois en cuve. 13,5°
Robe manque de brillance. Nez déviant. Demande beaucoup d’aération. Bouche manque de tension. Un rien sec en final et retour en finale de l’impression au nez.

Philippe Alliet, L’Huisserie 2006, Chinon
Jeunes vignes. Sols argilo-calcaires. Elevage de 18 mois en barrique. 13,5°
Nez fermé. Bouche décalée, sur la sucrosité  et tanins, avec un peu de verdeur du cabernet franc. A attendre.

Philippe Alliet, L’Huisserie 2006, Chinon. 13,5°
Couleur en début d’évolution. Non filtré. Nez terreux, artichaut. Demande de l’agitation pour trouver le fruit. Raisins très mûrs, un rien cacao. Equilibre fruit/acide vient au nez à l’agitation. Taillé pour la garde.

Philippe Alliet, Coteau de Noiré 2006, Chinon.
Elevage de 18 mois en barriques. 14°
Nez sur le fût, grillé. Belle attaque sur la fraicheur. Milieu de bouche commence la descente. Finale sèche, sur le bois. Pas expressif mais demande à se fondre. Pas le plus gourmand, mais le plus à attendre.

Vins blancs moelleux

Philippe Foreau, Clos Naudin, moelleux 2008. 13°
Nez subtil, pas lourd mais un peu fermé. Belle attaque. Pas de sucrosité. Acidité monte en fin de bouche. Bien mais un peu court.

Philippe Foreau, Clos Naudin, Réserve moelleux 1997
Une partie des raisins sont botrytisés. Environ 110g/l de sucres résiduels. 12°
Robe cuivrée, foncée. Premier nez sur plastique brulé (pétrole diront les autres dégustateurs). Demande de l’agitation, difficile à disparaitre. Un peu de fruit. Manque d’acidité pour équilibre. Prêt à boire. Manque de complexité dans les arômes même si intérêt de ces arômes évolués.

Philippe Foreau, Clos Naudin, Réserve moelleux 1989
Une partie des raisins sont botrytisés. Environ 150g/l de sucres résiduels.
Couleur or (moins évoluée que le 1997). Belle acidité déjà au nez. Attaque discrète. Construit sur le milieu de bouche et la finale. Sur des fruits plus frais que le 1997.