Pour le première fois, je m’explorai la banlieue Est de Paris pour aller à la découverte de vins Bio du salon de Montreuil.

Muni de quelques références glanées sur LaPassionDuVin, je me jetais sans filet dans la dégustation de vin sans souffre ajouté.

A l’image du site internet du salon, l’organisation sort des standards: les vignerons apportent leur table et leurs décorations, montent les cartons à pied au deuxième étage sans ascenseur. On n’est pas loin du cliché du militant bio anarchiste.

A vouloir se démarquer des critères d’organisations largement répandus et à laisser en auto-gestion les exposants, une promenade parmi les visiteurs pourrait faire croire à un casting pour une mauvais téléfilm mettant en scène l’agriculture biologique vu par un scénariste parisien.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas bu des vins aussi déplaisants à mon gout. Il a un côté fascinant à découvrir que le vin peut prendre des robes et des arômes si troubles. Je suis aller trop loin dans la dégustation des vins encensés par les critiques et les œnologues/conseil: mon gout est formaté et ne supporte plus les jus fermentés de raisins moins protégés des maladies.
Je ne parlerai pas de ces vins ici, préférant laisser la place aux belles découvertes.

Beaujolais, Marcel et Mathieu Lapierre
Les vins étaient présentés par la sympathique soeur de Marcel Lapierre. Aucun lien de parenté avec Hubert Lapierre dont j’aime beaucoup les Julienas et Moulin à Vent.
J’avais déjà gouté un de ses beaujolais chez caveprivée, sans vraiment l’apprécier.
Raisins Gaulois 2009
Vin de Table de vignes trop jeunes pour entrer dans l’AOC Beaujolais. Nez discret mais fruité. Attaque souple. Joli fruit en deuxième moitié de bouche. Belle longueur pour des jeunes vignes.

Morgon 2009
Nez plus floral que fruité. Séduisant. Bouche plus réservé. Des tanins mais exprime un beau fruit = belle matière.

Morgon 2009 nature
Le même sans ajout de soufre à la mise = pour ceux qui ont une cave à moins de 14°C. Même nez discret. A l’agitation révèle une gamme plus large. Fruité éclate plus en bouche, monte plus haut (parait plus court). Finale bien. Des tanins pour la garde.

Christophe Pascalet, Côte de Brouilly 2008
Le neveu de Marcel Lapierre. Achat de raisins. Joli nez, moins de matière mais plus gourmand = la gourmandise du Beaujolais en bouche. Bien.

Christophe Pascalet, Moulin à vent 2008
Nez piqure acétique ? Dommage parce-que belle bouche. La matière d’un Moulin à Vent. Bien. Evolution avec un tel nez ?

Château Combin, Beaujolais 2007
Le vin de Mme Lapierre. Nez discret. Bel équilibre en bouche.

Le Cambon 2007
Sélection de parcelles. Délicieux: du fruit, de la soie. Me rappelle une Vieilles Vignes 2003 de Chermette.

Gaillac, Patrice Lescarret et Virginie Maignien, Domaine de Causse Marines
Un jeune couple, baignant dans le bio comme Claude et Nelly Pichard du Clau de Nell.
Les Greilles 2007, AOC Gaillac
Assemblage de Mauzac, Loin-de-l'Œil, Ondenc et de Muscadelle. Nez fruité rafraichissant. Court en bouche. Friandise d’un bonbon.

ZacMau 2008, VDT
Vieilles Vignes de Mauzac. Nez pomme blette, pas désagréable. Souple en bouche, gras. Fruit frais en finale. Intéressant.

Préambulles 2008, VDT
Prise de mousse traditionnelle de Gaillac (première fermentation en bouteille). Mauzac. Nez plus discret. Pomme plus fraiche. Rafraichissant.

Peyrouzelles2008, AOC Gaillac
Braucol, Syrah et Duras. Court, tannique. Difficile après la fraicheur de l’effervescent.

Rasdu 2006, VDT
Duras. Jolies épices, bois exotiques. Fruité en bouche. Longueur, ressemble à la Négrette de Fronton. Longueur moyenne.