Je dois beaucoup au salon des Vignerons Indépendants dans ma découverte des appellations françaises et mon apprentissage de la dégustation. Pourtant, cela devient de plus en plus contraignant de se déplacer à celui de Porte de Champeret: jamais de place dans le parking (1h30 pour trouver une place et rejoindre le salon, cette année), des locaux exigus, moins de vignerons que Porte de Versailles en automne. Heureusement, toujours le plaisir d’y retrouver des vignerons sympas et leurs nouveaux millésimes, et en plus de déguster avec mes collègues du club œnologie que nous animons.

Cette année, tournée rapide des incontournables.

Viré-Clessé, Domaine André Bonhomme

Viré-Clessé Hors Classe 2008
Vignes de 25 ans, terroir de marnes (à la différence de la majorité argilo-calcaire du coin). Nez fermé, mais floral, séduisant. Belle attaque sur l’acidité, pas vraiment les agrumes, plutôt floral. Bien en fin.

Viré-Clessé Jeunes Vignes 2007
Vignes de moins de 25 ans. Nez fermé aussi, mais registre plus minéral. Attaque plus souple, moins de corps (moins de fruit). Construit sur la tension (mais pas tant sur l’acidité).

Viré-Clessé Cuvée Spéciale 2007
Assemblage d’élevage en inox et en fût. Premier nez sur fût, plus rond. Pas l’exubérance du fruit pour prendre le dessus. Plus de matière. En bouche, arrondi par le fût. Belle amertume en finale. A attendre.

Viré-Clessé Vieilles Vignes 2005
Assemblage d’élevage cuve inox et 20% fût neuf. Au nez, vanille du fût. Rond, belle acidité. En bouche, tout en rondeur. Pas de chaleur.

Bordeaux Médoc, Rémy Fauchey
l’Inclassable. Dégustation des 2007 et 2002 pour se rappeler ce que j’ai en cave.
Primeur 2009. Nez vineux. De la maturité. Rondeur. Belle longueur. Tanins rappellent les 2000. Bien.

Coteaux du Languedoc, Terrasses du Larzac, Mas Cal Demoura
Je me réserve chaque année quelques découvertes. Hakim ne pouvant pas me rejoindre à temps ce jour-là, en hommage à mon compagnon de dégustation, mon choix se portait vers sa région de prédilection.
Première approche des vins d’Isabelle et Vincent Gourmand.
L’Etincelle 2008
Vin blanc. Assemblage de Chenin (majoritaire), Grenache Blanc, Roussane, Viognier, Muscat et Petit Manseng. Majorité de cépages que j’affectionne particulièrement. Joli nez, très fruité. Complexe (fruit blanc: poire, pêche; floral: tilleul). Séduisant. En bouche, du corps. Pas sur la tension de l’acidité mais sur la souplesse, très fruité. Surprenant et intéressant. A essayer sur les asperges (entre autres conseils d’Isabelle).

L’infidèle 2007
Assemblage de Syrah, Grenache, Mourvèdre, Carignan et Cinsault. Nez poivré de la Syrah. A l’agitation, puissance du Grenache. Joli en bouche. Beaux tanins. Belle acidité en finale.

Les Combariolles 2007
Assemblage de Syrah, Grenache et Mourvèdre. Terroir en cirque de cailloutis calcaire. Nez plus fruité, mais plus puissant. Demande plus d’agitation, apparition de notes chocolatées. Plus de fraicheur. Tanins plus fondus. Même finale sur la tension. Joli vin plus équilibré. Je n’ai plus de place en cave, mais j’ai craqué.

L’Infidèle 2002
Nez encore cassis, pas compoté. Un peu de verdeur: réhausse la fraicheur. Mais moins de complexité. En bouche, plus évolué. Glisse bien. Finale plus courte.

Feu Sacré 2007
Vieux Grenache noir. Peut passer entièrement dans la cuvée l’Infidèle les années moins fortes où ce Grenache ne déséquilibre pas l’assemblage. Nez plus discret. En bouche, sur le chocolat. Tanins présents. Bien mais manque de complexité ou sur un registre moins gourmand à mon gout.