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Cercle Oenophile
8 novembre 2010

Les vignerons de Savoie de Pétavins à Paris

 

image Deux mois que je n’étais pas allé dans les Alpes, et voilà qu’une ambassade de leurs vignerons montent à Paris. Et pas des moindres avec Béatrice et Louis Magnin en tête de cortège (ou au moins à l’entrée de la Cave de l’Insolite qui accueillait ces vignerons de Pétavins).

 

Huit vignerons de Savoie partageant la même approche de l’élevage de la vigne et du vin se sont cooptés pour faire la promotion de leurs vins à Londres le 14 juillet dernier pour fêter les 150 du rattachement de la Savoie à la France.

Ils semblent se plaire ensemble au point d’avoir former l’association les Pétavins.
J’ai beau venir depuis longtemps dans les Alpes et avoir même visiter leurs vignes de la combe de Chambéry avec Béatrice Magnin, je ne savais pas encore ce que désignait Pétavin. Louis Magnin ne se laissait pas démonter par mon ignorance et ne m’y laissa pas dedans. Le Pétavin est une ronce qui pousse entre les cailloux dans les vignes. Le désherbage chimique semble l’avoir écarté des préoccupations des vignerons conventionnels, mais elle reste le compagnon des bords de champs de ceux qui utilisent l’huile de coude et la binette plutôt que la pompe à dos.

J’ai tout trouvé bon. Donc pas de censure dans ce bulletin.

Domaine Béatrice et Louis Magnin
Comme ils étaient les seuls vignerons que je connaissais en entrant dans la cave de l’Insolite, j’ai commencé la dégustation en me rassurant avec leurs vins.

Chignin Bergeron 2007
Cépage Bergeron (Roussanne). L’avantage de mettre en vente des millésimes quand ils se présentent bien rend cette cuvée tout de suite prête à boire.

Chignin Bergeron Grand Orgue 2007
Le nez est ici plus retenu. Une belle amertume se retrouve en bouche. On a envie de passer à table. Je préfère vraiment le Bergeron dans ces millésimes un peu plus frais.

Chignin Bergeron Verticale 2009
Une parcelle de jeunes vignes qui produit maintenant assez pour faire une cuvée à part entière. Cette parcelle ayant eu du mal à démarrer, les Magnin sont rapidement passés à la culture en biodynamie pour apprendre à ses jeunes vignes à grandir sans béquilles chimiques. Les rendements sont encore tout petits. Le millésime 2009 saute au nez: superbement ouvert. En bouche, manque un peu de matière (souvent atténuée chez moi par un nez trop prometteur). L’amertume est contenue, si bien que l’impression de longueur est moindre.

Roussette Jeunes Vignes 2009
Cépage Altesse. Une des parcelles que j’ai visitée avec Béatrice l’été dernier. J’ai tellement en tête l’odeur de menthe fraiche que nous fouillions du pied en bord de parcelle et les souvenirs de cette visite, que j’en ai oublié de noter mes impressions.

Roussette 2008
En 2008, la parcelle de jeunes vignes était encore assemblé avec les autres Altesse. Joli nez moelleux. En bouche, superbe minéralité, amène de la tension. Le miel revient sur la fin. Belle réussite. Plus équilibré que les Roussette de Marestel que j’ai en tête.

Jacquère
Assemblage des 2008 et des 2009 (pas de mention du millésime donc). Mise en bouteille de septembre. Manque un peu de structure, mais normal après la dégustation d'une longue Altesse.

Mondeuse 2007
Un peu rugueux. Mais bien moins que mon souvenir de la Vieille Vigne 2007, qui m’avait pourtant fait craqué. Évidemment trop jeune, mais rien d’inquiétant pour qui a connu l’évolution des 2004.

Mondeuse La Rouge 2007
De la matière. Et du jus en final la rend plus souple que la Mondeuse.

Mondeuse La Brova 2007
Elevage en fût apporte de la classe. Un peu d’astringence en finale (doit venir du fût parce-que je ne l’ai pas sentie dans la Rouge).

Mondeuse 2005
Le même moult que le Brova mais pas passé en fût. Nez stupéfiant de ronce et de cassis. Bouche en retrait. Dommage. A attendre pour que cela s’équilibre.

Mondeuse La Brova 2003
Plus de grillé du fût qu’en 2007. Ou la maturité des raisins si différentes entre ces deux millésimes.

Domaine Belluard
Dominique Belluard a été invité par les Pétavins pour présenter ses vins de Gringet. Je n’ai dû passer à Ayze que la seule fois où je suis monté sur le Môle (le Mont Fuji savoyard), bien loin de me douter que c’était le berceau du Gringet, cépage sauvé de l’oubli.

Les Grandes Jorasses 2009
Cépage Altesse. Sur l’acidité (pomme). Le privilège d’avoir des vignes sur le chemin du massif du Mont Blanc permet de nommer ces vins de noms de grandes verticales.

Les Alpes 2009
Premier contact avec le Gringet, assemblage de terroirs. Couleur jaune orange. Du gras (surtout comparé à l’Altesse verticale précédente). Impression marine. Un peu de sécheresse en finale.

Le Feu 2009
Microparcelle de Gringet. Nez naturel (terme le plus aimable que j’ai trouvé après ma dégustation de début d’après-midi des vins naturels). Minéralité sous l’acidité. Bien.

Le Mont Blanc 2005
Gringet en méthode champenoise, extra brut, élevage sur latte de 4 ans. Couleur marquée par la longueur de l’élevage. Au nez, évolué (mais pas passé) comme un vieux champagne. Intéressant. Les épaules pour soutenir un repas plutôt qu’un apéritif.

Domaine Giachino
Non Monsieur, ce ne sont pas des vins d’Italie passés par le Fréjus mais bien une production d’Apremont au pied de Granier, comme c’est aussi marqué sur l’étiquette.

Jacquère d’Apremont 2009
Joli nez. Un peu sec.

Jacquère Monfarina 2009
Plus minéral, tendu. En prise avec le terroir.

Jacquère Primitif 2009
Assemblage des Jacquère les moins concentrées en sucres pour élaborer une Jacquère comme y z’y faisaient avant. 9,5° de mémoire. Joli expression. Le gras peu présent dans ce cépage prend toutefois le dessus sur l’acidité. Ce n’est pas qu’une curiosité.

Roussette 2009
Cépage Altesse (pour ceux qui n’auraient pas suivi). Bien, tout simplement. Manque un peu de corps.

Persan 2009
J’ai connu le Persan grâce au traiteur du Pontet à Bessans au retour d’une journée de skating. C’est dire si les vins de Savoie sont plus pour moi que ce qui se trouve dans la bouteille. Grosse impression poivrée, comme le Mondeuse. En bouche plus sec, mais aussi plus fruité.

Mondeuse 2009
Plus dure. Plus tannique sur le devant. Moins l’impression de fruit.

Prieuré Saint Christophe
Dire que je pensais connaitre la Mondeuse alors que je n’avais pas encore goutée celle de Michel Grisard. Il faut dire que je m’arrête à Arbin avant de penser pousser jusqu’à la Combe de Savoie.

Mondeuse 2006
Nez fruité, pas tannique. Joli équilibre du fruit. Sans astringence. Bien. Me fait penser par la franchise de son fruit à la Mondeuse des Frères Trosset.

Mondeuse 2005
Nez plus discret et plus épicé. Plus sérieux. En bouche plus structuré, à attendre. Même souvenir du millésime que chez Magnin.

Mondeuse 2004
Dans le style du 2006. Bien, avec un peu de sécheresse. Mais pas dérangeant parce-que la gourmandise est bien là.

Mondeuse Prestige 2004
Elevage en fût, dont 20% de neuf. Nez naturel. Un petit gout de bouchon. De la matière, mais un peu gâchée par le manque de netteté.

Domaine Gilles et Christine Berlioz
Je finis la dégustation par des blancs de Chignin. Après avoir gouté une gouteuse terrine sur le buffet des produits de Savoie proposé par la Cave de l’Insolite. Parce-que je ne sais pas dire non à une Roussanne de Chignin proposée avec autant d'entrain par Gilles Berlioz.

Chignin 2009
Cépage Jacquère. Nez ouvert, léger mais bien. Finale tendu. S’en sort très bien avec les restes de terrines entre les dents.

Chignin Bergeron 2008
Nez discret. Rond sans sucrosité. Déjà en place.

Chignin Bergeron 2005
Nez naturel. Construit sur l’amertume plus que sur la tension. Encore à attendre. Très différents de mon souvenir des Bergeron 2005 de Magnin. Ou alors, je fatigue.

Chignin Bergeron 2009
Sélection parcellaire. Nez court, mais plus fruité. Du gras, plus séduisant (enfin bon, on va pas dire le contraire avec sur l’étiquette des jambes de jeunes femmes en goguette à Chambéry).

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