CGA2011

Le WE d'ouverture du salon de l'Agriculture marquait aussi ma première participation en temps que juré au Concours Général Agricole des Vins. Ma pratique de l'animation de dégustations d'amateurs m'a toujours laissé dubitatif sur la possibilité de trouver des vins qui fassent l'unanimité d'un groupe. C'est avec cet a priori que je confronte mon jugement en participant en tant que "candide" à des jurés de concours de vins comme ceux d'Aquitaine, de Mâcon, des Vignerons Indépendants et aujourd'hui du plus connus d'entre-eux, le CGA (Concours Général Agricole). Le plus connu parce-que c'est celui dont on retrouve le plus d'autocollants sur les bouteilles achetées en grandes surfaces.
A la différence d'autres jurés rassemblant uniquement des amateurs comme celui des "Elus Prix Plaisir" de Bettane et Desseauve où j'avais retrouvé les dilemmes des clubs d'œnologie, ici les vins étant jugés par la profession régionale, il s'agit plus de distinguer les meilleurs représentants de leurs appellations.

Samedi matin , je jugeais avec mes compagnons de table quinze Chablis 2009. Je suis plutôt en accord pour les vins médaillés mais contrarié sur la couleur des médailles attribuées. Cela m'a surtout permis d'identifier que l'amertume douce que j'aime bien trouver dans les chardonnays des côtes de Beaune n'est pas recherché à Chablis. Je trouve dommage aussi que les vins plus marqués par le calcaire ne soit pas mieux ressortis.

Dimanche matin, je retrouvais sur la table seize vins rouges de Savoie. En demandant la Savoie, j'avais espéré pouvoir juger les mondeuses 2009 d'Arbin. Elles étaient sur la table d'à côté. Nous avions à juger des gamay, pinot noir et mondeuse du Bugey, de Jongieux et d'autres crus, majoritairement des 2010 avec quelques 2009. Notre table étant présidée par un éminent professionnel de la Savoie, je n'ai pas cherché faire peser mon désaccord sur les récompenses données aux vins du Bugey et aux vins de Pays. Personnellement, je sais que j'éviterai d'acheter les vins médaillés dans ces catégories. Pour les autres vins rouges, j'ai été rassuré en sortant pour une médaille les mêmes vins que mes collègues. Le débat ayant eu lieu démocratiquement pour l'établissement des couleurs de ces médailles, j'ai signé le procès-verbal avec le sentiment d'avoir bien travaillé.

Comme pour les autres concours où j'ai jugé des vins, cette expérience confirme de la faible valeur de la couleur des médailles, puisque là encore personnellement, j'achèterais plus volontiers certains médaillés de bronze que ceux que nous avons couronnés d'or. Je suis aussi conforté dans mon avis sur ces médailles: étant donné le poids dans nos débats de juré sur la typicité et représentativité des vins médaillés dans leur appellation, les vins un peu trop lissés ou enjolivés par les techniques œnologiques sont tenus à l'écart de ces récompenses.
Parce-que je prendrais aussi plaisir à boire ces vins-là, ces médailles n'étant pas faites pour eux, il faudrait que des prix plus consuméristes comme les "Elus Prix Plaisir" de B&D se développent.