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Cercle Oenophile
18 mars 2011

Concours des Vignerons Indépendants 2011

Juste quelques mots pour archiver mes impressions de ma deuxième participation en tant que juré dégustateur au Concours des Vignerons Indépendants 2011.

J’avais déjà participé au concours 2009. Cette année, Jérôme, un des dégustateurs les plus doués dans la reconnaissance des arômes de notre club de dégustation, était aussi de la partie.

Les amis ou connaissances pour qui j’achète du vin pensent que je joue au faux modeste quand j’essaie de les convaincre que je ne suis pas un expert en dégustation. Jeudi soir dernier, un jeu de dégustation “mystère” de 6 bouteilles d’origine inconnues et complètement cachées (sauf la couleur, 3 blancs et 3 rouges) a tout de même confirmé que l’exercice demande de l’entrainement et que j’ai du pain sur la planche: je n’ai reconnu aucun des 6 vins. Et pourtant je suis toujours volontaire pour juger des vins lors des concours en pensant pouvoir les classer suivant leur qualité, mais je m’efface toujours devant l’avis de professionnels.

Pour les Vignerons Indépendants, ne pouvant être de jury pendant les 2 jours, j’avais choisi de charger la première journée avec 3 séances de dégustations. A posteriori, c’est certainement trop. Heureusement, j’ai eu des vins légers aux deux premières (vins blancs secs) pour finir à la dernière sur les tanins des Cabernet Franc de Loire.
Heureusement aussi, que des vins parmi deux des régions que j’avais sollicitées (Loire et Savoie).

Séance 1: 24 Muscadet Sèvres et Maine sur Lie 2009 et 2010.
A chaque salon des VI, je retrouve toujours avec plaisir les Muscadet de la Haute Févrie. je leur dois de connaitre un peu les terroirs et l’expression du melon de Bourgogne. Sur les 24 dégustés pour le concours, ce n’était pas vraiment facile de faire une distinction entre ceux qui sortaient du lot. Mes deux collègues du juré ont heureusement eu plus de facilité que moi à classer leurs favoris.

Séance 2: 14 Roussette de Savoie et 2 rosé savoyards en 2009 et 2010
On était assez loin des Roussettes de gastronomie de Michel Magnin ou les ultra confidentielles et concentrées de Michel Grisard dont je me délecte. Mon attachement aux pays de Savoie me laisse plein d’indulgence au pied de leurs bouteilles. Néanmoins la dégustation a été animée par une sympathique et dynamique œnologue d’origine américaine. Un classement définitivement basé sur la “Best Value” du point de vue du consommateur. Je pense avoir sauvé quelques médailles. Là encore, je trouve l’intérêt de ma participation à ces jury dans la confrontation des points de vue des jurés.

Séance 3: 14 rosés et 11 rouges d’Anjou 2009 et 2010
Dernière séance et fatigue certaine. Heureusement, je partageais la dégustation avec deux autres jurés fraichement arrivés pour leur unique séance de la journée (soirée). Un peu déconcerté toutefois de me retrouver avec deux amateurs comme moi, donc sans professionnels de la profession, et de devoir présider ce jury avec mes galons des deux précédentes séances de la journée. Est-ce l’absence de professionnels dans ce jury ? L’affectation des médailles aux rosés a été rapide et sans laisser de côté les favoris d’un des trois jurés. Pour les rouges, un peu plus de débat. Je me suis plié à la majorité pour favoriser les Cabernet que j’avais détectés élevés en fût au détriment de l’austérité qu’ils peuvent garder longtemps sur des terroirs au sous-sol argileux.

En guise de conclusion, quelques points.
Une organisation sans défaut. Le dégustateur est vraiment bien reçu.
On prend facilement une heure de retard à chaque séance, mais les coupures entre séances sont suffisamment longues pour résorber ces retards et permettre aux débats des jurys les plus polémiques de se faire sans précipitation.
Par rapport à 2009, j’ai apprécié la nouvelle procédure d’enregistrement des jugements individuels des jurés. Même si passer son temps à noircir des cases est fastidieux et surtout si l’absence d’effacement des erreurs rend très lourd le recopiage de toute la fiche. Au moins, la trace des avis de tous les jurés est conservée (Pour mémoire, je travaille dans la recherche scientifique: cela formate ma conception des procédés qui permettent de classer).
J’ai apprécié aussi l’évaluation des jurés par le vin Test. Même si je l’ai fait pour chaque séance (avec le même vin donc) et pense n’avoir pas répondu de la même façon les trois fois. Au moins cela illustre l’évolution au court de la journée et la marge d’erreur personnelle du dégustateur.
J’ai apprécié aussi que le jury puisse attribuer les médailles. De mémoire, en 2009, nous ne faisions que sélectionner les vins qui ensuite seraient médaillés par un “Grand Jury”. Par contre, j’ai eu l’impression, très biaisée par les seuls échantillons des 3 jury auxquels j’ai participés, qu’à cette édition la proportion de professionnels était minoritaire en faveur d’un jugement par des amateurs comme moi. Par rapport à 2009, la sélection de mes 3 jury a clairement été en faveur d’une approche consumériste (est-ce que le consommateur aurait du plaisir à boire ce vin ?) au détriment du respect des canons des appellations, tels que peut les défendre un professionnel.

Je n’ai pas de jugements de valeur sur cette approche. Elle me semble plus en accord avec la vente du vin en France (je pense que c’est l’objectif économique des vignerons proposant leur vins ici), à la différence des médailles du CGA dont les jurés professionnels semblent privilégier l’adéquation avec le style qu’ils s’imaginent des appellations ou qu'ils se sentent investis de défendre. Par contre, pour animer plusieurs clubs de dégustation amateur où je constate la faible corrélation entre la note moyenne de plusieurs dégustateurs amateurs et la qualité d’un vin, les médailles éliminent ici certes les vins qui plaisent le moins, mais laissent souvent de côté les vins favoris de chaque dégustateur au profit des plus consensuels. Personnellement, sur les 3 palmarès que mes jury ont établi, je laisserais de côté les médailles d’or au profit de certaines médailles de bronze pour lesquels j’ai défendu la médaille de mes vins favoris.
Tout en sachant, qu’avec la faillibilité de mes dégustations, vient aussi que je peux porter un tout autre jugement sur le même vin dans d’autres conditions.

Voilà qui donne de l’intérêt à ma visite au prochain salon des VI porte de Champeret pour une chasse à la reconnaissance des vins médaillés aujourd’hui à l’aveugle.

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