Les dégustations chez CavePrivée ayant perdu beaucoup de leur intérêt (vins moins originaux, personnel plus motivé de changer d’employeur que de faire passer sa passion du vin aux clients), les déambulations sur FB me remettaient en contact avec Camille qui était venue épauler Benjamin chez CP, notamment avec le lancement de leurs dégustations du jeudi soir.

Ce soir-là, elle invitait ses amis intéressés par sa nouvelle activité de vente de vins aux particuliers à venir déguster la gamme de vins de sa prochaine campagne de vente. Nous étions dans les locaux de Wine Sitting, sous les voutes fraiches et mal éclairées de leur caveau de dégustation.

Pas assez de lumière pour voir ce que nous avions dans le verre, mais ce serait dommage de rester grincheux. Nous étions entre têtes connues. Si je n’ai jamais eu la curiosité de leur demander leur nom ou leur pseudo sur LPV, je reconnaissais beaucoup de ces jeunes (relativement à mon âge) amateurs de vins croisés aux dégustations de CP de la rue Pernety ou sur les salons de vins parisiens. Le décor sous-terrain s’y prêtait, il ne nous manquait qu’une grande cape pour se croire dans une réunion secrète d’une secte d’adorateurs réunis par Camile, leur ministre des cultes bachiques, avec Léa en enfant de chœur.

Beaucoup de vins connus pour les avoir déjà dégustés ou achetés chez CP dans les millésimes précédents.

Dans l’ordre de dégustation. J’ai ajouté quelques infos techniques trouvées sur internet (parce-qu’elles mettent souvent en lumière mes erreurs de perception)

Chablis, Domaine Billaud-Simon, Grand Cru Vaudésir 2009
Nez sur la vanille et la noisette. Que je prends pour du fût avant de découvrir que Billaud-Simon s’est fait connaitre pour son absence d’élevage sous bois ! Belle tension. Bouche sur l’amertume, poursuit l’impression de tension du nez. Et tient la finale. Un peu de chaleur toutefois, la marque des 2009 ?

Anjou, Vin de France blanc, Stéphane Bernaudeau, Les Nourrissons 2010
Au détour d’un chenin de Martigné-Briand ressurgit le souvenir de Claude et Nelly Pichard du Clau de Nell que j’étais allés voir à 10 minutes de là à Ambillou Château. Nez fermentaire, s’ouvre facilement. Mais pas exubérant de fruit. Bouche très tendue, mais avec du gras qui tapisse bien. Un peu de perlant à l’attaque. Plutôt pomme mais pas blette, plutôt Reine de Reinettes. Intéressant mais pas encore de gourmandise à cet âge.

Coteaux du Languedoc, Ermitage de Pic Saint-Loup, Saint Agnès, blanc 2010
30% Clairette, 50% Roussanne, 5% Marsanne, 15% Grenache Blanc. Vinification et élevage en fût de chêne et foudre. Premier nez sur le poivron ! Là encore à côté de la plaque: je crois reconnaitre la Marsanne et plus loin les fruits blancs charnus du Viognier. tout faux ! Bouche fermée comme le nez. Tendue. De l’ampleur alcolloqie en finale. Nez simple et bouche un peu molle. Pas à mon gout.

Vin de Pays de l’Hérault, Domaine de la Garance, Les Claviers Blancs 2010
Ugni blanc (46 ans, 60%), Grenache gris (70 ans, 10%), Chardonnay (10 ans, 5%), Clairette (80 ans, 5%). Vendanges manuelles en cagettes avec tri à la vigne. Pressurage direct. 9 mois d'élevage en barriques. Fermentation en barriques de 400 litres. Pas de collage, pas de filtration. Pas de sulfites ajoutés. Couleur cuivrée, trouble. Nez pomme, typique des vins sans souffre ajoutés. Repoussant à mon gout. En bouche, attaque pétillante plus que perlante. Mais pas sur les arômes de cidre que faisait craindre le nez. Du fruit, plutôt net (prune). Pas d’alcool perceptible (le bon côté des vins sans souffre).

Vin de Pays des Côtes Catalanes, Domaine Gauby, Vieilles Vignes, blanc 2006
Macabeu  (40%, 50 ans à 100 ans),Grenache blanc (30%, 50 ans à 100 ans), Carignan blanc (5%,50 ans à 100 ans), Grenache gris (10%, 50 ans à 100 ans), Chardonnay (15%, 30 ans). Vendanges manuelles en caisses avec tri à la cave sur table. Vinification : Pressurage direct, débourbage à base température. Levures indigènes. Sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification. 7 à 8 mois sur  lies fines, barriques 65%, en cuve 35%. Nez métallique ! Fruit difficile à trouver. Une pointe d’oxydation, suffisamment discrète pour apporter un brin de complexité à ce nez. En bouche, un peu de fruits secs. Intéressant.  Boisé intégré mais donne une impression de sècheresse. 

Beaujolais, Marcel Lapierre, Morgon 2011
Je goute et apprécie les vins du défunt Marcel depuis que je fréquente le marché des vins bio de Montreuil. Au nez, peu de gourmandise. Bouche sur le pâté, typiquement le registre que je n’aime pas dans les sans souffre. Finale maigre. Grosse déception alors que le 2009 fait encore parti des vins mémorables que j’ai pu goutés. Heureusement, j’en ai encore dans ma cave bien fraiche.

Côtes du Roussillon Villages, Domaine Gauby, Vieilles Vignes, rouge 2006
Grenache noir (25%, 55 ans), Carignan (35%, 125 ans), Mourvèdre (10%, 25 ans), Syrah (30%, 20 ans). Vendanges manuelles en caisses avec tri à la cave sur table. Vinification : Traditionnelle. Eraflage à 100%, macération 2 à 4 semaines. Levures indigènes. Sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification.24 mois d’élevage, barriques 100 %. Nez cuir, venaison, mais pas écurie. Fruit très fugace à l’agitation. Bouche asséchée par alcool. L’acidité n’amène pas de fraicheur. Court.

Vin de Pays du Gard, Roc d’Anglade 2007
40% Carignan, 20% Mourvèdre, 20% Syrah, 20% Grenache. élevage sur lies, 70 % en demi-muids et foudres neufs de 13hl, 30% en cuve. Nez réduit (typé produit d’argenterie dans ma palette personnelle). Bouche soyeuse, du fruit, du croquant. Plus séduisant qu’au nez. Ne pas hésiter l’aérer.

Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup, Ermitage de Pic Saint-Loup, Saint Agnès, rouge 2010
Syrah (50%), Grenache (40%), Mourvèdre (10%). Vinification traditionnelle avec égrappage. Elevage du vin en foudre et barrique d'environ une année. Nez fermé. Pointe métallique. Bouche verte, astringente. Des tanins un peu partout. Pas de gourmandise.

Vin de Pays de l’Hérault, Domaine de la Garance, Les Armières 2009
90% Carignan, 10% Syrah. Vendanges manuelles en cagettes avec tri à la vigne, vinification traditionnelle, non égrappée avec des macérations longues (trois mois de cuvaison). Elevage en barriques de 400 litres (27 mois). Nez plombé du vin nature pas à mon gout. Bouche asséchante, sur l’alcool. Trop agressif pour faire ressortir le fruit.

Cornas, Robert Michel, Les Coteaux 20
Nez discret. Bouche sur acidité. Tanins fondus. Du fruit en finale. Un peu trop discret pour un Cornas à mon gout

Cornas, Robert Michel, La Geynale 2006
Nez boisé. Fruit plus lourd. Jolies pointes fumées (salaison). En bouche, presque rafle, boisé contenu. Grosse matière. Grillé du fût. Profil typique du Cornas. Pas la première fois que j’aime un 2006 dans cette région.

Cornas, Robert Michel, La Geynale 2003
Nez champignon de Paris. Pruneau cuit à l’agitation. Puissant en bouche. Un peu sec et court.

Cornas, Robert Michel, La Geynale 1996
Nez viandé (typique ?). Des traces d’oxydation. Le fruit est passé. Un peu sec. Jolis arômes d’évolution en bouche (réglisse, tabac). Me ferait presque aimé les vieux vins qui ont perdu leur arômes primaires.