La veille à Nuits Saint Georges, je profitais de retour chez moi que le club des Oenophiles de Gif sur Yvette, la commune de mon lieu de travail, organiser son salon annuel. L’intérêt de ce salon, un plus de déguster les vins des vignerons présents, est l’attention portée par les organisateurs aux choix pédagogiques des vignerons invités.

Me voilà donc à nouveau un verre de dégustation à la main à faire les aller-retour entre les deux petites salles du rez de chaussée du château de Belleville. Paradoxalement la proclamée Grande Salle voit s’entasser plus de vignerons, forcément, mais aussi plus de monde. Pas facile facile de circuler. Mais bon, comme tout banlieusards nous sommes habitués à nous tasser entre les banquettes du métro ou des trains de banlieue. Aujourd’hui ce n’était pas pire entre les tables de la Grande Salle qu’un jour de grève des transport en commun.


Chablis – domaine Louis Michel

Première rencontre avec Guillaume Gicqueau-Michel. Grace à Camille, j’avais dégusté récemment le Chablis GC Vaudésir chez Billard-Simon. J’étais curieux de voir cette autre interprétation d’un Grand Cru sans fût.

Chablis Premier Cru Butteaux 2009
Nez sur la verdeur et la tension minérale. La pierre à fusil est là. Bouche sur la même tension. Vraiment plus minéral qu’acide. Finale sur l’amertume. bien.

Chablis Premier Cru Montée du Tonnerre 2009
Nez discret, pas aussi tendu que Butteaux. Bouche sur la chaleur. Toujours même minéralité (on sent les petits coquillages du jurassique). Assoupli par la chaleur. Un peu plus de fruité.

Chablis Grand Cru Vaudésir 2009
Nez floral, plus ouvert. Bouche moins d’alcool, plus de caractère. Bien assouplie, impressionnant malgré l’absence d’élevage sous bois. Un joli compromis entre la tension des Butteaux et la douceur de la Montée de Tonnerre.


Alsace – domaine Lissner


Je ne suis pas un amateur des vins alsaciens. Dès qu’ils ont un peu de sucres résiduels, je leur trouve un caractère trop prononcé. Certains Riesling éveillent parfois des émotions. Toujours prêt à revoir mes préjugés de dégustateur amateur, je faisais connaissance avec les vins de ….
Parmi les amateurs qui avaient réussi à se frayer un chemin jusqu’à la table, je mets un peu de temps à reconnaitre une tête déjà vue: le président de ma table de dégustation aux Elus Vins Plaisir de la semaine dernière. Il semblerait que je ne me sois pas trompé sur l’intérêt de déguster ces alsaciens. D’une audace limitée par le peu de temps où je souhaitais rester dans cette ambiance pressante, j’en restais au Riesling.

Riesling Wolxheim 2009
Nez tendu. Attaque en bouche un peu perlante. Un peu de pomme verte granny. Pas de douceur perceptible, mais la sensation de chaleur vient en finale. Compensée par une toute légère amertume. Du gras finalement, équilibré.

Riesling Grand Cru 2009
Nez bien ouvert, légèrement fumé. Attaque en bouche sur le gras. Puis tendu. Impression d’alcool est bien domptée. La finale est saline, presque salivante. Beau travail d’équilibre.
Je suis toujours aussi naïvement surpris par le prix très abordable des Grand Cru alsacien, surtout moins de 24h après avoir déguster des Grand Cru bourguignons.


Loire, Vouvray, domaine Vincent Carême

Avec encore en mémoire les dégustations de mon club d’œnologie autour du chenin organisées par bibi ou par Hakim, j’allais tout fier porteur de ma micro-expertise du chenin à la découverte des vins de ...

Peu Meunier 2007
Nez pomme, légèrement blette. Bouche sur la tension acide, mais beaucoup de gras l’éloigne des sensations d’un sec pur jus. Des notes d’évolutions en finale ternissent sa fraicheur.

Tendre 2009
Nez pomme (mais pas cidre). Du miel et toute la douceur. En bouche, beaux agrumes (pamplemousses et citrons de toutes les couleurs) Finale sans sècheresse de l’alcool.

Moelleux 2009
Nez sur le coing et les fruits confits, pile dans le registre de l’appellation. Toujours un peu de pomme. En bouche, concentration évidente. La tension suffisante pour tenir le sucre. Finale sans sècheresse ni lourdeur.

Brut 2010
Méthode traditionnelle. Bien, doux.

Ancestrale 2009
Méthode ancestrale = pas d’ajout de levure ni de sucre pour la prise de mousse. Nez pomme, plus tendre. Mieux, moins de douceur.


Anjou – famille Papin, Château Pierre-Bise

Tout juste quatre jours après avoir dégusté un de leur vins à l’aveugle lors de la séance oeno organisée par Hakim, je croisais à nouveau ces vins et leur vigneron.

Anjou blanc, Le Haut de la Garde 2009
Nez fermé. Bouche bien sur le fruit (agrume confit), un peu d’amertume en finale. Difficile d’alléger la lourdeur de l’alcool.

Savennières Clos Le Grand Beaupréau 2010
Nez fermé. Un peu de fruit. Demande de l’agitation pour trouver plus de subtilité que les 2009. Bouche bien sur minéralité, plus une pointe d’amertume. Manque un peu d’acidité.

Savennières Roche aux Moines 2010
Nez ouvert, floral. Bien: l’agitation révèle une palette d’arômes. Bouche légèrement fumée, un peu de perlant. Beau volume. Des petites touches subtiles subsistent. Finale sur amertume, arrondie. Bien.


Bourgogne – domaine Gachot-Monot
Ce n’est pas très faire-play de ma part d’aller gouter ces vins du village de Corgoloin, toujours dans les souvenirs enjolivés de mes dégustations de la veille à Nuits Saint Georges.

Côtes de Nuits Villages, les Chaillots 2009
Bien, la facilité des 2009

Nuits Saint Georges Aux Crots 2009
Nez métallique, pas animal. Un peu de sucre en bouche. Doux et souple.

Côtes de Nuits Villages, 2008
Nez métallique. Léger, fluide, un peu acide.

Nuits Saint Georges Aux Crots 2008
Nez plus animal que métallique. Sur l’acidité. Un peu de fruit. Pas trop d’astringence.

Nuits Saint Georges Premier Cru Les Poulettes 2008
Nez –enfin- floral. Toujours la trame acide. La finale manque un peu de consistance et marquée par l’acidité.


Roussillon – Domaine de La Rectorie

Pour finir, on achève bien le palais avec la puissance des Collioure et Banyuls.

Collioure “Mer” 2010
La trilogie languedocienne Syrah, Grenache et un poil de Carignan. Souple, sur le fruit (cassis, mure). Bien.

Collioure “Montagne” 2010
La Counoise vient rejoindre le trio. Sec (encore sur le bois de l’élevage). Des accents vineux intéressants. Finale sans alcool dominant.

Banyuls “mise précoce” Thérèse Parcé
Pruneau cuit. Moka. Sècheresse de l’alcool. Bouche bien, du fruit, presque plus frais d’au nez.

Banuyls Léon Parcé
Nez plus discret, mais le fruit est plus flatteur en bouche. Du sucre plus que de l’alcool. Bien.

Banuyls “mise tardive”
Rimage (muté sur grains et élevé en barriques pendant 1 à 3 ans). Nez kirché. Bouche plus sucrée. Un peu lourd mais pas alcoleux.

Banuyls “oublée”
Méthode Soléra. je goute par curiosité puisque je suis encore réfractaire aux vins oxydés. Léger alcool à bruler mais les fruits prennent le dessus (étonnantes noix fraiches mais pas fruits secs). Intéressant en bouche, d’abord pruneau puis évolue sur les fruits, très secs cette fois.