La saison des salons de printemps démarre avec le Groupe des Jeunes Professionnels de la Vigne qui m’invite via FB à leur salon professionnel de présentation d’une sélection de jeunes vignerons dont certains “nouveaux talents” élus en 2012.

Cette péniche parisienne est pour moi l’occasion de découvrir de nouveaux vignerons affranchis de toute sélection par mes guides favoris. C’est ainsi que j’avais découvert les vins de Blair Pethel écoutant seulement mon plaisir.

Ce lundi-là, je profitais de la trainée de ciel bleu laissée par le WE pour prendre une demi-journée de RTT et aller à la rencontre de nouveaux vins de Bourgogne.

Malheureusement, je pense que je traverse une période de méforme. Mes entrainements de course à pied sont laborieux et je traine cette fatigue jusque dans le palais quand il s’agit d’écouter ses sensations. Je pense qu’aujourd’hui je suis passé à côté de beaucoup de vins: les 2011 m’ont presque paru plus séduisants que les 2010. Peut-être que les 2010 étaient en phase de fermeture mais je n’ai pas retrouvé le fruité croquant qui m’avait enthousiasmé l’année dernière après les exotiques 2009.

Pas de coup de cœur cette année. Même les vins de Jessiaume n’ont pas confirmé tout le bien que j’en pensais depuis mes premières dégustations.

Dans l’ordre de mes dégustations. Comme je n’ai pas la souplesse psychologique pour m’abandonner à une dégustation complètement aléatoire, je me concentrais sur les producteurs des Côtes de Beaune.


Domaine Daniel Largeot – à Chorey lès Beaune

Je retrouve Marie-France Largeot et les vins de ce domaine que j’apprécie pour leur classicisme et leurs tarifs encore raisonnables.

Chorey lès Beaunes “Les Beaumonts” 2010
Sur l’acidité. Le fruité tire plutôt sur la cerise cuite. Finale bien un peu chaude.

Savigny lès Beaune 2010
Plus de croquant. La matière me fait penser au Village de Blair Pethel par la netteté de son fruit. La finale est soyeuse. Bien.

Aloxe Corton 2010
De la sève. Tendu par l’astringence es tanins du raisin. Moins gourmand et plus sérieux.

Beaune Premier Cru Les Grèves 2008
Début d’évolution de la robe. La bouche est fluide sur des jolis notes de pots pourris, et un début de sous-bois.


Domaine Régis et Alexandre Parigot – à Méloisey

Domaine complètement inconnu de mes tablettes. Alexandre Parigot en profite pour me présenter longuement leurs méthodes de travail et le style qu’il recherche. Je pense que je l’ai perçu avec les vins en bouche. Je pense que les Parigots doivent être parmi les premiers à récolter de leurs voisins. C’est la recherche délibérée de la fraicheur du fruit au détriment de la concentration et de la chaleur de la maturité poussée. L’impression de verdeur vient plus de l’absence de notes de fruits compotés que de l’astringence de raisins récoltés pas assez mûrs. Je l’interprète comme une déclinaison du fruité d’un Haute Côte de Beaune dans les appellations villages.

Meursault Le Limozin 2010
Nez discret. Bouche tendue, plutôt minéral. Prend le pas sur les accents lactés d’un Meursault traditionnel. La vanille et la douceur du fût en finale. A l’aveugle, je l’aurais mis sur Puligny.

Chassagne-Montrachet Premier Cru Clos Saint-Jean 2010
Bouche acide, sur la verdeur. Le style est clairement sur la tension. Belle matière en finale ne se laisse pas dominer par le fût.
Il n’y a pas de doute que ces blancs sont bien protégés de l’oxydation et traverseront la décennie avec bonheur.

Bourgogne Haute Côte de Beaune “Clos de la Perrière” 2011
Sur le fruité croquant. Très griotte avec un peu de noyau. Style toujours sur la verdeur.

Savigny lès Beaune Premier Cru Les Peuillets 2010
Nez plus retenu. Toujours construit sur la verdeur (ou plutôt l’absence de surmaturité). Les tanins sont bien maitrisés et mettent le fruit en avant.

Pommard “Vigots” 2009
De la puissance. Des tanins. Plus chaud (effet 2009). Toujours cette tension sur la verdeur.

Pommard Premier Cru Charmot 2010
Nez discret. De la fraicheur, presque mentholé. Belle longueur. Le plus moderne ou la puissance du terroir qui dicte son style.


Domaine Jean-Pierre et Vincent Charton – à Mercurey

Encore un inconnu. Vincent médaillé “jeune talent” et très investi de son titre communique son enthousiasme et ses recherches pour trouver son style.

Bourgogne blanc 2011
Nez un peu vert. Bouche tendue. Un peu court.

Mercurey Premier Cru Clos du Roy blanc 2011
Des vieilles vignes en héritage. Plus sur le fût et la noisette. Un peu de verdeur. La chaleur vient en finale montre la concentration.

Mercurey Vieilles Vignes 2011
Assemblage de trois parcelles de terres rouges. Joli nez, assez marqué Mercurey (sous-bois et terreux). Fruit pas si croquant. Finale un peu tannique. Belle acidité rehausse le fruit.

Mercurey Premier Cru La Chassière 2011
Nez vert. Bouche fluide. Assez déconcertant pour une parcelle exposée plein sud.

Mercurey Premier Cru Clos du Roy 2011
Sèveux. Fruité et fraicheur (un peu mentholé). Des tanins en finale. A attendre.


Domaine de l’Écette  - Vincent Daux à Rully

Un domaine que j’avais déjà croisé lors de mes prospections des vignerons de Rully au salon des Vignerons Indépendants.

Rully “Maizières” 2011
Un de mes grands favoris chez Vincent Dureuil-Janthial. Nez raisins frais, presque muscaté. Bouche un peu vert, sur la peau du raisin.

Rully “La Gaudine” 2011
Sur la verdeur. Toujours très peau de raisin. Un peu d’amertume.

Rully “Maizières” 2010
De la tension. Un peu de piquant. Toujours sur une touche de verdeur. Plus tendu en finale.

Rully “La Gaudine” 2010
Plus de matière. Bel équilibre. Finale gourmande.

Rully “Gaudoirs” 2010
De la puissance. Bel équilibre sur l’acidité.


Domaine Patrick et Marion Javillier – à Meursault

Retour en Côtes de Beaune et en cave inconnue. Marion Javillier présente les vins.

Meursault 2010
Assemblage exceptionnel cette année-là de fûts de lieux-dit que mes malo tardives n’ont pas permis d’intégrer à leur cuvée d’origine. Nez très tilleul. De la chaleur. Un peu de bois (sècheresse avec la chaleur de l’alcool). Finale tendue par la fraicheur, avec la douceur du fût.

Meursault “Clos de Cromin” 2011
Terroir argile au cœur du village. La typicité grasse du Meursault. Très beurre, compensé par la légèreté des 2011 (manque un peu de tension quand même). A boire plus vite que les 2010.

Meursault “Les Tillets” 2011
Terroir des hauts de coteaux où la roche est proche. Nez sur le fût. Plutôt la minéralité d’un Puligny. Bouche sur le piquant de l’acidité amène de la fraicheur. Finale plus acide, moins typé Meursault mais plus à mon gout.

Aloxe Corton 2011
Nez sur le fruit croquant du pinot. Séduisant. Tension en bouche, plutôt moderne. Manque un peu de matière. Reste bien porté par la fraicheur de l’acidité.


Domaine Jessiaume à Santenay

Retrouvaille avec ce domaine que j’avais découvert avec grand bonheur au Grand Tasting et qui avait déserté ce salon en 2012.

Bourgogne Pinot Noir 2011
Nez discret. Bouche chaleureuse. Fruit mûr plus que frais. On devine le style.

Santenay “Clos du Clos Genet 2011”
Nez discret. Bouche moderne sur les épices et le grillé du fût. Acidité contenue.

Auxey-Duresses Premier Cru Les Ecusseaux 2010
Sérieux, sèveux. De l’astringence et des tanins en finale. Le piquant de l’acidité indique un vin plutôt à attendre.

Santenay Premier Cru Gravières 2010
Nez grillé. Bouche dure, serrée. Finale sur astringence.

Clos de Vougeot Grand Cru 2010
Nez retour du fruit et de la douceur du fût. Bouche sèveuse. De la matière. Finale tendue. Bien.

Chapelle-Chambertin Grand Cru 2009
Fruité plus croquant, étonnant pour un 2009. Fût grillé marqué. Fraicheur moderne du menthol. Finale chaleureuse.

Bourgogne blanc 2011
Sur le fruit et la noisette. Entrée de gamme sympa.

Auxey-Duresses Premier Cru Les Ecusseaux blanc 2011
Nez anisé. Belle matière tenue par l’acidité. Finale marquée par le style moderne avec le bois.

Chassagne-Montrachet Premier Cru Clos Saint-Jean 2011
J’étais tout à la comparaison de sa version 2010 interprété par Parigot que j’en ai oublié de noter mes impressions.