750 grammes
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Cercle Oenophile
27 mai 2013

Loire en Scène, première, 2013

Pas tout à fait fraichement revenu d’un WE sous la pluie et la grêle des Alpes, le mauvais temps du dimanche avait laissé la place à des rayons de soleil qui faisait paraitre sa première apparition du mois comme un jour de printemps.

La Seine était grosse et haute, mais le Batofar toujours à quai pour accueillir le premier salon “Loire En Scène” organisé par Vindiou avec l’aide de Clair de Lune et du Repaire de Bacchus.

Sur la liste des vignerons présents beaucoup de noms connus, voire souvent de têtes reconnaissables, voire même de mains à serrer depuis le temps que j’arpente les salons des vins du bord de Loire.

Je prenais délibérément le parti de ne pas aller déguster chez mes favoris. Cela me facilite grandement la tache en réduisant la liste des vignerons et vins à découvrir. Donc ce jour-là, je me prive des dégustations des vins de Yannick Ammirault, de Bernard Baudry, de Stéphanie Caslot, de François Crochet, de Coralie Delécheneau, de Nicolas Grosbois, de Frédéric Mabileau, de Didier et Damien Richou, de Thierry Germain.

Place aux découvertes ou aux retrouvailles.
Dans l’ordre des dégustations.


Muscadet – Domaine des Hautes Noëlles, Jean-Pierre Guedon

J’avais découvert ses vins en novembre dernier. Comme j’aime particulièrement le Melon de Bourgogne, je faisais une exception à ma règle du jour de découvrir de nouveaux vins et me mettais en bouche.

Muscadet sur lie, Les Parcelles 2012
Bien franc sur ses notes citronnées de pomélos. La concentration des 2012 se ressent même sur cette entrée de gamme: l’acidité est moins cinglante.

Muscadet sur lie, Les Moineries 2010
La robe est déjà grasse et trahit la densité des vieilles vignes. Le nez est bizarrement sauvignon. Je pense que je me serais fait avoir à l’aveugle. La bouche est bien sur un peu d’amertume. Le profil s’éloigne d’un sauvignon de Sancerre, avec des accents plus de calcaire que de silex. Belle tenue en bouche.

Muscadet sur lie, Les Coteaux 2011
La malo est faite sur cette cuvée. Le citron s’entoure ainsi de rondeur. Le profil est plus muscadet, avec le fruit mis en avant par une acidité en retrait. Suffisamment tendu pour s’imaginer avec bonheur sur des fruits de mer. 

Muscadet, Les Hautes Noëlles 2011
La prolongation de 18 mois sur lie lui retire l’appellation “muscadet sur lie” destinée aux mises plus précoces. Le nez est croquant, presque un peu muscaté. Un peu de bois en bouche, avec tout de même assez de tension. Pas à mon gout avec la vanille du bois que je ne cherche pas sur un muscadet.

Vin de Pays du Val de Loire, Hého 2012
rosé de Groleau. Sur le citron, un peu de groseille. Je le vois bien sur des toasts à la crevette ou au thon.


Muscadet – Domaine de la Haute-Févrie, Sébastien Granger

Encore une entorse, et plus grosse à la règle du jour: les vins de la Haute-Fèvrie m’ont amené à aimer le Melon de Bourgogne. Je sacrifie donc un peu de temps avec Sébastien. Je n’ai pas pris de notes. Toujours cette cuvée Gras Mouton, sur les amphibolites ici en 2010, qui a ma préférence. Je me régale encore avec les derniers 2006 en cave.


Sancerre – Domaine François Crochet

Le billet du blog sur la dégustation des Sancerres étant une des pages les plus lus du blog et comme je vais faire le tour de vignes en courant dans deux semaines, je profitais de la présence des sancerrois pour parfaire ma connaissance de leurs vins.
Première rencontre avec les vins du domaine présentés par Carine.

DSC_0404Sancerre blanc “domaine” 2012
Assemblage de parcelles d’argilo-calcaire et calcaire. Sur la souplesse. Bouche arrondie sans la douceur lactée. Pas d’aspérité. Bon niveau pour une entrée de gamme.

Sancerre blanc “Exils” 2012
Terroir de silex. élevage en fut tronconique. La mise date seulement de deux semaines. Plus végétale que sur les notes silex/pierre à fusil. Finale sur amertume. En retrait. A revoir passé le traumatisme de la mise.

Sancerre blanc “Les Amoureuses” 2012 
Terroir argilo-calcaire. Brut de cuve (pas encore mis en bouteille). Un hommage involontaire à la Palme d’Or saphique d’hier plutôt qu’à la terre qu’une pluie rend amoureuse de vos bottes ?  Plus généreux. Se goute bien: large. Finale plus sur la verdeur. Séduisant.

Sancerre blanc Chêne Marchand 2012
Terroir calcaire. Parcelle qualitative au sud du village du Bué. Cuvée mise en avant par plusieurs domaines que j’ai découverte avec celle de Vincent Pinard. Cela vaut bien une carte de l’IGN. Un 2012 brut du cuve ici aussi. Nez un peu typé sauvignon. Bouche très typée. Pas très large mais sur la longueur. Bien net. Pas d’acidité agressive. Bel équilibre. Exactement là où s’exprime le calcaire.

Sancerre blanc Chêne Marchand 2011 
Le même en 2011. Profil plus citronné. Plus sérieux. Un peu d’astringence. Moins expressif. Un peu déconcertant après la complexité assumé du nouveau-né 2012.

Sancerre blanc Chêne Marchand 2010 
Le même en 2010. Nez “explosif” (pour autant que peut l’être un sauvignon sur calcaire), généreux. Début des fruits exotiques. Bouche plus retenue, plus serrée. La fait paraitre plus courte.

Sancerre, rosé 2012
Robe claire. Tendu (sur la cerise). Un peu chaleureux en finale. Intéressant. Sympa avec une charcuterie légère, pas trop fumée.

Sancerre, “domaine” 2011
DSC_0406Assemblage de terroirs calcaire et argilo-calcaire, élevage en fût tronconique. Sur les tanins. Plutôt croquant. Belle finale sans verdeur. 

Sancerre, Réserve de Marcigoué 2011
Lieux-dits calcaires Petit Chemarin et Grand Chemarin. Nez croquant, épicé. Joli. Beau velours en bouche. Tanins soyeux. Bien. Pour un pinot 2011 aussi réussi, je pense que l’on a là la patte d’un vigneron qui connait sa vigne comme les plus inspirés des bourguignons.

Sancerre, Les Marnes 2010
Récolte non égrappé pour une macération carbonique. Élevage en fût. De la sève. De l’astringence (devant de la bouche). A attendre. Grillé du fût en milieu de bouche. Pas facile à interpréter.

 


Menetou-Salon – Domaine Henri Pellé

A quelques mètres de là, je passe à 15km au Sud-Ouest de Bué. Domaine découvert grâce au Grand Tasting. J’ai un faible pour la cuvée Morogues de Bertrand Minchin dont j’ai mis du 2011 en cave après le marché de la Paulée des Vins de Loire. J’ai pu boire son jumeau de chez Pellé il y a 15 jours au restaurant. Paul me fait gouter sa version 2012 et le reste de la gamme.

Menetou-Salon blanc, Morogues 2012
Moins tendu que le 2011. Le profil du millésime 2012 s’annonce aussi riche par ici.

Menetou-Salon blanc, Vignes de Ratier 2012
Pleine pente argilo-calcaire, sur un sol plus superficiel. Pas encore assemblé, difficile à juger.

Menetou-Salon blanc, Les Blanchais 2011
De la rondeur, du fruit. Inattendu pour un 2011.

DSC_0407Menetou-Salon, Morogues 2011
Un peu maigre. Souple. Année difficile pour le Pinot ?

Menetou-Salon, Le Carroir 2010
Terroir de silex. Très épice, bien. De la rondeur.

Menetou-Salon, Les Cris 2010
Terroir de marnes plus kimméridgiennes que portlandiennes. Nez plus croquant. Fruité et joli style pour la promotion du pinot.

 

 


Sancerre – Domaine Daniel Crochet

Retour à Bué, chez Daniel. Madame présente les vins.

Sancerre blanc, “domaine” 2012
Assemblage de parcelles calcaire et argilo-calcaire. Nez agrumes. Tendu sans amertume.

Sancerre blanc, “Prestige” 2012
Vieilles vignes sur calcaire. Nez typé de buis. Bouche sur la verdeur. Pas gênant, l’acidité n’est pas agressive. Bien mais manque un peu de typicité (pour une expression de calcaire).

Sancerre blanc, Plante des Près 2011
Terroir de griotte (calcaire crayeux de Bourges friable), élevé 10 mois sur lie. Aussi sur la retenu. Bouche marqué par l’iode fait bien glisser le vin. Appétant.

DSC_0405Sancerre blanc, Chêne Marchand 2011
Terroir de calcaire, élevé 10 mois sur lie. Discret mais plus exotique (mangue) que citron. En bouche, un peu la verdeur du Prestige. Plus de complexité.

Sancerre, “domaine” 2011
Sur la verdeur. Un peu caramel en finale. Confirme mon impression sur la difficulté du pinot en 2011.

Sancerre, “Prestige” 2011
Fût discret. Un peu sec mais reste gourmand. Plutôt bien. 

 

 

 


Sancerre – Domaine Alphonse Mellot

Le domaine où les deux Alphonses m’ont initié aux Sancerre avec des dégustations aux fûts dans leur belle cave creusée dans la colline de Sancerre. Emmanuelle est comme d’hab à la promotion.

Sancerre blanc, La Moussière 2012
Marnes kimméridgiennes. Souple. Pas d’amertume. l’acidité est contenue.

Sancerre blanc, Les Romains 2011
silex sur calcaire, élevage en fûts. Nez assez typé. Jolie bouche sur le fruit (un peu la fraicheur de l’anis). Assoupli par le fût. Séduisant mais pas très “Romains” (identifié pour moi par la cuvée des Vacherons).

Sancerre blanc, “Génération XIX” 2011
Vieilles vignes de la Moussière. Profil fruité amendé par le fût. Plus de matière. Finale iodée. Le style large d’un sauvignon sur marne.

Côteaux Charitois blanc, “Les Pénitents” 2010
Chardonnay. Fruits jaunes et rondeur de la malo. Fût en bouche. Suffisamment de matière pour l’absorber. Gourmandise du chardonnay.

Côteaux Charitois, “Les Pénitents” 2011DSC_0408
Un peu de fût en bouche. Raisins bien mûrs. Finale chaleureuse. Contraste avec les pinot 2011 de Sancerre et Ménetou.

Sancerre, La Moussière 2011
Nez légèrement bouchonnée (mais je pense que c’est un biais de ma part, s'atténue à l'aération). Bouche tendue, sur la croquant.

Sancerre, En Grands Champs 2010
Parcelle calcaire à côté de la Moussière. Plus discret (fluide, tanins accrochent moins) mais plus de complexité. Belle longueur, sans sècheresse. Beau pinot. Je retrouve le style “Mellot” qui m’a amené à aimer les pinot d’ici.

 

 


Reuilly - Matthieu et Renaud Mabillot

En attendant les Master Class, je profite d'un rayon de soleil pour rencontrer les vins de Reuilly sur la quai à l'écart de la trouppe.

Reuilly blanc, "domaine" 2012
Tendu. Bouche un peu "nature" (champignon, pomme). Finale plus correcte.

Reuilly blanc, "Mont Cocu" 2011
Sur les hauteurs à flan de la collinne locale sur une croupe sableuse. Le nom de la collinne étant trop cocace pour certains marchés, cette cuvée peut se trouver aussi avec l'étiquette "La Ferté" de la cuvée de rouge. Préfermentation à froid. En fonction de la réussite, peut être assemblé avec la cuvée "domaine". Nez un peu asperge typique d'un Sauvignon nouveau-zélandais (genre Cloudy Bay). Bouche plus grasse, plus de longueur. Intéressant, mais atypique pour un Sauvigon de Loire.

Reuilly, Pinot Gris 2012
Bouche sur la rose. Tendu. Plus rosé que gris.

Reuilly, Pinot Noir 2012
Nez croquant, preque gamay (macération carbonnique ?). Bouche un peu verte, mais suffisament de fruit pour encaisser.

Reuilly, "La Ferté" 2012
Nez très fruit. Bouche bien gourmande, concentrée. Bien, mais marqué par le fût.

 


Emmanuelle “Manou” Mellot devant la séduction manifeste exercée par son Grand Champs me propose d’assister au Master Class sur les pinots de Loire qu’elle va animer quelques minutes plus tard avec Paul Pellé pour les cavistes du repaire de Bacchus.

L’objectif de cette cession est d’illustrer les trois terroirs de la région: Marnes, Calcaire (“les Caillottes”) et Siliceux (les silex), et l’aptitude au vieillissement qui fait du rouge de Sancerre plus qu’un vin de bistrot parisien.

Menetou-Salon, Domaine Henri Pellé, Le Carroir 2010
Déjà dégusté plus haut. Un peu plus de précisions sur la petite parcelle de 80 ares: sable à silex avec oxyde de fer. La vignes fait de petites grains, très facilement millerandés. Cuvée vinifiée et élevée sans souffre. 2g/l à la mise.

Sancerre, Domaine Alphonse Mellot, La Moussière 2009
Année traumatisante avec de grosses pertes à cause de la grêle. Terroir de marnes kimméridgiennes. Elevage en demi-muids (500l) ou plus. Nez cerise croquant. joli en bouche toujours sur le fruit. Finale glisse bien avec un côté iodé.

Menetou-Salon, Domaine Henri Pellé, Les Cris 2008
Grosse parcelle de 4ha des Marnes kimméridgiennes en bas de coteau aux Marnes portlandiennes en haut. L’étendue et l’hétérogénéité de la parcelle étalent les vendanges sur 3 à 4 jours. Nez grillé, concentré. Assez acide. Retour de la rondeur en finale.

Menetou-Salon, Domaine Henri Pellé, Morogues 2006
Assemblage de 4 parcelles de calcaire dur (portlandien). Moins d’extraction pour ne pas extraire trop de tanins . Nez noyaux de fruits. Un peu sec. Des épices en finale.

Sancerre, Domaine Alphonse Mellot, Aux Grands Champs 2006
Nez encore sur fraicheur. Superbe équilibre en bouche. Fruité très présent. Dense. Une confirmation que les Grands Champs (2010 dégustée juste avant) est une belle cuvée. DSC_0409

Sancerre, Domaine Alphonse Mellot, Demoiselle 2005
Terroir de silex. Nez évolué (début de sous-bois), champignon. Tanins encore très marqués (gencives attaquées). Me rappelle les Carbernet Franc des Bourgeuil 2005 des frères Gambier dans leurs jeunesses. Mais eux se sont patinés pour en avoir bu cette année. Ici ce pinot est encore bouclé pour quelques années.

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