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L’agence Clair de Lune avaient convié ce lundi les professionnels à la première réunion de vignerons du Sud-Ouest candidats pour l’immortalité.

Le soleil rendait presque agréable les 90 minutes de déplacement pour traverser Paris depuis ma banlieue en ce jour de RTT et rejoindre la Bellevilloise.

Pas d’Irouléguy au programme, mais les Manseng de Jurançon, les Malbec de Cahors et les Négrettes de Fronton remplissaient le carton d’invitation de plein de promesses.

Je jouais plutôt au jeu des comparaisons dans une appellation plutôt qu’à la découverte de vignerons, avec une emphase sur les cépages cités ci-dessus.

Quelques vins notables, dans l’ordre du cahier de dégustation (organisation toujours impeccable de Clair de Lune). Ces dégustations sont d’un grand intérêt pour moi: comme on ne parle pas prix avec les vignerons sauf demande explicite, je peux me concentrer sur le contenu de mon verre et la découverte sans me préoccuper de la belle affaire en cette période de Foires aux Vins.


Cahors


Château du Cèdre – Pascal Verhaeghe. DSC_0514
Pas vraiment une découverte puisqu’il s’agit là d’une des locomotives de l’appellation.
Cahors, Héritage 2011
Vin de soif, sans prétention mais s’imagine bien en terrasses.

Château du cèdre 2010
Le piquant du fruit. La bouche est équilibrée par l’acidité et permet de garder de la fraicheur malgré le retour de la torréfaction en finale.

Le Cèdre 2010
Mentholé. Même si le registre boisé et la concentration le rapproche des argentins, un supplément d’acidité lui amène cette fraicheur du côté de l’Atlantique.

 

 


Château Lamartine – Alain Gayraud
M et Me Gayraud ne me remettent pas tout de suite, plus habitués à ma visite au salon des vignerons indépendants pour déguster et réserver les primeurs, tant ce domaine est constant dans la qualité.

Cahors, Cuvée Particulière 2010
De la matière comme il sied au Malbec concentré.

Cahors, Cuvée Particulière 2011
Plus de fruit et bouche plus net. Profite encore de l’oxygénation de sa mise en bouteille récente.

Cahors, Cuvée Expression 2010
Très bien. Encore beaucoup de tanins donnent une belle perspective.

Cahors, Cuvée Particulière 2011
Nez très poivré. Fruits plus cuits. Moins gourmand/frais à mon gout.


Le Sid, Les Laquets – Mathieu Cosse
Une découverte. Une gamme très large avec des vins de cépage hors Malbec. Certainement des doses de souffre réduites, le nez jouant avec un côté “nature”.

Sans chichi 2010
Le profil typique des vins “nature” qui dans l’état des mes talents de dégustateurs gomme l’expression du cépage et du terroir.

Abstèmes s’abstenir
Un gamay concentré, sur un registre épicé. Se boit facilement pour ne pas faire mentir son nom.

Carmenère
Un autre jeu de mot pour ce Cabernet Franc ? Je commence à penser que le domaine concentre ses efforts sur l’expression du fruit dans ses vins.

Le Sid 2003
Malbec dans son expression glissante et fluide qui descend bien le gosier.

Les Laquets 2011
Bien. Gourmand. Plus de profondeur.


Duras
Appellation que je ne connais pas à part le cépage éponyme. 


Domaine Mouthes-Le Bihan – Jean-Mary et Cathy Le Bihan.
Je comprends qu’ici il y a 3 gammes: le vin de soif, le vin plus élevé et la sélection (vieilles vignes et/ou parcelles).
Côtes de Duras, La Pie Colette 2011
Sémilllon, Sauvignon, Chenin. Joli équilibre, tendu par une acidité pour un vin de soif fruité. A boire de suite.

Côtes de Duras, Vieillefont 2011
Sémilllon, Sauvignon, Muscadelle. Joli fraicheur type ronce. Plus floral (fleurs coupées). Bouche plus grasse.

Côtes de Duras, Pierette et les noisetiers 2009
Sélection de vieilles vignes de Sémilllon, Sauvignon, Muscadelle. Plutôt tannique (blanc !). Tension sur amertume. Un peu trop de douceur à mon gout.

Côtes de Duras, La Pie Colette 2011
Merlot, Malbec. Gourmandise, plutôt en finale à ce stade.

Côtes de Duras, Vieillefond 2009
Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Malbec. Typé. Bien, pas de sècheresse. Un bel exercice d’expression d’un terroir avec des cépages archi-connus.

Côtes de Duras, Les Apprentis 2008
Merlot, Cabernet Franc, Malbec, Cabernet Sauvignon. De la rondeur, moins typé que le Vieillefond, plus lissé par élevage.

Côtes de Duras, Les Apprentis 2009
Merlot, Cabernet Franc, Malbec, Cabernet Sauvignon. Plus surmuri type Cabernet Chilien. Avec la torréfaction bien présente.


Fronton
Appellation que j’ai découverte grâce aux frères Ribes lors d’une visite sur place. Depuis j’ai un faible pour la négrette.


Château la Colombière – Philippe et Diane Cauvin.
Découverte d’un nouveau domaine.
Fronton, Vinum 2012 
Négrette. Croquant. Finale un peu moins fraiche.

Fronton, Coste Rouge 2011 
Sélection parcelliare de Négrette sur des graves. Souple. Fruit toujours croquant. Net, bien corpulent.

Fronton, Réserve 2011 
Négrette, Cabernet et Syrah. Un peu de réduction. Construit sur acidité. De la rondeur en finale, presque un peu de douceur.

Fronton, Bellouguet 2010 
Négrette et Cabernets. Nez très poivron rouge grillé. Bien en bouche. Reste frais, sans sècheresse. Intéressant.

Vin de France, Prunelard 2011 
Cépage oublié Prunelard. Sec sur l’acidité. Un peu de rondeur.


Château Plaisance – Marc Penavayre.
Marc ayant travaillé dans le passé pour le même institut de recherche que moi, ce fut rapidement une deuxième approche des Fronton complémentaire des frères Ribes.
Fronton, Grain de Folie 2012 
Négrette et gamay. Sur le fruit, sans sècheresse.

Fronton, Alabets 2011 
Négrette sur les hautes terrasses. Sur la réduction. Finale gourmande.

Fronton, Thibault de Plaisance 2011 
Négrette et syrah. Plus de matière.

Fronton, Tot ço que cal  2011 
Négrette et Syrah sur les hautes terrasses. Bien. Tannins plus intégrés. Finale plus fluide.


Domaine le Roc – Frédéric et Cathy Ribes.
Le Fronton que nous commandons tous les ans. Sa “Folle Noire d’Ambat” a beaucoup contribué à populariser la négrette dans le Cercle.
DSC_0513Fronton, Folle Noire d’Ambat 2011 
Négrette. Nez typé. Bouche un peu en retrait.

Fronton, Classique 2010 
Négrette, Syrah et Cabernet.Nez un peu de réduction. Bouche plus soyeuse. Du fruit encore croquant.

Fronton, Don Quichotte 2010 
Négrette et Syrah. Nez presque rose. Bouche plus souple. Bien.

Fronton, Classique 2011 
Nez plus ouvert (vin pris sur cuve). Finale un peu pâté. Un peu sec.

Fronton, Don Quichotte 2011 
(vin pris sur cuve). Joli fruit, gourmand.

 

 


Gaillac

J’avais un passage éclair dans l’appellation en été 2012. Un peu déçu par la qualité des vins et par l’accueil plutôt frais de certains viticulteurs (qui s’est hélas confirmé par le témoignage d’autres visiteurs). Aujourd’hui, je privilégiais la découverte succincte de nouveaux vignerons.


L’Enclos Braves – Nicolas Lebrun 
Nicolas Lebrun a le contact facile et chaleureux, idéal pour revoir mon avis.
Gaillac, L’enclos 2011
Sauvignon et Loin de l’œil. Sur l’amertume, sans la verdeur nordique du Sauvignon. Plutôt gastro.


Domaine Labarthe – Jean-Paul Albert  
Gaillac, Labarthe blanc sec 2011
Mauzac. Joli, ample et frais. Assez discret en finale.

Gaillac, Labarthe méthode traditionnelle 2011
Mauzac 14g/l de sucres. Bien, pas du tout cidre.


Domaine Rotier – Alain Rotier 
Je connaissais les rouges pour les avoir proposer à la dégustation du club d’œnologie. Découverte du blanc.
Gaillac, Rotier 2010
Loin de l’œil et Sauvignon. Discret, un peu de gras.


Jurançon

J’étais venu pour cela: comparer mon coup de coeur de l’annéee pour le Marie-Katalin 2011 du domaine de Souch avec ceux de ces voisins. J’en profitais de retrouver les secs de Bru-Baché qui m’avaient particulièrement séduit lors d’une visite au domaine et explorer la diversité des styles dans les secs. 


Domaine Bordenave – Gisèle Bordenave 
J’étais déjà passé au domaine, attiré par les prix raisonnables.
Jurançon sec, Souvenir d’enfance 2012
Vivacité de l’acidité, assez court.

Jurançon sec, Terres de mémoire 2012
Elevage bien. Même vivacité. Bois marqué. La douceur de la vanille est pour l’instant orthogonale à l’acidité: à attendre.

Jurançon, Copains d’abord 2011
Gros Manseng. Simple. Finale légère et fumée.

Jurançon, Cuvée des dames 2011
Petit Manseng en cuve. Simple.

Jurançon, Cuvée Savin 2011
Petit Manseng en dernière tri, élevé en barrique. Ne m’a pas laissé de souvenir.


Domaine Bru-Baché – Claude Loustalot 
Je retrouve Claude Loustalot qui m’avait converti aux jurançons secs à mes débuts dans le vin.
DSC_0516Jurançon sec, Bru-Baché 2011
Gros Manseng en cuve. Nez léger. Bouche sur peau blanche d’agrume. Frais et court.

Jurançon sec, Les Castérasses 2010
Gros et Petit Manseng. Vif et gourmand. Un peu de fumé, jolie complexité.

Jurançon, Bru-Baché 2011
Gros Manseng en cuve. RAS

Jurançon, Les Castérasses 2010
Petit et Gros Manseng. Un petit goût que je n’aime pas (type produit d’argenterie que je trouve d’habitude sur les rouges).

Jurançon, La Quintescence 2010
Petit Manseng. Manque un peu de tension pour l’équilibre que je cherche sur un moelleux.

Jurançon, L’Eminence 2010
Dernière tri de Petit Manseng. Un peu de fumé. De la concentration. Finale plutôt sur verdeur que sur acidulé.


Domaine Clos Lapeyre – Jean-Bernard Larrieu 
Un nouveau domaine pour moi. Une jolie découverte, surtout en moelleux, dans un style différent de Souch mais toujours dans le registre de ce que je cherche à Jurançon.
DSC_0515Jurançon sec, Clos Lapeyre 2012
Plus sur l’amertume que sur l’acidité. Assèche un peu en contre-partie en finale.

Jurançon sec, Vitatge Vielh 2010
Vieilles vignes et barriques. Tendu par une belle acidité. Nez flatteur mais bouche légèrement acerbe. A attendre.

Jurançon sec, Mantoulan 2009
Tension et alcool. Un peu sur la douceur du fût. Bien en longueur.

Jurançon, Clos Lapeyre 2012
Belle acidité citronnée. Belle entrée de gamme.

Jurançon, Le Magendia 2010
Petit Manseng. De la complexité. Acidulé, de La longueur. Bien.

 

 


Camin Larredya – Jean-Marc Grussaute 
Un nouveau domaine pour moi. Des secs intéressants pour leur complexité, des moelleux intéressants mais dans un registre pas assez vif à mon goût.

Jurançon sec, La Part Davant 2012
Gros et Petit Manseng, Petit Courbu. Belle complexité en bouche. Chaud. Du citron, des épices. Jolis amères en attaque. Bien.

Jurançon sec, La Virada 2011
Gros et Petit Manseng, Petit Courbu sur un terroir d’altitude. Nez plus franc, plus ouvert mais moins flatteur (acidité moins piquante). Belle longueur. Plus gastro.

Jurançon, Au Capcèu 2011
Petit Manseng. Sur la tension presque amer. Pas trop acidulé. 


Clot Uroulat – Charles et Marie Hours
Des vins achetés sur internet, je peux gouter la gamme aujourd’hui, notamment les entrées de gamme.

Jurançon sec, Happy Hours 2011
Pas à mon gout: un peu de pomme, eau de cuisson de patate.

Jurançon sec, Cuvée Marie 2012
Premier nez poivré. Bouche sur amertume. Plus séduisant, glisse bien.

Jurançon, Happy Hours 2011 
Leger perlant. Style exotique type ananas.

Jurançon, Uroulat 2011 
Sucre mieux digéré, plutôt pêche qu’exotique. Pas trop acidulé. Je cherche un peu plus de tension.


Quelques autres rouges grapillés

Madiran – Domaine Berthoumieu – Didier Barré

Madiran, Haute Tradition 2010
Des arômes fumés. Un peu de fruit à l’tattque. Finale fraiche gomme les tannins.

Marcillac– Domaine du Cros – Philippe Teulier
Encore un domaine et une appellation découverte à l’occasion de l’organisation d’une dégustation thématique.

Marcillac, Lo Sang del Païs 2012
Fer Servadou. Nez presque mentholé.

Pécharmant– Domaine des Costes – Jean-Marc et Nicole Dournel
Encore une découverte d’appellation. J’ai du mal à distinguer le style des Côtes de Bergerac, dégusté au Concours Général Agricole cette année ou aux cuvées de David Fourtout du Château les Tours des Verdots que je n’étais pas allé voir aujourd’hui déjà convaincu de la qualité de son travail. Ici aux Costes, je trouve les vins un peu chers pour un supplément d’âme que je n’ai pas trouvé. Par contre, ils sont impeccables et valent largement les meilleurs Bordeaux Supérieur. 

Pécharmant, Tradition 2009
Merlot et Cabernets en cuve. Un peu bonbon. Léger.

Pécharmant, Domaine 2009
Bien. Le fût est gourmand. De la matière.

Pécharmant, Grande Revue 2009
Sélection parcellaire élevée deux ans en cuve. Concentration encore marquée par le fût.

 


Et pour finir quelques blancs en Vin de Pays du Comté Tolosan

Domaine Ribonnet – Christian Gerber

Vin de Pays du Comté Tolosan, blanc 2010
Chenin, Chardonnay, Sauvignon, Semillon. Assemblage original et sans complexe. Riche, belle colonne acide. De l’alcool. Beau bistro.

Vin de Pays du Comté Tolosan, blanc 2010
Chenin, Chardonnay, Sauvignon, Semillon + Viognier, cuvée unique réalisé pour l’anniversaire des 800 ans de la Bataille de Muret. Plus de gras, un peu d’élevage. Plus fondu.