img-RRottier-portraitPremière rencontre avec Richard Rottiers.

Notre vigneron favori de Chénas Hubert Lapierre ayant vinifié son dernier millésime avec la vendange 2013, j’étais à la recherche d’un remplaçant pour fournir au Cercle des Moulin à Vent. Il y a bien sûr Thibault Liger Belair qui investit les terroirs de Romanèche Thorins mais à des tarifs et une approche en marge de ce qui se fait sur l’appellation.

Le revue le Rouge et le Blanc m’avait aguillé vers Richard Rottiers. Beaujolais aoujourd’hui s’en mêlant aussi, je n’avais plus vraiment le choix.

Richard me recevait donc cette après-midi pour une découverte des terroirs de l’appellation Moulin à Vent et de ses vins. Ce jour-là était le dernier d’une séquence particulièrement venteuse. Avec le montée du thermomètre, nous n’étions pas loin de nous croire sur des safres de Châteauneuf du Pape dont les vignes en gobelet sont nettoyées par le mistral. Sous les bourrasques qui faisaient tomber sur la route les cerises des jardins, difficile de tenir debout au pied du Moulin à Vent emblème de l’appellation.

Richard cultive des vignes principalement sur quatre parcelles du cru: la Bruyère et les Burdelines rentrent principalement dans la cuvée de base. Les vignes sur Champs de Cour sont souvent vinifiées à part quand elles produisent suffisamment pour mettre en valeur ce terroir particulier. Et les vignes sur la parcelle La Teppe constitue la cuvée “Dernier Souffle” (clin d’œil aux habitants du cru qui ont rendu leur dernier souffle et repose en paix dans le cimetière qui jouxte la parcelle). Avec les bâtiments qu’il a repris il y a 6 mois dans le quartier de la Sambinerie est venue une parcelle de Beaujolais Village, qui prend le nom de sa nouvelle demeure.

 

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Tous les vins du cru parcellaires sont élevés en fût (qui ont déjà vu au moins 3 vins de Chablis, de différentes origines européennes ou nord-américaines). Richard estime que ces vins en fût mériteraient bien deux ans d’élevage pour être complets mais le paiement des créances ne lui permet pas –encore ?- de mettre de côté ses vins un an de plus.

Dégustation des 2013 sur les fûts, encore dans leur habit parcellaire avant l’assemblage des parcelles ou même des fûts.
Je n’ai pas pris de notes. Donc quelques brides de souvenirs.

Barrique de la Bruyères 2013.
Entrera dans la prochaine mise du Moulin à Vent. Nez parfumé. La bouche est plutôt croquante, immédiate, mais sans être mou, le vin s’oublie un peu en finale.

Barrique des Burdelines 2013
Entrera dans la prochaine mise du Moulin à Vent. Nez peu expressif sans être sur la réduction. Bouche sur l’acidité. Pas agressive, donne un peu de verdeur avec les tanins présents et soyeux finalement. L’association des Bruyères et des Burdelines semble assez évidente pour l’équilibre et l’épanouissement futur de ce millésime.

Barrique de La Teppe 2013
Donnera la cuvée “Dernier Souffle”. Nez floral (iris) marqué. Plus subtil. En bouche, on croque la cerise rouge. Expression très bourguignonne par le fruit moins immédiat et la complexité/concentration. Cela reste tendu. Se sera passionnant de la voir vieillir.

Barriques de Champs de Cour 2013
Pour cette cuvée, nous goutons trois barriques avec des différences bien marquées que l’on peut relier assez facilement à l’origine (marquée sur la barrique).
La barrique roumaine est fermée, peu expressive avec une tension sur la verdeur. Un vin sévère. 
La barrique française est surprenante de gourmandise, ronde, faisant ressortir avec un fruité mûr. Les tanins sont bien présents comme sur toutes les Champs de Cour mais sont déjà enrobés par le vin. La finale manque un chouia de peps, mais les autres barriques se chargeront de l’apporter.
La barrique américaine donne un accent pommadé et toasté au vin. Cela peut être séduisant mais gomme un peu le vin.

Dégustation de quelques bouteilles

Beaujolais villages “La Sambinerie” 2013
Je ne m’en souviens plus bien, seulement de la différence assez marquée avec les barriques 2013.

Moulin à Vent 2013
Première mise, presque précoce pour le potentiel de la cuvée, d’un assemblage des Bruyères, des Burdelines et un petit peu de Champs de Cour. Même si la progression se sent par rapport au village avec des tanins plus présents, l’assemblage est serré (mise trop récente pour bien se gouter ?).

Moulin à Vent “Dernier Souffle” 2012
Millésime horrible pour le vigneron du beaujolais (gel, grêles et pourriture) laisse un mauvais gout dans l’esprit en rappelant toutes les difficultés qu’ils leur a fallu traverser. Pourtant même si il se présente moins gourmand que le 2013, l’équilibre est là et l’énergie de la sève se marie bien avec le style tendu du domaine. Je retrouve la même longueur espérée que sur le 2013 en barrique.

Moulin à Vent Champs de Cour 2011
Elevage de 2 ans en barrique a permis de mettre de côté quelques bouteilles de ce joli millésime. Le boisé n’est pas marqué et laisse le vin s’exprimer. Effet parcelle ou vigneron ? Le vin ne s’impose pas en largeur mais on le garde avec plaisir en bouche.