Chavy-Chouet

Après une dégustation de rouges Italiens le midi, je m’endormais dans le train de banlieue qui m’amenait ce soir dans les locaux de caveprivée au point de louper mon arrêt et arrivais en retard à cette dégustation des vins de Romaric et Hubert Chavy-Chouet.

Romaric qui avait animé la précédente dégustation de septembre 2009 était retenu au domaine pour des raisons personnelles.

Camille avait donc pris l’animation de la dégustation en main, aidée de Charles. Benjamin et la nouvelle recrue de CavePrivée (dont je n’ai pas encore capturé le prénom) nous tenaient compagnie dans le couloir.

J’étais fatigué pour trouver soporifique un trajet en RER et les vins servis ce soir étaient encore jeunes avec des mises en bouteille certainement avant les vendanges de cette année. Et les bouteilles venaient d’arriver le matin. Pas les meilleures conditions pour gouter une majorité de vins de Chardonnay bourguignons.

Mon précédent post d’une dégustation chez caveprivée contenait des coquilles signalées par un comparse de cette dégustation. Ne pas relâcher son attention.
Les notes en italique sont de Charles.

Puligny-Montrachet Les Enseignières 2009
En dessous de Bienvenues et Batard-Montrachet. Elevage de 12 mois en fûts (30% neufs).
Premier nez sur le fût. Le mordant floral d’un Puligny. Belle amertume en finale. Tendu, pas de sécheresse.

Puligny-Montrachet Premier Cru Les Champs Gains 2009
Au dessus des Folatières. Elevage de 12 mois en fûts (30% neufs).
Nez sur le fût, grillé, noisette. A l’agitation, plus minéral que floral. Droit. Davantage de fruit supporté par une acidité (moins d’amertume). Semble plus court parce-que la finale ne se heurte pas à l’amertume.

Puligny-Montrachet Premier Cru Les Folatières 2009
Elevage 12 mois en fûts (30% neufs).
Nez moins grillé, plutôt caramel. Moins de tension acide, plus de gras. Grain moins sensible, moins à mon goût. Pourrait faire penser à un Meursault.

Meursault Clos des Corvées de Citeau (monopole) 2009
Clos de 1ha. Elevage de 12 mois en fûts (30% neuf).
Nez toujours sur le fût mais différent. Joli fruit, légèrement citronné. Corps plus ample (plus de chaleur). Finit un peu sur le bois.

Meursault Les Casses-têtes 2009
Elevage 12 mois en fûts (5 à 10% neuf)
Nez fût et noisette. Plus sur la fraicheur. Acidité plus persistante, avec une pointe d’amertume. Finale glissante.

Meursault Premier Cru Genévrières 2009
Elevage 12 mois en fûts (35% neufs)
Nez fût, vanille. Fermé. Manque de souplesse. L’amertume prend le dessus. A attendre.

Meursault Premier Cru Charmes 2009
Elevage 12 mois en fût (35% neufs)
Nez grillé. Décalage avec la bouche, semble plus légère, et sur un registre moins boisé.

Saint-Aubin Premier Cru Les Murgers des Dents de Chien 2009
Proche des grands crus et des premiers crus. Elevage de 12 mois en fûts (30% neufs). Charles assume son choix de nous présenter ce Saint-Aubin après les Meursault. Connaissant ce Premier Cru pour l’apprécier chez Françoise et Denis Clair, devant la fermeture évidente de ces jeunes Meursaults secoués, j’approuve son choix.
Nez fût. Retour des fleurs. Plus ouvert, minéral à l’agitation. Plus ouvert aussi en bouche. Semble plus court.

Ayant pris la dégustation en route, n’écoutant pas ma fatigue qui a pourtant certainement contribué à sous-évaluer les blancs, je passe aux rouges qui avaient ouverts la séance.

Bourgogne La Taupe 2009
Sur Pommard. Vieilles Vignes de 70 ans. Elevage 8 mois en fûts (10% de fûts neufs).
Nez sur la fraise. Léger tannins. Court mais séduisant pour un Bourgogne.

Volnay Sous la chapelle 2009
Jeunes vignes de 8 ans. Elevage de 10 mois en fût (50% neuf).
Un peu de verni au nez. Tannins marquent les joues. L’élégance d’un Volnay (aphorisme que j’ai du mal à comprendre).

Pommard Premier Cru Les Chanlins 2009
Sud de pommard à côté des rugiens. Elevage de 12 mois en fût (50% neuf).
Nez poivré. La structure tannique d’un Pommard. Mais plus sur l’acidité que sur la matière.

La surprise de fin de dégustation venait de loin. Nos hôtes de caveprivée profitaient de la présence d’un échantillon de leurs clients pour nous faire tester quelques exemplaires de vins rouges d’Afrique du Sud qu'ils leur a été proposés de vendre. Je ne ménagerai pas de suspens: déguster des vins rouges d’Afrique du Sud après de jeunes bourguignons, c’est un peu comme laisser Jean-Marie Bigard faire le final d’un spectacle de Raymond Devos.

Voici quand même quelques mots sur les vins de Ben Radford et Alex Dale du domaine The Winery of Good Hope.

The Winery of Good Hope, Wine of Origin Stellenbosch, Mountin Side, Shiraz 2010. 13,5°
Âpre. Un peu saucission (salaison). Sec

The Winery of Good Hope,  Wine of Origin Stellenbosch, Pinotage 2010. 14,5°
Douçâtre. Me rappelle les mauvais Pinot Noir californien servis dans les bars de Chicago. Réduction (odeurs de fond d’évier). Un peu de prune.

The Hope of Goog Cape, Vinum Africa, Wine of Origin Stellenbosch (65% Helderberg, 35% Devon Valley), Cabernet Sauvignon. 14°
Poivron vert grillé au barbecue.

Black Rock, Wine of Origin Perdeberg-Swartland, Red Blend 2007. 14,5°
Shiraz (69%) Carignan (14%) Grenache (11%) Mourvèdre (3%) Viognier (3%)
Fruit rouge, compoté. A l’image de l’assemblage pourrait effectivement faire penser à un Côte du Rhône. En bouche, plus d’astringence. Pas vraiment d’identité.

Land of Hope, Cabernet Sauvignon 2008.
Encore poivron vert. Mais pas si puissant pour être gênant. Plus intéressant en bouche. En peu court, et marqué par l’alcool.

Radford Dale, Wine of Origin Elgin, Freedom, Pinot Noir 2008. 13,5°
Couleur pas trop extraite (respect du pinot). Un peu de chaleur mais pas caricatural. Pas la gourmandise au nez.

Radford Dale, Wine of Origin Stellenbosch, Gravity, Shiras/Merlot 2008. 14,5°
Pourquoi encore le poivron vert (pas de Cabernet pourtant) ? Astringent. Pas de gourmandise.

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