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Quand on commence à s’intéresser aux vignerons qui font du vin en Bourgogne, le magazine Bourgogne Aujourd’hui devient vite la revue que l’on guette dans sa boite aux lettres.
Cela faisait plusieurs années que j’étais au Chili en janvier quand ils organisaient leur grande dégustation dans la capitale française. Cette année, j’étais presque content de revenir d’Amérique du Sud parce-que je n’avais que quelques jours à attendre pour retrouver les vins de ma région favorite.

Après une partie de la journée décevante à arpenter les salles du Paris des Chefs, je traversais Paname dans une petite diagonale. Les amateurs n’avaient que 90 minutes pour gouter les vins. C’est très très frustrant quand on veut commencer à parler avec le vigneron de ses cuvées.

 

Ce soir-là, les seules têtes connues étaient celles de Cécile Latour et d’Aurore Devillard. Je profitais donc de toutes ces têtes de vignerons et cols de bouteille inconnus pour laisser le hasard me guider entre les tables en limitant le voyage entre Dijon et Châlon.

Parfois presque à l’aveugle, certains stands étant désertés par les producteurs en début de soirée pour cause de dernier TGV pour Dijon à prendre.

La plupart des vins dans les millésimes 2009 ou 2010, très contrastés, très instructifs pour se faire une idée du style du vigneron et de son adaptation à des scenari climatiques contrastés.

Quelques notes, dans l’ordre alphabétique du livret où je les ai prises.


Domaine Bertagna

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Nuits Saint Georges, Premier Cru Les Murgets 2010.
Encore trop jeune pour révéler son terroir. Pour l’instant que le fût, avant le fruit.

Vougeot, Premier Cru Clos de la Perrière Monopole, 2010.
Nez concentré, encore sur la réduction. Bien en bouche, de la longueur. Sur un beau fruit.

Vosne Romanée, Premier Cru les Beaux Monts, 2009.
Personne pour faire déguster les vins sur ce stand. Dommage qu’ils aient laissée une bouteille bouchonnée en libre service avant de partir.

Clos Saint Denis Grand Cru, 2009.
Le contraste évidemment: puissance du vin et de l’élevage avec ce millésime. Mais cela reste élégant.


Domaine Brigitte Berthelemot

Je déguste les blancs avec Brigitte Berthelemot et les rouges avec Marc Cugney (c’est rare de trouver le même nom sur l’étiquette des bouteilles et sur le badge des vignerons). J’apprends au détour de la conversation qu’ils étaient au salon des Vignerons Indépendants en novembre dernier et je regrette déjà de ne pas y avoir croisé leurs vins.

Meursault, Les Tillets, 2010.
Belle équilibre. Un peu d’amertume. La finale est bien et reste sur le fruit. Presque cette tension minérale qui me fait préférer les Puligny aux Meursault.

Beaune Premier Cru Clos des Mouches, 2010.
Moins séduisant aujourd’hui. Plus retenu. Le bois domine l’amertume. Demande un peu de patience pour en profiter.

Beaune Premier Cru Grèves, 2009.
Nez sur le joli fruit du pinot. L’ambassadeur typique de la Bourgogne.

Beaune Premier Cru Clos des Mouches, 2009.
La même étiquette mais dans une autre couleur et avec un an de plus. Un pinot dans le style compoté de certain 2009.

Pommard, Noizon 2009.
Le bois et les épices. De la matière en bouche. Bien, avec une belle acidité en finale.

Pommard, Noizon 2008.
La même étiquette avec un an de plus. Millésime moins généreux fait plus ressortir le fruit du pinot au nez. En bouche, plus dur après un 2009.


Domaine Bohrmann

Je ne retrouve pas sur leur site internet les vins que j’ai notés à la dégustation. Pourtant ce sont bien Sofie Bohrmann et Dimitri Blanc qui m’ont servi les vins du domaine.

Saint Aubin, Premier Cru En Remilly, 2010.
Sur l’acidité et l’élevage. Un peu déconcertant pour le dégustateur qui ne connait que ce premier cru chez Denis Clair.

Meursault, Clos de Cromin, 2010.
J’ai encore tellement à découvrir en Bourgogne. Quand je vois surgir des noms de lieux-dits aussi pittoresques que celui-là, il y a de quoi se réjouir. Aussi sur l’acidité. Mais pas d’amertume pour la rendre désagréable. Est-ce qu’au bout de deux vins cela suffit à définir un style ? Bois se marie mieux ici.

Puligny Monrachet, Premier Cru La Garenne, 2010.
Là encore, comparaison très virtuel avec la version de Denis Clair (dont je préfère les Saint Aubin). Nez discret, mais sur un joli registre. Toujours sur une construction acide. Jolie matière en bouche. Le bois toujours très présent en final.

Monthélie, Les Jouerres 2009.
Sur un profil épicé, inattendu pour moi sur ce village.

Pommard, Vieilles Vignes 2009.
Sur les tanins. Ressemble plus à un Pommard 2008 de Rodolphe Demougeot que ses fruités 2009.


Domaine Champy – Laleure Piot

Pour une fois, ce n’est pas Dimitri Bazas qui me fait déguster les vins du domaine. Dommage de ne pas le retrouver: avec la gamme de sa maison il avait su me montrer la hiérarchie entre les villages et les grands crus de pinot bourguignons, avec une simplicité pédagogique bienvenue lors de mes débuts.

Volnay, 2009.
Premier nez sur la réduction, puis un peu de fleurs. Bouche plus souple. Un peu de fruit, délicat, sans trop d’extraction.


Domaine Chanson Père et Fils

Comme chez Champy ce soir-là l’accueil chez ces négociants est décevante. La différence entre un vigneron amoureux de son travail qui veut transmettre sa passion à celui qui goute son vin et un commercial qui laisse tomber les sourires quand il ne sent pas l’acheteur potentiel dans celui à qui il sert le vin ?

Attiré par l’étiquette, pour comparer à celui de Berthelemot.
Beaune, Premier Cru Clos des Mouches 2009.
Sur l’acidité, bienvenue ici pour un 2009. Finale quand même sur le caramel. Le fût est présent, sans impression de sècheresse.


Château de la Crée

Marange, En Goty 2009.
Nez fermé. Tanins bien présents, mais glissent bien aussi. Un peu de pinot (fruit).

Santenay, Clos du Château, Monopole 2009.
Sur le fruit. Joli. Finale aussi sur le fruit. Plus séduisant.

Santenay, Premier Cru Gravières, 2009.
Sur l’acidité et les épices. (Le PC Gravières apparait comme un chardonnay sur leur site).

Santenay, Clos du Château, Monopole 2008.
Même profil sur le fruit que le 2009. Avec l’acidité des Gravières. Finale moins fruitée.


Domaine Vincent Latour

De mes dégustations au domaine, je ne connaissais que Cécile et n’avais pu croiser Vincent qu’une seule fois dans la cour. Cette fois, je pouvais déguster une grande partie de la gamme en blanc et parler avec le vigneron.
Ici, il y une patte ou un style qui me ferait acheter toutes les cuvées les yeux fermés, même les Meursault (appellation dont je n’ai pas toujours le snobisme de gouter à la rondeur lactée très répandue).

Saint Aubin, Thomas 2010.
Nez ouvert. De l’amertume. Bien rond en bouche. Bien pour un village.

Saint Aubin, Premier Cru Les Frionnes, 2010.
Nez fermé, plus floral (tilleul). Moins d’amertume et plus d’acidité. Le fruit ressort plus.

Meursault, Meix Chavaux 2010.
Nez plus sur le fût. De la rondeur. Meilleur équilibre amertume/acidité. Plus agrume en finale.

Chassagne-Montrachet, Les Benoites 2010.
Nez floral type acacia. Impression sans amertume, plus sur le minéral. Plus sur le fût en bouche. Là encore sans amertume.

Meursault, Premier Cru Poruzots 2009.
Nez sur le fût (noisette). Du gras. Le style est largement différent. De fruit, un peu sec (alcool ?).

Volnay, Vieilles Vignes 2010.
Nez encore retenu. Toute la difficulté de gouter des pinots 2010 après des 2009. Il y a quand même du fruit.


Domaine Roux Père et fils

Saint Aubin Premier Cru La Chatenière 2009.
Nez et bouche sur le fût. De la chaleur mais pas de sècheresse.

Saint Aubin Premier Cru Les Cortons 2009.
Nez fermé. Un peu anisé. En bouche, le fût est plus intégré, aidé par plus de matière. La finale est sur le caramel. Du style.

Chassagne-Montrachet Premier Cru Les Macherelles 2009.
Nez classique, presque Puligny pour moi. Belle tension pour un 2009. Construit sur la longueur/finale.