Fattoria Pomona, Castellina in Chianti: « fare vini sottili », pour retrouver la «bevibilità»
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Ma découverte des vins de Fattoria Pomona remonte à janvier dernier, lors d’une dégustation du Consorzio Chianti Classico à Paris. Ses quatre cuvées — Chianti Classico 2023, Chianti Classico Riserva 1995, Grand Selezione Vigna del Termine 2022 et L’Omino Gran Selezione 2022 — avaient particulièrement retenu mon attention. Mes commentaires devaient ressortir parmi les 500 vins toscans de ma base Vivino pour pousser mon outil d’IA préféré à en faire une visite incontournable pour mon séjour en Toscane.
Voici ce que m'en avait dit Gemini pour me convaincre de prendre rendez-vous avec Monica Raspi dans l'organisation de mes 5 jours:
Jour 2 : Castellina in Chianti et les marnes de transition
Domaines sélectionnés : One Belvedere et Villa Pomona.
L'après-midi est consacré à la Fattoria Villa Pomona, gérée par Monica Raspi. Ce domaine biologique de six hectares repose sur des sols argileux autrefois exploités pour la fabrication de briques. La cuvée Chianti Classico Grand Selezione Vigna del Termine 2022 (note de 4,2) a conquis l'amateur par son aromatique florale et d'épices douces, sa bouche de tabac et ses tanins structurés mais dénués de sécheresse. L'exposition à l'est de cette vigne de Sangiovese sur un calcaire sableux apporte une tension racée qui évite toute lourdeur alcoolique.
En cette fin de matinée d’août, déjà bien chaude, la visite des vignes nous fait rapidement transpirer, surtout quand il faut remonter la pente. Peu de terrain plat ici : les rangs, orientés vers l’Est, descendent vers la rivière. Une exposition qui, autrefois, était perçue comme un inconvénient, mais qui, avec les étés de plus en plus torrides — comme celui de 2026 — protège désormais les vignes de la chaleur de fin d’après-midi. Cet avantage en été chaud reste toutefois problématique en année froide et pluvieuse.
Pour cette cinquième visite de vignes depuis le début de mon séjour toscan, mon œil d'agronome commence à s'habituer au paysage et à scruter l'état des vignes et des sols. Ici aussi les inter-rangs sont cultivés, et il me semble que l'herbe y soit même un peu plus verte que chez les voisins aux parcelles plus exposées, sans parler des nombreuses parcelles voyant le sud, à l'herbe brûlée, ou pire, à la terre nue, réservoir inerte de chaleur qui ne laisse aucun répit à la vigne.
Cet enherbement, avec des semis de trèfle et d'orge, est le sovescio : un engrais vert semé puis incorporé au sol afin d'en améliorer la fertilité et la structure. À la différence de Val delle Corti, qui ne broie ni n'incorpore la couverture végétale, les deux approches se rejoignent pour maintenir le sol comme un milieu vivant plutôt que comme un simple support inerte destiné à tenir la vigne debout.
Monica me montre et m'explique aussi qu'elle ne pratique plus d'écimage de la canopée en été, pour ne pas stresser la plante et éviter le regarnissage foliaire autour des grappes.
Vue générale fournie par le Chianti Classico Consorzio, Pomona dernier domaine au sud de l'UGA Castellina (la frontière avec Monteriggioni, hors Chianti Classico)
Vue aérienne de Fattoria Pomona, nichée sur le flanc Est d’une crête de Castellina in Chianti, à la frontière avec Monteriggioni (hors Chianti Classico). Le domaine, entouré de forêts, bénéficie d’un microclimat plus frais, idéal pour préserver la fraîcheur des raisins. Les parcelles, orientées vers l’est, descendent vers le ruisseau de Termine, offrant une exposition unique qui tempère les ardeurs de l’été toscan.
1. Histoire de la propriété
Le domaine a été fondé par l'arrière-grand-père ("bisnonno") de Monica, Giovanni Bandino Bandini, qui a racheté en 1890 une ancienne fabrique de briques ("fornace") en raison de l'argile abondante dans les sols locaux, la Fornace Riccieri, pour agrandir son exploitation agricole . Il l'a baptisée Pomona, déesse romaine associée aux fruits, aux jardins et à l'abondance. Ironie de l’histoire : avant de découvrir ce domaine en janvier dernier, ce nom évoquait pour moi celui d’un des plus grands grossistes français de fruits et légumes ! Le domaine d'origine faisait environ 90 hectares (40 ha de vignes et oliveraies, 50 ha de bois pour alimenter la fabrique de briques). La grand-mère de Monica, moins bonne gestionnaire, a préféré vendre plutôt qu'investir et a laissé le vignoble à l'abandon, avant que les parents de Monica, Enzo et Inge, ne reprennent l'exploitation en 1982, en rachetant deux vignobles « pour jouer », en mémoire du grand-père.
2. Monica Raspi : le parcours
Vétérinaire de formation, elle a fermé sa clinique pour reprendre le domaine familial, sa mère ne pouvant plus s'en occuper seule. Chirurgienne vétérinaire pendant quinze ans, Monica a répondu à un appel d'urgence différent en 2007, échangeant sa clinique contre le tracteur. Elle vit à Pomona depuis 1991, installée là pour les études de médecine en rhumatologie de son mari Enrico Selvi à Sienne.
Cette année-là, sa mère lui explique qu'elle est fatiguée et veut vendre le domaine. Il y a encore de l'émotion dans la voix de Monica quand elle me raconte qu'il lui semblait inconcevable d'abandonner le domaine familial. La transition s'est bien passée puisque, presque vingt ans plus tard, Inge, qui habite toujours sur place, est restée discuter avec nous quelques minutes, vaillante à faire chaque jour quelques courses pour Monica (ce jour-là, de la semoule). Inge est allemande, comme la femme de Roberto Bianchi (Val delle Corti), ce qui semble l'avoir rapprochée de Monica, vu l'injonction que j'avais reçue la veille de Roberto de lui transmettre son bonjour.
Cette formation scientifique et cette pratique clinique de la biologie, même animale, ont certainement aidé Monica à appréhender la viticulture : prendre soin des vignes, qui parlent encore moins que les animaux à soigner mais dont les réactions répondent elles aussi à l'environnement où elles poussent, repose beaucoup sur l'observation, le diagnostic et l'évaluation des bénéfices et des risques d'une intervention.
Sa décision de passer en bio (2009, certifiée depuis 2012) est une décision personnelle et non marketing. Monica raconte avoir empoisonné accidentellement son propre vignoble avec des traitements chimiques lors d'un printemps très pluvieux (2008), et avoir réalisé, en tant que médecin, qu'elle ne voulait pas de ces poisons autour de chez elle, là où grandissaient ses enfants. Elle s'entoure alors progressivement de techniciens et d'agronomes, et a beaucoup appris grâce à un agronome qui l'a accompagnée dans ses premières années.
Son fils, Cosimo Selvi, agronome de formation, travaille désormais avec elle. Je ne l'ai pas rencontré lors de ma visite.
Les parcelles de Fattoria Pomona, d’un seul tenant sur le versant Est entre la route (en haut sur la crête) et le ruisseau de Termine (en bas du vallon). Trois corps de vigne se distinguent : Sant’Ilario, Vigna del Termine et Omino, chacun avec ses spécificités pédologiques (marnes, calcaire, schistes argileux). Une configuration idéale pour des vins d’une grande complexité, où chaque parcelle apporte sa touche unique.
3. Terroir et parcelles
Pomona possède environ 17 hectares au total. Le vignoble actuel fait 6 hectares, en un seul tenant, traversé par la route, dans un paysage de forêt, de végétation et de petits cours d'eau qui contribue à modérer les températures. Monica et Cosimo parlent de la vigne comme d'un élément d'un système vivant plus large, où les plantes, le sol et la végétation environnante ne peuvent être pensés séparément. Avoir ses parcelles encerclées de forêt est très bien pour la biodiversité et pour un microclimat plus frais, mais les bourgeons et les raisins attirent aussi la macrofaune locale : sangliers et daims font trop de dégâts pour se passer de clôturer les vignes avec du grillage.
Six hectares pour du Chianti Classico, c'est minuscule, mais cela permet à Monica de parcourir ses vignes tous les jours. C'est d'ailleurs ce qui m'a séduit d'emblée : sa première réponse à ma demande de visite était de me proposer d'arriver avant 8 h du matin pour pouvoir faire le tour des parcelles à la fraîche avec elle. Autant c'est fréquemment mon quotidien professionnel d'être dans les champs de maïs dès 8 h pour mon travail, autant là j'étais aussi trop en vacances pour répondre à l'invitation trop matinale de Monica. Les parcelles que nous avons traversées lors de la promenade ont certainement des différences pédologiques, si j'en juge par les différentes populations de flore autochtone qui poussent naturellement autour des vignes : chacune adaptée à son type de sol.
Trois corps de vigne sont nommés officiellement :
- Plantée en 2004
- Exposition est
- Marnes, alberese (calcaire) et schistes argileux
- Participe, avec Vigna del Termine, à l'assemblage du Chianti Classico principal
- Plantée en 2004 et 2014
- Exposition est, en lisière de bois (chêne pubescent, genêt, genévrier)
- Sols moins argileux, toujours calcaires, marnes et un peu de sable
- Pomona ne fait pas — encore — de gin à ma connaissance, contrairement à Istine
- Plantée en 1998 (la plus vieille du domaine)
- Exposition ouest
- Sol pauvre et maigre, dominé par le calcaire, l'alberese et l'argile
Point culminant du domaine : 360 mètres. Concernant les UGA : le domaine est à la frontière entre Castellina in Chianti et Vagliagli. Sant'Ilario et Omino sont sur la commune de Castellina, tandis que Vigna del Termine est sur la commune de Castelnuovo Berardenga mais dans l'UGA de Vagliagli, aux sols un peu plus sableux et moins argileux que sur Castellina, donnant des vins un peu moins puissants, plus fins.
4. Cépages
Pas de Canaiolo à Pomona, malgré son côté « à la mode » chez les voisins pour compléter le Sangiovese.
5. Vinification — philosophie de cave
- Pour déterminer les dates de vendange, Monica et Cosimo goûtent les raisins. Ils distinguent chaque parcelle, et même différentes parties d'une même parcelle. Dans les vignobles orientés à l'est, la partie basse reçoit moins de lumière et davantage d'eau : elle peut donc produire davantage et mûrir différemment, et être récoltée plus tard.
- Fermentation spontanée avec levures indigènes. Malgré les réticences de son œnologue, Monica a arrêté le levurage après avoir constaté que la fermentation avec levures ajoutées était trop rapide et violente. L'intervention minimale ne signifie pas l'absence de stress : deux à trois jours d'inquiétude avant que les fermentations ne démarrent spontanément. Exception à la règle : la cuvée Pomonica Trebbiano, sur la parcelle Termine, est levurée pour éviter les fermentations paresseuses qui pourrait faire dévier plus facilement un vin blanc.
- Seule intervention technique : le contrôle de la température de fermentation, grâce à un système de refroidissement, pour une température constante, une fermentation qui ne monte pas trop haut, une évolution relativement lente.
- Fermentations alcoolique et malolactique en cuve inox.
- Élevage : le Chianti Classico passe environ 8 mois en bois (grands fûts, les « botti », préférés aux barriques pour limiter le contact bois/vin), avec un passage en cuves de ciment traditionnelles avant la mise en bouteille, pour une sédimentation naturelle. 2023 aurait nécessité environ six mois ; 2022, aux tanins plus puissants, environ un an. La Riserva, elle, reste plus longtemps (jusqu'à 14-15 mois), car elle vient d'un terroir plus argileux, à l'extrait sec plus élevé.
- Seul intrant ajouté : un peu de soufre lors des soutirages, pour éviter l'oxydation.
- Cuivre et soufre restent les seuls traitements en vigne (bio).
Pour les millésimes récents, leur secteur a été épargné en 2022 par la grêle qui a ravagé, à la mi-août, l'UGA Radda. Avec la canicule de ce mois d'août 2026, les vignerons que j'ai rencontrés sont tous en attente d'une pluie qui ne s'est pas montrée depuis mai, pour faire un peu grossir les baies avant les vendanges ; mais ils redoutent qu'un changement de météo, classique à la mi-août sur les collines boisées de Chianti, ne ramène un passage de grêle en mettant fin à la canicule.
En 2023, la pression de mildiou a été exceptionnelle et a causé des pertes de rendement, parfois si importantes que certaines cuvées n'ont pas pu être vinifiées à part. Sur Pomona, un passage de grêle en juin n'a pas arrangé la santé des vignes.
La pression de mildiou est une préoccupation de Monica et Cosimo : la situation topographique des parcelles leur permet de conserver plus de fraicheur et d'humidité que beaucoup de domaines producteurs de Sangiovese, mais elle favorise aussi le développement du mildiou. Et en année trop favorable (printemps frais et pluvieux), leurs pratiques en agriculture biologiques peuvent trouver leurs limites pour limiter les dégâts du champignon.
2026 s'annonce comme un nouveau millésime témoin du changement climatique. Chaque année apporte une difficulté différente : trop de pluie, trop de chaleur, trop de sécheresse. Cette année, les jeunes plants pourraient avoir besoin d'eau, mais la réglementation du Chianti Classico limite les possibilités d'irrigation pour cette production. Le résultat peut être sévère.
Monica constate également une évolution spectaculaire des degrés alcooliques. Les bouteilles produites par ses parents pouvaient afficher 12,5 %, parfois 13 %. Ses propres Chianti Classico se situent désormais plus souvent autour de 14 %, voire 14,5 %. Elle y voit une conséquence directe d'une maturation plus poussée sous l'effet de la chaleur. Pomona réunit pourtant, comme j'ai pu le constater dans les vignes, beaucoup d'atouts pour compter parmi les derniers domaines du Chianti Classico à souffrir vraiment de la chaleur.
Les vins dégustés
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Quatre rangs en bout de la parcelle Termine, donc dans les dernières explorations du domaine. Pas de macération, pressurage direct, et levurage pour ne pas être ennuyé avec des fermentations paresseuses.
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Deuxième millésime pour ce rosé de saignée de Sangiovese.
Avant de passer à la dégustation des rouges, Monica nous emmène dans le chai pour déguster les vins 2025, encore en cours d'élevage.
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Un nez dominé par la cerise, suivi en bouche par des notes de menthe et de poivre. Le vin est bien structuré, avec une légère réduction typique de cette phase d’élevage (un peu de SO2 lors du passage de l'inox au botte ?). La finale, marquée par des tanins présents sur les incisives, promet un bel équilibre une fois la réduction dissipée.
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Cette parcelle Sant'Ilario compte, sur ses derniers rangs, un peu de Colorino ; elle sert entièrement à l'assemblage, sans cuvée séparée. Couleur d'un jeune vin de Syrah (effet du Colorino, qui ramène un peu de bleu ?). Des fruits noirs. De la longueur, un peu de chaleur de l'alcool et des tanins de jeunesse sur les joues. De la présence, sans astringence.
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La parcelle plantée par le père. Toucher en bouche déjà agréable. Bon équilibre, avec une finale vive. Un peu d'épices apportent du relief.
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Sangiovese des vignes plus jeunes, en IGT Toscana. Dédié à son frère Piero, initialement destiné à reprendre le domaine, aujourd'hui décédé. Piero était d'après son neveu quelqu'un de léger, sympathique, sociable, aimant la convivialité — le vin devait donc lui ressembler.
Issu de la partie basse des parcelles, plus argileuse et proche de la rivière. Les raisins y mûrissent plus lentement et sont récoltés plus tard. Élevage exclusivement en inox pour préserver le fruit, avec une macération réduite. 1 000 à 2 000 bouteilles selon les années.
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Le millésime du mildiou et de la grêle de juin. Ce 2023 a vu les rendements trop réduits pour permettre la production de toutes les cuvées séparément : seul ce Chianti Classico a été produit, assemblage de tous les raisins du domaine cette année-là. Habituellement, cette cuvée principale représente 15 000 à 20 000 bouteilles par an, 98 % Sangiovese et 2 % Colorino, issus des vignobles Sant'Ilario et Vigna del Termine.
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Parcelle plantée en 2004. 2022 est le premier millésime où elle est séparée du Chianti Classico pour obtenir ses lettres dorées de Gran Selezione, et ouvrir la voie à l'UGA Castellina (ou Vagliagli ?).
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La parcelle du « petit homme », plantée en 1998 par le père de Monica : les plus vieilles vignes du domaine. Elle donnait la cuvée Riserva avant la séparation en Gran Selezione.
Mono-cépage, élevage exclusif en inox pour la fraîcheur, le climat étant suffisamment favorable au Cabernet pour avoir de la matière. Monica reconnaît que Sangiovese et Cabernet peuvent former un excellent assemblage, mais elle a abandonné la cuvée d'assemblage de ses parents pour voir ce que raconte le Cabernet Sauvignon en pur.
Visiter Fattoria Pomona, c’est bien plus que découvrir des vins : c’est rencontrer une famille passionnée, un terroir préservé et une philosophie viticole où chaque détail compte. Monica Raspi incarne cette quête d’équilibre entre tradition et innovation, et ses cuvées — fines, élégantes et profondément ancrées dans leur terroir — en sont la preuve vivante. Si vous passez par Castellina in Chianti, ne manquez pas cette adresse : vous y serez accueilli comme un ami (Monica parle mieux français que je ne parle anglais), et repartirez avec l’envie d’y revenir.
English version below
I first tasted Fattoria Pomona back in January, at a Consorzio Chianti Classico trade tasting in Paris. When I asked Gemini to help shortlist must-visit estates for this trip, Pomona came out on top — unsurprising, since four of its wines (Chianti Classico 2023, Chianti Classico Riserva 1995, Gran Selezione Vigna del Termine 2022 and L'Omino Gran Selezione 2022) had already stood out among the 500-odd Tuscan wines logged in my tasting database.
Here is how the AI made its case for booking a visit with Monica Raspi: a small, six-hectare organic estate on clay soils that once fed a brickworks, with the Vigna del Termine Gran Selezione singled out for its floral, sweet-spice aromatics, tobacco-laced palate and structured but never drying tannins — the east-facing Sangiovese on sandy limestone bringing a racy tension that keeps the wine from ever feeling heavy or over-alcoholic.
We walked the vines late on an already-hot August morning — shirt-soaking hot the moment the path turned uphill. There is little flat ground here: the rows run east and drop toward the river. That east-facing aspect used to be a handicap, but with hotter summers — this one especially — it now shields the vines from the fiercest late-afternoon heat. The same aspect turns into a liability again in a cold, wet vintage.
This was my fifth estate visit of the Tuscan trip, and my agronomist's eye is starting to read the landscape on its own. Here too the inter-rows are worked rather than bare, and the cover crop looked, if anything, a shade greener than on some of the more exposed neighbouring plots — a contrast to the many south-facing parcels nearby, their grass scorched or, worse, their soil left bare: an inert heat sink offering the vine no relief at all.
That green cover — clover and barley sown together — is the sovescio, a green manure grown then worked back into the soil to build fertility and structure. It is a different route from the one taken at Val delle Corti, where the cover crop is neither mown nor incorporated — but both approaches share the same underlying idea: soil as a living system, not an inert scaffold whose only job is to hold the vine upright.
Monica also walked me through her decision to stop topping the canopy in summer — cutting the tips stresses the vine and forces it to push out fresh leaf growth right around the clusters, which is exactly the opposite of what she wants.
1. The estate's history
The estate was founded by Monica's great-grandfather, Giovanni Bandino Bandini, who in 1890 bought an old brick kiln — the Fornace Riccieri — drawn by the clay-rich local soils. He named it Pomona, after the Roman goddess of fruit, gardens and abundance. [Before I discovered this estate, Pomona was, to me, mostly the name of one of France's largest fresh-produce wholesalers.] The original property ran to roughly 90 hectares — 40 of vines and olive groves, 50 of woodland to fuel the kiln. Monica's grandmother, a less capable manager than her forebears, chose to sell off rather than reinvest and let the vineyards slide into neglect, until Monica's parents, Enzo and Inge, took the estate back on in 1982, buying back two vineyard plots almost as a hobby, in memory of her grandfather.
2. Monica Raspi's path
A trained veterinarian, Monica closed her clinic to take over the family estate after her mother could no longer manage it alone. Fifteen years into veterinary surgery, she answered a different calling in 2007, trading her practice for a tractor. She has lived at Pomona since 1991, having moved there while her husband, Enrico Selvi, studied rheumatology in Siena.
That year, her mother told her she was tired and wanted to sell. There was still real feeling in Monica's voice as she told me how unthinkable it felt to let the family estate go. The handover clearly worked: nearly twenty years on, Inge — who still lives on the property — stopped to chat with us for a few minutes, still spry enough to run Monica's errands daily (that day, it was semolina). Inge is German, like the wife of Roberto Bianchi at Val delle Corti, a coincidence that seems to have drawn the two families closer — I had, in fact, been under strict instructions the previous day to pass Monica her regards.
That scientific training and years of hands-on clinical biology, even with animals, plainly shaped how Monica reads a vineyard: caring for vines — which communicate even less than animals do, yet still respond to their environment — draws heavily on the same skills of observation, diagnosis and weighing the risk and benefit of any intervention.
Her move to organic farming, begun in 2009 and certified since 2012, was a personal decision rather than a marketing one. Monica told me she once poisoned her own vineyard by accident, spraying heavily during a very wet spring in 2008, and realised — as a doctor — that she wanted no such poisons around a home where her children were growing up. She gradually brought in technicians and agronomists, learning a great deal from one agronomist in particular who guided her through those early years.
Her son, Cosimo Selvi, trained as an agronomist, now works alongside her.
3. Terroir and plots
The estate covers roughly 17 hectares in total; the vineyard itself accounts for 6 hectares, farmed as a single block that the road runs straight through, set within woodland, scrub and small watercourses that help temper the local climate. Monica and Cosimo talk about the vines as one part of a wider living system, in which plant, soil and surrounding vegetation cannot really be considered in isolation. Being ringed by forest is a plus for biodiversity and for a cooler microclimate, but it also draws in local wildlife: wild boar and deer do enough damage to the buds and grapes that fencing the vines with wire mesh is simply non-negotiable.
Six hectares is tiny by Chianti Classico standards, but it means Monica can walk every row every day. That, frankly, is what won me over from the start: her first reply to my request for a visit was to suggest arriving before 8am so we could walk the plots together in the cool of the morning. Being in a cornfield by 8am is a fairly normal part of my working life back home — but here, on holiday, answering Monica's early-bird invitation felt like a different kind of commitment. The plots we crossed clearly differ in soil, judging by the range of native flora growing naturally through the vines — each community suited to its own particular ground.
Three named vineyard blocks make up the estate:
- Planted 2004
- East-facing
- Marl, alberese limestone and clay schists
- Contributes, with Vigna del Termine, to the estate's core Chianti Classico blend
- Planted 2004 and 2014
- East-facing, on the edge of the woods (downy oak, broom, juniper)
- Less clay, still strongly limestone, marl with a little sand
- No gin production here yet, unlike at Istine
- Planted 1998 — the estate's oldest vines
- West-facing
- Poor, lean soil dominated by limestone, alberese and clay
The estate's highest point sits at 360 metres. On the UGA question: the property straddles the border between Castellina in Chianti and Vagliagli. Sant'Ilario and Omino fall within the Castellina comune, while Vigna del Termine lies in the comune of Castelnuovo Berardenga but within the Vagliagli UGA — sandier, less clay-rich ground that tends to give slightly less powerful, more refined wines than the Castellina side.
4. Grape varieties
No Canaiolo at Pomona, despite the variety's current popularity among neighbours as a Sangiovese blending partner.
5. In the cellar — a working philosophy
- Harvest dates are set by tasting the grapes, plot by plot and even zone by zone within a single plot. On the east-facing vineyards, the lower ground gets less light and more water, so it can crop more heavily, ripen on its own schedule and get picked later.
- Fermentation runs on native yeasts. Against her enologist's advice, Monica stopped inoculating after seeing how much faster and more violent fermentations became with added yeast. Minimal intervention doesn't mean minimal stress, though — she still spends two or three anxious days waiting for each fermentation to kick off on its own. One exception: the Pomonica Trebbiano, from the Termine plot, is inoculated, to avoid sluggish fermentations.
- The one real technical lever she pulls is temperature control during fermentation — a cooling system keeps things steady, slow and never too hot.
- Both alcoholic and malolactic fermentation take place in stainless steel.
- Élevage: the Chianti Classico spends roughly eight months in large old-style casks (botti), preferred over barriques for their smaller wood-to-wine contact ratio, before a stint in traditional cement tanks ahead of bottling, where the wine settles naturally. 2023 needed only about six months of wood; the more tannic 2022, closer to a year. The Riserva ages longest of all — up to 14–15 months — coming as it does from heavier, clay-rich ground with a higher dry extract.
- The only addition anywhere in the process is a touch of sulphur at racking, to guard against oxidation.
- Copper and sulphur remain the only treatments used in the vineyard.
Recent vintages: the 2022 hailstorm that battered the Radda UGA in mid-August spared this corner of Castellina. With this August's heatwave, every grower I met was waiting on rain that simply hasn't come since May — needed to swell the berries before harvest — while dreading the classic mid-August weather shift that so often brings hail with it.
2023 brought exceptional downy mildew pressure, cutting yields so sharply in places that some cuvées couldn't be bottled separately at all. At Pomona, a June hailstorm added its own damage to already-stressed vines that year.
2026 looks set to be another vintage shaped by a shifting climate — every year now brings a different problem: too much rain, too much heat, too much drought. This year, the young plantings may need water, but Chianti Classico regulations sharply limit irrigation for grapes destined for the appellation. The consequences can be severe.
Monica also points to a striking shift in alcohol levels over the decades. Bottles from her parents' era topped out around 12.5%, sometimes 13%. Her own Chianti Classico now typically lands around 14%, sometimes 14.5% — which she puts down directly to riper fruit under hotter conditions. And yet, from what I saw walking the vines, Pomona has real structural advantages that should let it hold out longer than most Chianti Classico estates before the heat truly bites.
The wines tasted
Four rows at the far end of the Termine plot — the estate's most experimental corner. Direct-pressed with no maceration, and inoculated deliberately, to sidestep any risk of a sluggish fermentation.
Only the second vintage of this saignée rosé from Sangiovese.
Before moving on to the Chianti bottlings, Monica took us into the cellar to taste the 2025s, still ageing.
Cherry-led nose, a touch of mint and pepper on the palate. Good structure already, still carrying some reduction at this stage, tannins gripping the front teeth on the finish.
The last rows of Sant'Ilario carry a touch of Colorino, and this fruit goes entirely into the blend, with no separate bottling. Colour verging on young Syrah — the Colorino perhaps lending that blue-black edge. Dark fruit, good length, a little alcoholic warmth and youthful tannin gripping the cheeks. Plenty of presence, no astringency.
From the plot her father planted. Already pleasant on the palate, well balanced, a lively finish, with a touch of spice adding lift.
Sangiovese from the estate's younger vines, bottled as IGT Toscana. The wine is dedicated to Monica's brother Piero, who had originally been meant to take over the estate and has since passed away — remembered, she says, as an easygoing, sociable man who loved good company, and the wine was built to carry a bit of that same lightness.
Fruit comes from the lower part of the plots, heavier in clay and closer to the river, where the grapes ripen more slowly and are picked later. Aged exclusively in stainless steel to keep the fruit fresh, with a shortened maceration. Production runs 1,000 to 2,000 bottles depending on the vintage.
The vintage of downy mildew and a June hailstorm. Yields were cut so severely that Pomona could only produce this single Chianti Classico that year, blending in every grape the estate had. In a normal year, this flagship bottling runs 15,000 to 20,000 bottles, built from 98% Sangiovese and 2% Colorino out of the Sant'Ilario and Vigna del Termine plots.
From the plot planted in 2004. 2022 was the first vintage bottled separately from the estate Chianti Classico, earning Vigna del Termine its Gran Selezione status — and, with it, a first foothold for the Castellina UGA at this level.
The "little man's" plot, planted in 1998 by Monica's father — the estate's oldest vines. This fruit used to go into the Riserva before the move to Gran Selezione.
A single-varietal, aged exclusively in stainless steel to keep it fresh — the local climate suits Cabernet well enough on its own. Monica readily admits that Sangiovese and Cabernet can make a fine blend together, but she dropped her parents' blended cuvée to find out, on its own terms, what a pure Cabernet Sauvignon from this ground has to say.
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