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Cercle Oenophile
11 août 2026

Monte Bernardi, Panzano in Chianti : sur l'autre versant de la Conca d'Oro

Jacy Farrell, copropriétaire de Monte Bernardi à Panzano in Chianti, devant les vieilles vignes de la cuvée Riserva
Bibi et Jacy Farrell devant les vignes de mon âge de la cuvée Riserva, à deux pas, un peu au-dessus des bâtiments.

Visite au domaine, accueilli par la propriétaire Jacy Farrell.

Une découverte, puisque je ne connaissais pas ce domaine avant de préparer mon voyage : absent des 500 vins de Toscane que j'avais eu l'occasion de déguster lors de salons professionnels à Paris. Là encore, une recommandation de ChatGPT quand je lui ai demandé de me proposer un domaine dont les Sangiovese pourraient me plaire d'après son analyse de ma base de données Vivino et compléter le paysage des vignerons du Chianti Classico que mon voyage de 5 jours allait dessiner. Un bouche-trou bienvenu, puisque la période de ma semaine mi-août de vacances œnologiques était mal choisie : j'ai dû contacter 24 domaines en Toscane pour avoir finalement 9 rendez-vous de visite compressés sur 4 jours.

Après un petit crochet par Radda le matin, je reviens sur le village de Panzano, avec un nouveau profil de vignerons : un couple d'Américains arrivé en 2003 sans être prisonnier d'une tradition familiale locale.

Cinq caractéristiques assez rares dans un même domaine

  1. Une proportion exceptionnellement importante de vieilles vignes (la plus forte proportion de vieilles vignes d'une exploitation commerciale du Chianti Classico, revendiquée sur leur site).
  2. Une agriculture biologique et biodynamique revendiquée depuis 2004 (mais a posteriori, 8 domaines sur les 9 que j'ai visités se révèlent être en bio/biodynamie). Michael (Tim Atkins podcast) la résume volontiers comme « l'homéopathie de la vigne » : un ensemble de pratiques agricoles d'Europe centrale d'avant l'agriculture chimique, redemandées à Rudolf Steiner par des paysans. Le millésime 2005 fut pour Schmelzer un test fondateur. Dans une fin de saison extrêmement humide, il observa que la pression sanitaire apparaissait plus tard dans ses vignes que dans les vignobles conventionnels voisins. Le domaine dut évidemment trier sévèrement la récolte, mais cette expérience lui donna la conviction que l'agriculture biologique et biodynamique pouvait être non seulement viable, mais potentiellement avantageuse dans les années difficiles. Il en retient une lecture plus scientifique que spirituelle. Michael interprète la préparation 500 (bouse de vache affinée dans une corne enterrée) dans un langage très biologique : moins comme un rituel mystique que comme un moyen de stimuler la vie microbienne du sol et d'accélérer les processus de transformation de la matière organique. 
  3. Une diversité géologique particulièrement importante : galestro (schiste friable), pietraforte/arenaria (grès calcaire) et alberese (calcaire dur), avec des proportions qui varient précisément selon les vignes, ce qui permet à Michael de vinifier chaque parcelle selon son potentiel propre (mais je n'ai pas eu l'occasion de goûter les cuvées parcellaires pour sentir cette diversité).
  4. L'un des aspects les plus surprenants de la philosophie de Michael Schmelzer est sa méfiance envers une certaine idée moderne de la perfection viticole. Au fil de ses années à Monte Bernardi, il explique avoir déconstruit nombre de certitudes : vendanger en vert systématiquement, rechercher une maturité parfaitement homogène ou éliminer technologiquement chaque baie légèrement moins mûre peut, selon lui, produire des vins plus propres mais aussi plus uniformes. Il préfère conserver une part de diversité dans la récolte, estimant que différents niveaux de maturité peuvent élargir le spectre aromatique et apporter davantage de complexité et de saveur.
  5. Une philosophie de vinification qui cherche explicitement à préserver l'expression du lieu plutôt qu'à fabriquer un style de maison (par exemple, en gardant la cuvée Sangió séparée, trop marquée par son histoire et son terroir différents pour venir s'assembler avec une large cuvée de domaine). Michael (podacast Tim Atkins) justifie aussi par la même logique son choix du très gros contenant (béton, foudre) plutôt que la barrique ou l'amphore pour le Sangiovese : plus le rapport surface/volume est faible, plus l'oxygène pénètre lentement, ce qui laisse le temps aux tanins — naturellement vifs et rustiques chez ce cépage — de se polymériser et de s'affiner, alors qu'un contenant plus petit libère trop vite les arômes sans laisser les tanins se fondre. Il ne voulait spécifiquement pas du chêne français, qu'il jugeait trop aromatique pour son objectif en faveur des grands contenants de Franz Stockinger (Jacy me raconte que l'entrée de ces foudres Sokinger s'est fait au milimètre près pour passer la porte des chais).

Un lieu ancien, un projet moderne récent

Le lieu est ancien, mais le projet viticole moderne est relativement jeune. Le nom Monte Bernardi apparaît dans des documents dès le XIe siècle. Les premiers vins embouteillés sous le domaine apparaissent en 1992, sous l'impulsion du propriétaire d'alors, un photographe et réalisateur publicitaire d'origine chypriote-grecque installé à Londres. Michael Schmelzer et sa famille acquièrent la propriété en 2003.

Michael n'est pas américain de naissance : il est né à Ivrea, près de Turin, où son père (cadre dans l'industrie automobile) était alors en poste. Son enfance se partage ensuite entre le Michigan (où sa famille s'installe une douzaine d'années, près de Detroit), la France, puis l'Allemagne, où il termine le lycée à Wiesbaden. Sa passion pour la cuisine démarre très tôt : dès 14 ans, il travaille dans un restaurant italien à Wiesbaden, puis passe plusieurs étés parisiens au Cordon Bleu (jusqu'au grand diplôme de cuisine et de pâtisserie) pendant ses études d'administration et marketing à l'université du Colorado. C'est un cours d'œnologie optionnel du Cordon Bleu, puis une rencontre avec un vigneron biodynamiste dans la Loire, qui le détournent définitivement de la restauration vers le vin. Il étudie ensuite l'œnologie et la viticulture en Australie, à Adelaide (Roseworthy), après avoir un temps envisagé puis écarté l'université de Californie à Davis.

Le projet Monte Bernardi est en réalité un projet de famille depuis l'origine. C'est la sœur de Michael, alors chez PwC et pas totalement épanouie dans sa carrière, qui a suggéré à leurs parents, au moment de préparer leur retraite, d'acheter une propriété viticole : Michael ferait le vin, elle le vendrait. La famille cherche d'abord dans le Sud de la France (Bordeaux, jugé trop industriel ; les Pyrénées, trop isolées ; le Roussillon, pas assez qualitatif), avant d'élargir sa recherche à l'Italie, du Piémont à l'Ombrie, pour finalement se concentrer sur la Toscane. C'est finalement Sean O'Callaghan, le vigneron anglais du domaine voisin de Riecine à Gaiole in Chianti, qui leur signale Monte Bernardi — un domaine qui était sur le marché depuis cinq ans (une histoire de divorce entre les propriétaires de l'époque). En 2017, cette même sœur, Sara, rejoint formellement Michael comme copropriétaire aux côtés de son mari Henry Bedford, et c'est ce nouveau tandem qui finance l'acquisition de la propriété voisine de Sala. La boucle du projet familial initial — les parents sur la propriété, Michael au chai, Sara à la vente — se referme ainsi vingt ans plus tard. Cette acquisition ajoute environ 10 ha de vignes et 5 ha d'oliviers à l'exploitation.

Le Monte Bernardi acquis en 2003 était un tout petit domaine de cinq hectares de vieilles vignes. Le domaine revendique aujourd'hui environ 70 hectares de terres, dont 22 hectares de vignes conduites en agriculture biologique. Le domaine actuel est donc le résultat de plus de vingt ans de construction progressive.

Le domaine se trouve dans la partie la plus au sud de Panzano, à proximité de la rivière Pesa, et ses vignes sont entourées de bois de chênes. Panzano occupe en réalité une crête qui sépare deux vallées : d'un côté, la Conca d'Oro proprement dite, ce célèbre amphithéâtre qui s'ouvre côté Greve et abrite les domaines les plus connus du village (Fontodi, Rampolla, La Massa, Villa Cafaggio) ; de l'autre, le versant qui descend vers la Pesa, où se trouve Monte Bernardi. Les parcelles du domaine sont donc sur l'autre flanc de la crête, à l'écart du cœur de l'amphithéâtre — une nuance géographique qui, je crois, n'est pas étrangère à la fraîcheur que je retrouve dans ses vins, même si le domaine met plutôt en avant les écarts de température diurne/nocturne et la présence de la forêt de chênes.

Localisation de Monte Bernardi, vue depuis Panzano

Localisation de Monte Bernardi, vue depuis Panzano

Une forêt qui fait partie du projet agricole

La forêt autour des vignes n'est pas un élément décoratif. Le domaine est entouré de chênaies, et son discours agricole considère explicitement l'ensemble de l'écosystème, pas seulement les rangs de vigne. Cette forêt participe à un paysage agricole moins proche de la monoculture : habitats pour les auxiliaires, ruptures de végétation et couverts herbacés sont autant d'éléments qu'il relie à une pression parasitaire plus faible. La philosophie biodynamique de Monte Bernardi est présentée comme une approche prenant en considération les sols vivants et l'ensemble des organismes présents dans l'environnement :

  • Travail des sols et gestion des couverts végétaux
  • Utilisation de fèves comme source d'azote dans les couverts
  • Traitements cuivre/soufre
  • Préparations biodynamiques
  • Travail manuel du feuillage
  • Taille en Guyot
  • Utilisation de saules pour attacher certaines pousses
Chai de vinification semi-enterré de Monte Bernardi, avec des blocs d'alberese apparents dans la roche
L'impressionnant chai de vinification semi-enterré dans la pente, avec ses gros blocs d'alberese ou de galestro (?) apparents.

Les vins dégustés

Étiquette du vin Monte Bernardi Sangió Chianti Classico DOCG 2024
Sangió — Chianti Classico DOCG 2024

C'est le vin le plus simple de la gamme, mais il n'est pas conçu comme une caricature de Chianti. Vignoble Sala, à 3 km du domaine, parcelle achetée en 2018, parmi les plus hautes en altitude. Michael Schmelzer, après avoir compris ces vignes, souhaitait assembler le vin de cette cuvée avec une cuvée domaine homogène, mais le style du vin est trop particulier, et l'assemblage transformerait trop le profil de la cuvée domaine qu'il souhaite.

  • 100 % Sangiovese
  • Issu de plantations de 2001 à 2016
  • Situé entre 400 et 550 m
  • Sols de galestro et alberese
  • Fermenté avec levures indigènes
  • Non filtré dans les millésimes concernés

C'est donc un excellent vin pour comprendre le Sangiovese sans le poids de l'élevage.

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Étiquette du vin Monte Bernardi Retromarcia Chianti Classico DOCG 2024
Retromarcia — Chianti Classico DOCG 2024

Cette cuvée a évolué depuis sa création en 2006. Conçue pour augmenter la production pour assurer la viabilité économique du domaine, cette cuvée était produite avec des raisins achetés et même du vin acheté juste après fermentation auprès de producteurs de Panzano dont Michael appréciait les raisins. En achetant des raisins à un vieux contadino local, Michael découvre une autre approche. Le producteur ne pratique pas la vendange en vert, ni la suppression des ailes caractéristiques de la grappe de Sangiovese ni la sélection obsessionnelle des baies mûres. Il adore le vin produit à partir de ces raisins qu'ils auraient trier chez lui. Cette expérience contribue à faire évoluer son rapport au tri et à la maturité homogène : parfois faire marche arrière (retromarcia) face à certaines certitudes de l'œnologie moderne.
Maintenant Jeunes vignes (10-15 ans) autour de la maison. 100 % Sangiovese, macération courte (20 à 45 jours selon les millésimes et parcelles), élevage en foudre (jamais de barrique neuve) ou béton non chemisé — le style « signature » du domaine.

Le domaine le commercialise actuellement autour de 16,50 €. Ce qui est assez remarquable : à ce prix, on est dans une catégorie où beaucoup de producteurs utiliseraient davantage le bois ou la concentration pour donner une impression de « sérieux ». Monte Bernardi fait plutôt l'inverse.

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Étiquette du vin Monte Bernardi Chianti Classico Riserva DOCG 2023
Chianti Classico Riserva DOCG 2023

Vignes de plus de 40 ans, sols de galestro friable et calcaire. 95 % Sangiovese, 5 % Canaiolo Nero, élevage 24 mois en fûts. 90 % des raisins proviennent de plantations de 1968 (celle devant laquelle nous sommes en photo — j'ai cru comprendre de Jacy qu'elles dataient plutôt de 1967), et 10 % de plantations 2003-2010.

  • Altitude 350-400 m
  • Galestro
  • Levures indigènes
  • Non filtré
  • SO₂ total < 25 mg/l

Mais le millésime 2023, trop impacté par le mildiou pour permettre toutes les cuvées séparées, a vu le Riserva devenir un assemblage incluant en plus les raisins des cuvées Sa'etta et Retromarcia.

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Étiquette du vin Monte Bernardi MB1933 Chianti Classico DOCG 2022
MB1933 — Chianti Classico DOCG 2022

Vignoble mono-parcellaire. Style plus riche, presque « Riserva ». Le MB1933 est probablement la cuvée qui résume le mieux l'originalité de Monte Bernardi.

La parcelle a été plantée en 1933, dans le hameau de La Sala, au-dessus de Panzano. Elle est située entre 450 et 500 mètres d'altitude, sur galestro et alberese. Contrairement à un Sangiovese sélectionné  comme une plantation moderne homogène, le MB1933 est issu d'un « traditional field blend » : le matériel végétal est celui d'une vieille plantation traditionnelle vigna promiscua comportant 90 % de Sangiovese et 10 % de 9 variétés/clones mélangés. Le vin n'est donc pas simplement une « vieille vigne de Sangiovese » : il représente un écosystème génétique historique de la vigne toscane.

La famille de Marcello Bartolini cultivait cette vigne depuis les années 1970, bien avant que Monte Bernardi ne l'achète en 2018. Sans lui, cette vigne n'aurait pas survécu dans cet état exceptionnel, et Michael Schmelzer reconnaît explicitement que la cuvée MB1933 est un tribut à son travail, sa passion et sa fidélité au terroir.

Le secteur de La Sala est reconnu comme un « Grand Cru » naturel du Chianti Classico, avec un microclimat très recherché et des sols de galestro (schiste argileux friable, sédiments marins), alberese (roche calcaire marneuse, compacte) et 20 % de pietraforte (grès calcaire très dur, compact, stratifié — roche mère résistante). Jacy parle même de macigno, type de sol très répandu dans les crêtes élevées du Chianti Classico (grès siliceux, sable consolidé avec des coquillages fossiles). Le MB1933 est décrit comme un « anti-Gran Selezione », c'est-à-dire une expression volontairement traditionnelle, fidèle au passé du Chianti Classico, antérieur aux modernisations des années 1980-2000.

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Étiquette du vin Monte Bernardi Tzingana 2022, IGT Colli della Toscana Centrale
Tzingana — IGT Colli della Toscana Centrale 2022

Super Tuscan, cépages internationaux exprimant quand même le terroir local. Il est classé IGT Colli della Toscana Centrale. Lorsque Monte Bernardi sort du cadre Chianti Classico, ce n'est pas nécessairement pour produire un Super Tuscan lourd et luxueux. C'est plutôt une manière de travailler avec des assemblages ou des parcelles qui ne rentrent pas nécessairement dans la logique de l'appellation.

Vieilles vignes de Merlot majoritaire, puis du Cabernet Franc, puis du Cabernet Sauvignon et un peu de Petit Verdot. La parcelle a été plantée en 1968 par l'ancien propriétaire du domaine (le photographe chypriote-grec évoqué plus haut) comme projet personnel, sans Sangiovese. Michael la juge aujourd'hui mal placée pour le Sangiovese — poches de gel, bas de coteau, humidité — et a longtemps envisagé de l'arracher pour y planter du Sangiovese à la place, avant de finalement la conserver. Une version « jeunes vignes » du même assemblage bordelais, sans Sangiovese non plus, existe sous le nom de Zingarella ; je n'ai pas eu l'occasion de la goûter.

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English version below

A visit to the estate, hosted by owner Jacy Farrell.

This was genuinely new ground: I didn't know Monte Bernardi going in, and it was nowhere among the roughly 500 Tuscan wines I'd tasted and logged at trade fairs in Paris. Once again, it was ChatGPT that filled the gap, when I asked it to suggest a producer whose Sangiovese would suit my palate and round out the picture of Chianti Classico growers my five-day trip was building. A useful save, given how badly timed my mid-August wine week turned out to be: I had to reach out to 24 Tuscan estates just to land nine visits, squeezed into four days.

After a short detour through Radda that morning, I was back in Panzano — this time with a different kind of producer profile: an American couple who arrived in 2003 with no local family tradition to answer to.

Four traits rarely found together on one estate

  1. An unusually high share of old vines — the estate claims the highest proportion of old vines of any commercial Chianti Classico producer.
  2. Organic and biodynamic farming since 2004 —  though, tellingly, eight of the nine estates I ended up visiting on this trip turned out to be organic or biodynamic in some form. Michael likes to call it "homeopathy for the vineyard": a set of pre-industrial Central European farming practices that farmers asked Rudolf Steiner to help recover once they saw the damage done by nitrogen fertiliser (much of it repurposed, after the war, from explosives-manufacturing plants). His own take on it leans more scientific than spiritual — the famous "preparation 500," for instance, he describes simply as a low-oxygen compost (cow manure aged inside a horn), diluted and stirred in water to feed aerobic bacteria and fungi in the soil rather than the vine directly.though, tellingly, eight of the nine estates I ended up visiting on this trip turned out to be organic or biodynamic in some form.
  3. Genuine geological diversity: galestro (friable shale), pietraforte/arenaria (calcareous sandstone) and alberese (hard limestone), in proportions that shift precisely from vineyard to vineyard — letting Michael vinify each parcel to its own potential (though I didn't get to taste the single-vineyard bottlings that would really showcase that range).
  4. A winemaking philosophy built around preserving a sense of place rather than chasing a house style — the Sangió, for instance, is kept separate rather than folded into a broader estate blend, because its history and terroir are simply too different. The same logic drives Michael's preference for large-format vessels — concrete, big botti — over barrique or amphora for Sangiovese: a lower surface-to-volume ratio slows oxygen ingress, giving the grape's naturally high, rustic tannins time to polymerise and soften, whereas smaller vessels let aromas escape too fast without ever letting the tannins properly integrate.

An old site, a young project

The place is old; the modern wine project is not. Records mention the name Monte Bernardi as far back as the 11th century, but the first estate-bottled wines only appeared in 1992. Michael Schmelzer and his family bought the property in 2003.

Michael isn't American by birth: he was born in Ivrea, near Turin, where his father — an executive in the auto-parts industry — was posted at the time. His childhood was split between Michigan (where the family settled for roughly a dozen years, near Detroit), France, and finally Germany, where he finished high school in Wiesbaden. His love of cooking started early: he was working in an Italian restaurant in Wiesbaden by age 14, and later spent several Paris summers at Le Cordon Bleu — working up to the full cuisine and pastry diploma — while studying business administration and marketing at the University of Colorado. An elective wine course at Le Cordon Bleu, followed by a formative encounter with a biodynamic winemaker in the Loire, tipped him permanently from restaurants toward wine. He went on to study oenology and viticulture in Australia, at Adelaide's Roseworthy campus, after briefly considering — and ruling out — UC Davis in California.

Monte Bernardi has been a family project from the start. It was Michael's sister — then working at PwC and not entirely fulfilled in her career — who first suggested to their parents, as they thought about retirement, that they buy a vineyard property: Michael would make the wine, she would sell it. The family first looked at the south of France (Bordeaux felt too industrial and cold; the Pyrenees too remote; Roussillon not quite qualitative enough), before widening the search to Italy, from Piedmont to Umbria, and eventually settling on Tuscany. It was Sean O'Callaghan — the English winemaker at neighbouring Riecine, in Gaiole in Chianti — who tipped them off about Monte Bernardi, a property that wasn't even formally on the market at the time (a divorce between the previous owners was behind that). In 2017, that same sister, Sara, formally joined Michael as co-owner alongside her husband, Henry Bedford, and it was this new partnership that financed the purchase of the neighbouring Sala property. Twenty-odd years on, the original family plan — parents on the land, Michael in the cellar, Sara selling the wine — had come full circle. The Sala acquisition added roughly 10 hectares of vines and 5 hectares of olive groves to the estate.

Monte Bernardi now farms around 70 hectares in total, including 22 hectares of organically certified vines.

The estate sits in the southern part of Panzano, close to the Pesa river, its vines ringed by oak woodland. Panzano, in fact, straddles a ridge that separates two valleys: on one side, the Conca d'Oro proper — the celebrated amphitheatre that opens toward the Greve river and shelters the village's best-known names (Fontodi, Rampolla, La Massa, Villa Cafaggio); on the other, the slope running down toward the Pesa, where Monte Bernardi sits. Its vines, in other words, are on the far side of the ridge, outside the amphitheatre's core — a geographic detail I suspect has something to do with the freshness I find in these wines, even if the estate itself points instead to its wide day-night temperature swings and the surrounding oak forest as the drivers of that character.

 

A forest that's part of the farming plan

The oak woodland around the vines isn't there for scenery. Monte Bernardi is genuinely surrounded by oak forest, and the estate's language around farming treats the whole ecosystem as the unit of concern, not just the vine rows. Its biodynamic approach is framed as one that accounts for living soils and the full range of organisms sharing that environment:

  • Soil work and cover-crop management
  • Fava beans used as a nitrogen source within the cover crops
  • Copper and sulphur treatments
  • Biodynamic preparations
  • Manual canopy work
  • Guyot training
  • Willow used to tie certain shoots

The wines tasted

Sangió — Chianti Classico DOCG 2024

The simplest wine in the range, but not a caricature of Chianti. Fruit comes from the Sala vineyard, 3km away as the crow flies, among the estate's highest parcels in elevation, bought in December 2018 with the initial idea of converting it to organic/biodynamic farming and eventually folding it into Retromarcia. Once he got to know the vines, though, Michael changed his mind: the wine's character proved too distinctive, and blending it in would have skewed the profile he wants from his main cuvée.

  • 100% Sangiovese
  • Vines planted 2001-2016
  • 400-550m elevation
  • Galestro and alberese soils
  • Indigenous-yeast fermentation
  • Unfiltered in the vintages tasted

An excellent, unvarnished read on Sangiovese, with none of the weight that ageing can add.

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Retromarcia — Chianti Classico DOCG 2024

Young vines (10-15 years old) planted around the farmhouse. 100% Sangiovese, short maceration (20-45 days depending on vintage and parcel), aged in foudre (never new barrique) or unlined concrete — the house's signature style. The name is a statement in itself: retromarcia means "reverse gear," a deliberate step back toward a more traditional style of Chianti.

The estate prices it at around €16.50 — striking, given that many producers at this price point would lean harder on oak or concentration to signal seriousness. Monte Bernardi does the opposite.

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Chianti Classico Riserva DOCG 2023

From vines over 40 years old, on friable galestro and limestone soils. 95% Sangiovese, 5% Canaiolo Nero, aged 24 months in cask. 90% of the fruit comes from a 1968 planting — the very vines we're standing in front of in the opening photo, though Jacy mentioned 1967 in conversation — with the remaining 10% from vines planted 2003-2010.

  • 350-400m elevation
  • Galestro soils
  • Indigenous yeasts
  • Unfiltered
  • Total SO₂ under 25 mg/l

2023 was hit hard enough by downy mildew that the estate couldn't keep every cuvée separate — this Riserva ended up as a blend that also folded in fruit earmarked for the Sa'etta and Retromarcia.

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MB1933 — Chianti Classico DOCG 2022

A single-vineyard wine, richer in style, almost Riserva-like — and probably the bottling that best sums up what makes Monte Bernardi distinctive.

The vineyard was planted in 1933 in the La Sala hamlet above Panzano, at 450-500m on galestro and alberese. Unlike a genetically-selected, uniform modern Sangiovese planting, MB1933 comes from a genuine traditional field blend — a vigna promiscua where roughly 90% Sangiovese grows alongside nine other interplanted varieties and clones. This isn't simply "old Sangiovese": it's a living record of Tuscan vineyard genetics from another era.

The Bartolini family, headed by Marcello Bartolini, farmed this vineyard from the 1970s onward, long before Monte Bernardi acquired it in 2018 — and without that stewardship, it's unlikely the vines would have survived in this condition. Michael Schmelzer is explicit that MB1933 is a tribute to Bartolini's work, passion and loyalty to the site.

La Sala is regarded as a natural "Grand Cru" of Chianti Classico, prized for its microclimate and its mix of galestro (friable clay schist of marine origin), alberese (compact, marly limestone) and roughly 20% pietraforte (a very hard, compact, stratified calcareous sandstone that forms a resistant bedrock). Jacy also mentioned macigno, a sandstone common on the higher ridges of Chianti Classico, built from consolidated sand with fossil shell fragments. The estate describes MB1933 as an "anti-Gran Selezione" — a deliberately traditional expression, true to a style of Chianti Classico that predates the modernising wave of the 1980s-2000s.

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Tzingana — IGT Colli della Toscana Centrale 2022

A Super Tuscan built on international varieties that still manages to speak of its home ground. When Monte Bernardi steps outside the Chianti Classico rulebook, it isn't chasing a heavy, luxury-priced Super Tuscan statement — it's using the freedom to work with blends or parcels that simply don't fit the appellation's logic.

Old-vine Merlot leads the blend, followed by Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon and a touch of Petit Verdot. The vineyard was planted in 1968 by the estate's previous owner (the Greek Cypriot photographer mentioned above) as a personal project, with no Sangiovese at all. Michael now considers the site a difficult one for Sangiovese — frost pockets, low on the slope, humid — and long weighed pulling it out to replant with Sangiovese before ultimately deciding to keep it. A young-vine version of the same Bordeaux blend, also Sangiovese-free, exists under the name Zingarella; I didn't get the chance to taste it.

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Si vous voulez écouter ou voir Michael Schmelzer parler de Monte Bernardi :

Podcast le plus récent Cork Talk with Michael Schmelzer 43 minutes avec Tim Atkin en avril 2026.

Podcast un peu plus vieux, mais un peu plus long I'll Drink to That! Wine Talk 195: Michael Schmelzer 1h30 avec Levi Dalton.

Article de Grape Collective, avec une petite vidéo de moins de 4 minutes où vous pourrez voir Monte Bernardi en été.

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