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Cercle Oenophile
11 août 2026

Val delle Corti, Radda in Chianti : histoire du Gallo Nero et vins de Roberto Bianchi

 

🇬🇧 Jump straight to the English version →

Roberto Bianchi du domaine Val delle Corti à Radda in Chianti, devant les vieilles vignes plantées par son père Giorgio, source de la cuvée Riserva
Bibi et Roberto Bianchi, fraternisant après les deux heures de notre première rencontre, devant les vignes plantées par le père Giorgio (cuvée Riserva)

Visite au domaine Val delle Corti avec son propriétaire Roberto Bianchi.

Un cas particulier de mon séjour toscan : je ne connaissais ni le domaine ni les vins avant de préparer mon voyage, un mois auparavant. J'avais confié à ChatGPT l'analyse des 500 vins de Toscane que j'avais notés et commentés dans ma base de données Vivino : il en est ressorti que j'apprécie particulièrement les Sangiovese issus du village de Radda en Chianti. Et quand je lui demande de combler les trous dans mon agenda de visites avec des vignerons que je dois découvrir absolument, il sort Val delle Corti de ses algorithmes. Malgré mon scepticisme scientifique envers les IA, a posteriori, je lui suis très reconnaissant de m'avoir permis de rencontrer Roberto Bianchi. Au-delà de ses vins, que je n'ai pas pu découvrir dans les meilleures conditions techniques (trop chaud en cette fin de matinée d'août), j'ai surtout rencontré un vigneron attachant, bien dans ses bottes de viticulteur, avec une très bonne connaissance de son terroir alimentée par les doutes et les remises en question, parlant très bien français (😲pour un italien marié à une allemande) avec la langue bien pendue comme attendu du stéréotype italien, et une touche d'espièglerie qui pimente les échanges.

Une petite fierté pour moi d'y avoir envoyé le copain Gildas la semaine suivante, avec qui le courant semble avoir aussi bien passé puisque Magnum et Balthazar va certainement proposer les vins de Roberto à ses clients normands.

J'ai appris beaucoup de choses durant cette matinée avec Roberto, sur le Chianti Classico, sur la particularité de l'UGA Radda et sur son Val delle Corti. Mais je n'ai pratiquement rien noté dans mon petit carnet rouge. Pour écrire ce billet, j'ai donc fait des recherches a posteriori et retranscrit mes souvenirs des informations de Roberto.

Radda, là où le Chianti Classico a écrit son histoire

Sources : The Search for Tuscany’s Noblest Wine (Bill Nesto MW & Frances Di Savino), livre avec lequel j'ai préparé mon voyage Chianti Classico, et le webinaire en italien FISAR de Stefano Carmassi sur le Chianti Classico que j'ai dû visionner plusieurs fois pour comprendre la traduction.

Quand j'ai choisi de centrer mon exploration du Chianti Classico par Radda (avec Val delle Corti, Istine et Monte Bernardi), ce n'était pas un hasard. C'était un hommage à l'histoire de cette région entre Florence et Sienne. Car Radda n'est pas simplement une commune du Chianti : c'est l'un des trois noyaux historiques qui ont façonné son identité, aux côtés de Castellina et Gaiole.

Remontons au Moyen Âge. Radda était alors le siège de la Lega del Chianti, cette organisation politico-militaire créée par Florence pour administrer et défendre le territoire (disputé avec Sienne, la rivale du sud, comme en témoigne les fortifications des villages perchés sur les collines de la région).

Puis vint le célèbre Bando de Cosimo III de' Medici de 1716, texte fondateur qui délimita officiellement le territoire où le nom « Chianti » pouvait être utilisé. Et la formulation est sans ambiguïté : après Greve et Panzano, le document englobe « toute la Podesteria di Radda », comprenant Radda, Gaiole et Castellina, jusqu'à la frontière avec l'État de Sienne. Autrement dit, ces trois communes formaient déjà, à cette époque, le cœur méridional du Chianti historique.

Et voici une anecdote qui m'a particulièrement marqué : c'est à Radda que le Consorzio per la difesa del Vino Tipico del Chianti e della sua Marca di Origine a vu le jour, le 14 mai 1924. Trente-trois producteurs s'y réunirent pour créer ce qui allait devenir, en 1968, le Consorzio Vino Chianti Classico — premier consortium viticole de ce type en Italie. Ils choisirent comme emblème le Gallo Nero, symbole de l'ancienne Ligue du Chianti. Radda n'est donc pas seulement un territoire viticole : c'est un berceau institutionnel.

Aujourd'hui, le siège du Consorzio a déménagé à Tavarnelle Val di Pesa / Barberino Tavarnelle, mais cette naissance à Radda reste un fait historique majeur. Et depuis la réforme des UGA (Unità Geografiche Aggiuntive) en juin 2021, Radda est devenue l'une des 11 unités géographiques officielles du Chianti Classico, avec application en étiquette (pour la Gran Selezione dans un premier temps) à partir de juillet 2023. Une reconnaissance qui va bien au-delà du symbole : elle consacre une identité de terroir unique.

Contexte géologique général de Radda

Radda se situe dans les bassins versants du Rigo et de l'Arbia, où domine le type de sol Alberese, suivi à distance par le Macigno (grès) — dont la contribution viticole reste limitée — et par les schistes argileux, présents uniquement aux extrémités nord et sud du bassin. Une distinction nord/sud existe : au nord, sols plutôt gréseux, argileux et de galestro (schiste feuilleté fait de calcaire et grès en couches), tandis qu'au sud dominent l'alberese (roche dure, calcaire et argile compacte) et le galestro.

Deux formations mères à connaître :

Galestro

Marne schisteuse feuilletée, composée de calcaire et d'argile, se désagrégeant facilement — couleur jaunâtre.

Excellent drainage tout en retenant assez d'humidité pour soutenir la vigne durant l'été toscan sec, favorisant un enracinement profond et des vins à tanins marqués avec une tension affirmée.

Alberese

Calcaire dur et compact, de couleur blanchâtre (du latin alba), moins fertile.

Génère des rendements plus faibles mais une concentration aromatique supérieure et une structure plus tranchante.
Les blocs s'effritent en remontant à la surface, et peut même se transformer en feuillets de schiste.

Exemple d'utilisation de l'albarese dans les bâtiments, et de son effritement avec le temps...
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Vue de près de la pietra alberese, il Cassero de la Rocca di Castellina in Chianti.
La sédimentation de ces calcaires marneux s'est déroulée entre le Crétacé supérieur et le début de l'Éocène (soit approximativement entre 90 et 45 millions d'années)

Tour restante de la campagne de fortification début XIVème par la République de Florence après la destruction du village en 1397 par les puissances féodales et monarchiques (Gian Galeazzo Visconti/Milan au nord, Alphonse V d'Aragon au sud): 600 ans d'érosion de ces pierres

Une double spécificité Radda : sol ET altitude/exposition

Les collines de Radda ont longtemps eu du mal à mener les raisins à maturité, à cause de l'altitude (400-600 m), du climat froid qui en résulte (hivers rigoureux, grêle fréquente en fin d'été), et d'un sol pauvre en matière organique, composé principalement de galestro, de macigno et d'alberese, qui réduit la vigueur de la plante et ralentit fortement la maturation des fruits. Le succès des vins de Radda est donc récent, largement lié au réchauffement climatique qui, depuis les années 90, a permis des maturations plus homogènes et reproductibles.

Localisation de Val delle Corti sur le territoire de Radda

Localisation de Val delle Corti sur le territoire de Radda

Val delle Corti : l'ambassadeur d'une Radda en mouvement

C'est dans ce contexte que ChatGPT m'a envoyé à Val delle Corti, domaine qui incarne à lui seul l'évolution de Radda. Fondé en 1974 par Giorgio Bianchi, un Milanais qui quitta la ville avec sa femme Eli pour s'installer dans ces collines alors considérées comme trop froides et trop pauvres pour produire des vins de qualité (souvent acides, tanniques et peu mûrs). À l'époque, le choix était audacieux, presque fou. Les vignobles étaient à l'abandon, les bâtiments en ruine. Encouragés par des voisins vignerons (dont ceux de Montevertine, domaine voisin, célèbre maintenant pour son Pergole Torte que j'avais pu dégusté à Paris), Giorgio a tout reconstruit, replanté, et construit progressivement la cave. Je n'ai pas demandé à Roberto si il a un lien de parenté avec Laura Bianchi, la propriétaire de Castello di Monsato (son grand-père a acheté le domaine en 1961) où Giulia sa fille qui m'avait fait déguster leurs vins à Paris n'a pas pu me recevoir à cause de leur semaine de fermeture pour vacances estivales pré-récolte). 

Puis, en 1999, à son décès prématuré, son fils Roberto a repris le flambeau avec son épouse Lis. Et c'est là que l'histoire de pionnier devient fascinante. Car Roberto, avec son parcours atypique et polyglotte (études en Allemagne, diplôme de littérature allemande, enseignant de littérature italienne à des étudiants américains), a transformé Val delle Corti en l'une des références artisanales de Radda.

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec ma rencontre de la veille : Luca Orsini avec sa femme avaient quitté leur emploi à Rome pour venir à Panzano en Chianti monter un projet agricole en créant Podere Le Cinciole.

Un terroir qui défie les préjugés

Le domaine Val delle Corti s'étend sur 6 hectares de vignes (pour un total de 15 hectares avec oliviers et autres cultures), à une altitude comprise entre 420 et 490 mètres. Une exposition plein est à nord-est qui, il y a encore quelques décennies, était considérée comme un handicap : les vignes reçoivent le soleil du matin, mais sortent tôt de l'ensoleillement direct en fin de journée, ce qui compliquait la maturité des raisins.

Mais le changement climatique a bouleversé cette donne. Ce qui était autrefois un problème est devenu un atout majeur. Roberto Bianchi lui-même l'explique :

« Avant les années 80, il était difficile de mettre en bouteille des vins mûrs à Radda. Le terrain était dur, le cycle de maturation long. Aujourd'hui, cette fraîcheur naturelle est devenue une assurance contre la surmaturité du sangiovise qui devient récurrent sur d'autres terroirs. »

En cette fin de matinée brûlante d'août sur la terrasse du domaine surplombant les vignes qui courent jusqu'au fond du vallon, mon œil d'agronome perçoit facilement que les vignes de Val delle Corti sont bien mieux loties que celles de l'autre côté du vallon, exposées sud-ouest, qui donnent l'impression de flétrir après tant de semaines sans eau et sans fraîcheur nocturne pour se refaire.
L'impression de bien-être "relatif" des vignes de Val delle Corti est renforcée parque-que le Canaiolo planté au fond du vallon au plus près de la rivière est d'une couleur verte plus foncée que le Sangiovese voisin. Partie du domaine plus fraiche et surtout susceptible d'être en excés d'eau préjudiciable au Sangiovese, mais idéal pour passer les étés secs sans pluie.

Extrait Google Earth illustrant l'exposition Nord Est des parcelles de Val delle Corti
Vue aérienne de l'exposition Nord-Est des parcelles de Val delle Corti avec la rivière qui serpente en bas
Extrait OpenMap de la zone Val delle Corti, avec le dessin du relief et des cours d'eau
La vue topographique de Val delle Corti

Les sols de Val delle Corti sont marno-calcaires (« marnoso-calcarei »), riches en éléments pierreux, typiques des formations de galestro (schiste argilo-calcaire) et d'alberese (calcaire compact) qui caractérisent Radda. Une combinaison parfaite pour le Sangiovese :

  • Forte proportion de squelette rocheux (scheletro) → drainage important
  • Enherbement entre les rangs, pas de broyage pour la destruction de l'herbe, mais seulement un aplatissement au rouleau faca pour laisser la couverture → compétition en surface et limite l'érosion
  • Faible fertilité → vigueur naturelle limitée
  • Réserve hydrique limitée → concentration des arômes
  • Altitude élevée + climat frais → acidité préservée, maturité lente

Résultat ? Des vins où la fraîcheur n'est pas une faiblesse, mais une qualité. Une philosophie qui résonne particulièrement dans le contexte actuel du réchauffement climatique.

Une viticulture à l'écoute du terroir

Val delle Corti est conduit en agriculture biologique, avec des pratiques partiellement biodynamiques. Mais Roberto se méfie des étiquettes trop simplistes.

« Ce n'est pas la biodynamie qui définit Val delle Corti, mais une agriculture à faible intervention et une observation attentive du vignoble. »

Quelques éléments clés de leur approche :

  • Travail manuel et sélection massale
  • Levures indigènes pour des fermentations spontanées
  • Cépages : Sangiovese majoritaire, version pecorino typique du modeste Chianti, comparé à l'aristocrate Sangiovese grosso du Brunello di Montalcino (avec 5-10 % de Canaiolo dans le Chianti Classico, un peu de Malvasia nera), et une cuvée « Lo Straniero » (65 % Sangiovese, 35 % Merlot) — une parcelle de Merlot que Roberto qualifie lui-même de « péché de jeunesse », mais conservée pour la qualité du vignoble qui en est issu aujourd'hui (me rappelle ces histoires propres à ces domaines familieux comme la parcelle historique de Merlot chez Istine, pour le plaisir de Mauro Fronti)
  • Vieilles vignes : les vignes de la vigna intorno alla casa, plantées à Cortine par Giorgio dès la création du domaine en 1974, aujourd'hui âgées de près de 50 ans (cuvée Riserva), conduites en « doppio archetto rovesciato toscano » (système traditionnel toscan)
  • Maturité : le village de Radda, à cause de son altitude est parmi les derniers à vendanger en Chianti, et Roberto se distingue souvent pour être le dernier à vendanger à Radda.
  • Vinification en cuves inox avec macération "piemontenisa", et élevage en grands foudres de chêne slovène (en botte traditionnelle de 20 à 30 hL)
  • Expérimentations : macération avec grappes entières, techniques adaptées selon les millésimes.
Un point oenologique sur la piemontesina "à la piémontaise"
Après la fermentation alcoolique et la macération « normale », une partie des raisins — notamment des grappes entières — reste en contact avec le vin pendant une période prolongée , avec le chapeau de marc maintenu immergé. La technique consiste notamment à enfoncer/maintenir le chapeau sous le vin, puis à remplir la cuve de façon à maintenir les pellicules immergées. Elle est aussi décrite comme une forme de post-fermentative maceration.
Généralement 1 à 3 mois à Val delle Corti, pas forcément toute la cuvée, par exemple pour le Chianti Classico en 2011, 2018 et 2019 environ 30 % de la masse était resté quatre mois sur les peaux, après environ trois semaines de fermentation en acier. Roberto ne cherche manifestement pas à extraire davantage de tanins par une macération interminable. C'est presque l'inverse de la logique « plus longtemps = plus extrait ».A u-delà d'un certain seuil, prolonger le contact adoucit le profil tannique plutôt que de le durcir, car on est dans une phase de stabilisation moléculaire plutôt que d'extraction pure.

Il n'y a plus de CO2 dégagé ni de chapeau de marc agité violemmen. L'environnement est plus stable, presque statique. Les tanins continuent à migrer du solide vers le liquide, mais ce sont surtout les tanins de polymérisation — c'est-à-dire que les tanins déjà extraits commencent à se lier entre eux et avec les anthocyanes (pigments), formant des molécules plus grosses et plus stables. Ces tanins polymérisés sont perçus comme plus ronds et moins agressifs en bouche que les tanins monomériques extraits rapidement.

Une philosophie empirique, loin des dogmes, où l'on observe, on essaie, on goûte, et on conserve ce qui fonctionne.

Les vins dégustés

Pas les meilleures conditions pour une dégustation, en cette fin de matinée avec certainement plus de 32°C sur la terrasse ombragée. Mais dans un décor de rêve, avec les vignes qui s'étalent à nos pieds, enivré par les paroles de Roberto.

Il Campino — Toscana IGT Rosso

La cuvée d'entrée de gamme, 100 % Sangiovese, élevée en inox. Plus accessible, mais toujours avec cette signature épicée (poivre noir) et cette fraîcheur caractéristique. « Un vin pour la merenda » (le goûter toscan).

Étiquette du vin Val delle Corti Il Campino 2024, Toscana IGT Rosso
2024

Millésime sec dès l'hiver, avec des blocages de la végétation en juillet, mais sauvé par la reprise après les pluies en août. Sangiovese vinifié en vin de soif, sur l'acidité du fruit (jus de cerise). Une astringence domptée en fait un vin facile, presque dangereusement désaltérant.

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Chianti Classico DOCG

Le vin phare du domaine, 100 % Sangiovese (avec une touche historique de Canaiolo, environ 5 %, pour rester fidèle à l'assemblage traditionnel). Issu de parcelles d'âges différents, il incarne l'équilibre parfait entre un fruit rouge (cerise, groseille) éclatant, une acidité vive qui donne cette tension caractéristique — signature des sols marno-calcaires — et des tannins structurants mais fins. Vinification traditionnelle : fermentation spontanée, macération prolongée (avec parfois la technique a piemontesina, où les peaux restent immergées 3-4 mois après la fermentation alcoolique), puis élevage en grands contenants de chêne. Mon impression : un vin clair, essentiel, sans hésitation. Pas de démonstration de bois, pas de concentration artificielle, pas de maturité confiturée. Juste le Sangiovese dans sa plus pure expression, avec cette force de projection qui caractérise les grands vins de Radda.

Étiquette du vin Val delle Corti Chianti Classico DOCG 2024
2024

Vignes de Sangiovese de 30 ans environ, complétées de 4-5 % de Canaiolo. Élevage en botte traditionnelle (2000-3000 litres). Nez éclatant. Belle consistance en bouche, tanins très souples. Finale sur l'acidité naturelle du Sangiovese, qui laisse la bouche nette.

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Étiquette du vin Val delle Corti Chianti Classico DOCG 2020
2020

Nez impressionnant dès l'ouverture. Bonne vivacité sur les fruits noirs. Finale piquante, mentholée. Impression de bonbon de fruits. Bonne texture, alcool dompté.

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Chianti Classico Riserva DOCG

C'est la bouteille qui concentre l'histoire du domaine. Issue des vieilles vignes de Sangiovese, elle n'est produite que dans les meilleurs millésimes. Une hiérarchie basée sur la sélection parcellaire, l'âge des vignes et la qualité du millésime — bien loin d'une simple version « plus puissante et plus boisée » du Chianti Classico.

Étiquette du vin Val delle Corti Chianti Classico Riserva DOCG 2022
 
2022

Premières vignes plantées dès 1974. Élevage en barrique et tonneau pendant 30 mois. Millésime généreux, épargné par la grêle à Radda. Premier nez un peu boisé par contraste avec le Classico. Beaux tanins. Belles épices, de la structure. Reste frais en finale, sans menthol mais plutôt sur les épices fraîches d'une cuisine estivale.

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Rosé Scuro — Toscana IGT Rosato

Un rosé atypique, issu d'une saignée avec 7 jours de macération sur les peaux. 100 % Sangiovese, avec une belle acidité et des notes de cerise et de baies rouges. « Un vrai vin, pas un vin de piscine », comme le dit Roberto. Parfait avec un cacciucco (soupe de poisson toscane) ou une cuisine épicée.

Étiquette du vin Val delle Corti Rosé Scuro 2024, Toscana IGT Rosato
 
2024

Une semaine de saignée du Sangiovese du Classico. Couleur volontairement foncée. Nez cerise, un peu amylique. Jus de fruit, pas de pamplemousse. Bonne finale sur l'acidité rafraîchissante.

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English version below

 

A visit to the estate with its owner, Roberto Bianchi.

This one was different from the rest of my Tuscan trip: I knew neither the estate nor its wines before planning the visit a month earlier. I had asked ChatGPT to mine roughly 500 Tuscan wines I had rated and annotated on Vivino, and the pattern that came back was a clear preference for Sangiovese from the village of Radda in Chianti. When I then asked it to fill the gaps in my itinerary with producers I absolutely had to meet, Val delle Corti came out of the algorithm. Scientific scepticism toward AI aside, I'm genuinely grateful, in hindsight, that it pushed me toward Roberto Bianchi. Tasting conditions were far from ideal — it was already uncomfortably hot by late morning — but what stayed with me most wasn't the wine so much as the winemaker: engaging, entirely comfortable in his own skin as a grower, with a deep working knowledge of his terroir built as much on doubt and self-questioning as on certainty. He speaks excellent French for an Italian married to a German, with the quick wit the stereotype promises and a mischievous streak that keeps the conversation lively.

A small point of pride: I sent my friend Gildas to taste here too, and the two of them clearly hit it off — enough that Magnum et Balthazar looks set to bring Roberto's wines to its own clients.

Radda: the birthplace of Chianti Classico

Sources: Chianti Classico: The Search for Tuscany's Noblest Wine by Bill Nesto MW and Frances Di Savino, and Stefano Carmassi's FISAR webinar on Chianti Classico.

Centring this leg of the trip on Radda — alongside Val delle Corti, Istine and Monte Bernardi — was a deliberate choice, a nod to history rather than convenience. Radda isn't just another Chianti village: together with Castellina and Gaiole, it forms one of the three historic cores that shaped the entire denomination's identity.

The story starts in the Middle Ages, when Radda served as the seat of the Lega del Chianti, the political-military league Florence set up to administer and defend a territory long disputed with rival Siena to the south.

Centuries later, the 1716 Bando of Grand Duke Cosimo III de' Medici formally drew the boundary within which the name "Chianti" could legally be used — one of the earliest appellation-style delimitations anywhere. The text is unambiguous: after Greve and Panzano, it names the entire Podesteria di Radda, covering Radda, Gaiole and Castellina, right up to the border with the state of Siena. In other words, these three communes were already, by the early 18th century, the southern heartland of historic Chianti.

One detail I found particularly striking: it was in Radda, on 14 May 1924, that thirty-three growers founded the Consorzio per la Difesa del Vino Tipico del Chianti e della sua Marca di Origine — Italy's first wine producers' consortium of its kind, and the body that would become the Consorzio Vino Chianti Classico in 1968. From the outset they adopted the Gallo Nero, the black rooster of the old Chianti League, as their emblem. Radda, in other words, isn't just wine country — it's an institutional birthplace.

The Consorzio's headquarters have since relocated to Tavarnelle Val di Pesa / Barberino Tavarnelle, but that founding moment in Radda remains a landmark in Italian wine history. And with the Consorzio's UGA reform (Unità Geografiche Aggiuntive, or additional geographical units), Radda is now recognised as one of Chianti Classico's 11 official sub-zones — a designation that goes well beyond symbolism and formally acknowledges a distinct terroir identity.

Radda's geology, in brief

Radda sits within the Rigo and Arbia river basins, where Alberese limestone dominates, followed at a distance by Macigno sandstone (of limited relevance to viticulture) and clay schists found only at the northern and southern edges of the basin. A clear north-south split exists: the north leans more sandy, clayey and galestro-based (a layered schist of limestone and sandstone), while the south is dominated by Alberese (hard, compact limestone and clay) and galestro.

Two parent-rock formations worth knowing:

Galestro

A friable, layered marl-schist of limestone and clay that breaks down easily and typically shows a yellowish colour.

Free-draining yet moisture-retentive enough to see vines through the dry Tuscan summer, encouraging deep rooting and wines with pronounced tannin and firm minerality.

Alberese

A hard, compact, whitish limestone (from the Latin alba), less fertile than galestro.

Naturally lower yields, but higher aromatic concentration and a sharper, more defined structure.

Radda's double handicap-turned-asset: soil and altitude/exposure

Radda's hillsides long struggled to ripen fruit reliably, held back by altitude (400-600m), the resulting cool climate (harsh winters, hail frequent in late summer), and organic-matter-poor soils dominated by galestro, macigno and Alberese, all of which sap vine vigour and slow ripening. Radda's current reputation is a recent development, largely tied to the warming climate that, since the 1990s, has allowed for more consistent, reproducible ripening.

Val delle Corti: Radda's ambassador of change

It's against this backdrop that ChatGPT pointed me to Val delle Corti, an estate that embodies Radda's evolution on its own. Giorgio Bianchi, a Milanese, founded it in 1974, leaving the city with his wife Eli for hillsides then considered too cold and too poor to yield quality wine — expect acidic, tannic, under-ripe results, went the conventional wisdom of the time. It was a bold, almost reckless bet: the vineyards were abandoned, the buildings derelict. Encouraged by fellow growers nearby (including those at Montevertine), Giorgio rebuilt everything from the ground up, replanted the vines, and gradually put up the cellar.

When Giorgio died prematurely in 1999, his son Roberto took over with his own wife, Lis — and this is where the story turns genuinely interesting. Roberto's path to winemaking was anything but conventional (he studied in Germany and holds a degree in German literature), yet he has built Val delle Corti into one of Radda's benchmark artisan estates.

I couldn't help drawing a parallel with the estate I'd visited the day before: Luca Orsini, too, had walked away from a career — an architecture practice in Rome — to build an agricultural project of his own with his wife at Le Cinciole in Chianti.

A terroir that defies old assumptions

Val delle Corti farms 6 hectares of vines (15 hectares in total, including olives and other crops) at an altitude of 420 to 490 metres. The vineyards face predominantly east to north-east — an exposure once considered a handicap, since the vines caught morning sun but lost direct light early in the afternoon, making it harder to ripen fruit fully.

Climate change has flipped that logic on its head. What was once a liability is now a genuine asset. As Roberto Bianchi puts it:

"Before the 1980s, it was hard to bottle a ripe wine in Radda. The ground was tough, the ripening cycle long. Today, that natural freshness has become insurance against over-ripeness."

Standing on the estate's terrace in the blazing late-morning heat of August, looking out over vines running down to the bottom of the valley, it was easy — even for an agronomist's untrained eye for Tuscany — to see that Val delle Corti's vines were coping far better than those on the south-west-facing side of the valley opposite, which looked close to wilting after weeks without rain or relief from the heat.

Val delle Corti's soils are marl-limestone (marnoso-calcarei), stony and built on the galestro (clay-limestone schist) and Alberese (compact limestone) formations that define Radda — a combination well suited to Sangiovese:

  • High proportion of rock skeleton (scheletro) → strong drainage
  • Low fertility → naturally contained vigour
  • Limited water reserve → concentrated aromatics
  • High altitude and cool climate → preserved acidity, slow ripening

The result: wines where freshness reads as a virtue rather than a weakness — a philosophy that resonates all the more in the current era of a warming climate.

Farming that listens to the land

Val delle Corti is certified organic, with some biodynamic practices layered in — though Roberto is wary of tidy labels:

"It isn't biodynamics that defines Val delle Corti, but low-intervention farming and close attention to the vineyard."

A few pillars of the approach:

  • Hand work and massal selection
  • Indigenous yeasts for spontaneous fermentations
  • Varieties: predominantly Sangiovese (with 5% Canaiolo in the Chianti Classico), plus a cuvée called "Lo Straniero" (65% Sangiovese, 35% Merlot) — a Merlot parcel Roberto himself calls a "sin of youth," planted by mistake early on but kept for the quality it now delivers (much like the historic Merlot plot at fellow Radda producer Istine, kept for Mauro Fronti's own enjoyment)
  • Old vines: the plot known as la vigna intorno alla casa, planted at Cortine by Giorgio when the estate was founded in 1974 and now nearly 50 years old, farms the Riserva fruit and is trained in the traditional Tuscan "doppio archetto rovesciato" system
  • Vinification in stainless steel with extended maceration, aged in large Slovenian oak botti
  • Experimentation: whole-cluster maceration and other techniques adapted vintage by vintage

An empirical, dogma-free philosophy: observe, try, taste, and keep what works.

The wines tasted

Not the ideal tasting conditions — well past 32°C on the shaded terrace by late morning — but a genuinely stunning setting, with the vines rolling away right at our feet.

Il Campino — Toscana IGT Rosso

The entry point into the range: 100% Sangiovese, aged in stainless steel. More approachable, but still carrying the house's signature black-pepper spice and characteristic freshness. Roberto calls it "a wine for the merenda" — the Tuscan afternoon snack.

2024

A vintage that turned dry as early as winter, stalling vine growth in July before August rains brought recovery. This Sangiovese is made for easy drinking, built on bright cherry-juice acidity. Tamed astringency makes it dangerously easy to keep pouring.

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Chianti Classico DOCG

The estate's flagship: 100% Sangiovese, with a historic touch of Canaiolo (around 5%) to honour the traditional blend. Drawn from plots of varying age, it balances bright red fruit (cherry, redcurrant) against the taut acidity that marks out marl-limestone soils, with structured but fine-grained tannins. Winemaking stays traditional — spontaneous fermentation, extended maceration (sometimes using the piemontesina technique, in which the skins stay submerged for three to four months after alcoholic fermentation), then ageing in large oak vessels. My read: a clear, essential wine that doesn't hedge its bets — no showy oak, no artificial concentration, no jammy over-ripeness. Just Sangiovese in its purest form, with the projection and drive that mark out Radda's finest wines.

2024

From roughly 30-year-old Sangiovese vines, blended with 4-5% Canaiolo. Aged in traditional 2,000-3,000-litre botti. A bright, open nose; good weight on the palate with very supple tannins. The finish rides Sangiovese's natural acidity to a clean close.

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2020

An impressive nose from the first pour, with good lift on dark fruit. A tangy, menthol-tinged finish and a fruit-candy impression. Good texture, alcohol well integrated.

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Chianti Classico Riserva DOCG

This is the bottle that concentrates the estate's whole story. Made from the old Sangiovese vines and only in the best vintages, its place at the top of the range comes from plot selection, vine age and vintage quality — not simply from turning up power and oak on the standard Chianti Classico.

2022

From the first vines planted back in 1974. Aged 30 months in barrique and tonneau. A generous vintage that escaped Radda's hail. A touch of oak on first nose, in contrast to the Classico. Beautiful tannins, fine spice and real structure. The finish stays fresh — not menthol-driven this time, more toward the fresh spice of summer cooking.

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Rosé Scuro — Toscana IGT Rosato

An unconventional rosé, bled off after seven days of skin contact from the Classico's Sangiovese. 100% Sangiovese, with lively acidity and cherry and red-berry notes. "A real wine, not a pool wine," as Roberto puts it — a pointed dig at the season's easy-drinking, forgettable rosés. It's built for food: try it with a Tuscan cacciucco fish stew or spiced dishes.

2024

A week of skin contact on Classico-destined Sangiovese, giving the wine its deliberately dark hue. Cherry-scented nose with a touch of banana-like esters. Juicy, with none of the grapefruit notes some rosés lean on, and a refreshingly acidic finish.

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Cercle Oenophile
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