Ampeleia, Roccatederighi : hors des sentiers toscans
Toscane 2026 · Alta Maremma · IGT Toscana / Costa Toscana
Ampeleia, Roccatederighi : hors des sentiers toscans, une page blanche en altitude
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Dernière étape de mon voyage d'études en Toscane : les domaines de Bolgheri que l'IA m'avait recommandés ne m'ayant pas répondu ou ne pouvant pas me recevoir, je me rabats sur sa proposition de découvrir un domaine qui n'était pas sur mes radars et dont la localisation sortait du triptyque toscan classique : Chianti Classico – Brunello – Bolgheri. L'IA, en analysant les milliers de vins que j'ai commentés, avait détecté que je suis un fan de Cabernet Franc : une accroche suffisante pour placer cette visite sur mon chemin de retour en France.
Encore une journée bien chaude de cette semaine de mi-août d'un été caniculaire. Excursion au départ de Montalcino plein ouest vers la mer, que je ne verrai pas. Paysage agricole de forêts, pas de vignes visibles, surtout en montant de la plaine au domaine. Malgré l'altitude comparable aux villages du Chianti Classico, toujours aussi compliqué de trouver une place ombragée pour ma voiture chargée des cartons de vins que je ramène en France.
Visite avec la responsable de l'accueil, avec une promenade dans les vignes autour du chai et l'arrivée d'une première benne de Grenache vendangé le matin, et clôturée par un déjeuner sur place.
Beaucoup de questions pour cette découverte de domaine, avec une histoire riche et originale. Pour écrire ce billet, j'ai fait a posteriori une recherche bibliographique sur internet, dont les podcasts où le vigneron Marco Tait intervient.
La genèse : trois amis, un refuge des Alpes et une Maremma qui ne ressemble pas à la Maremma
- Ampeleia naît en 2002 du projet de trois associés fondateurs : Elisabetta Foradori (que je connais pour son domaine de Mezzolombardo, Alto Adige, pour l'avoir croisée plusieurs fois lors de dégustations professionnelles parisiennes), Giovanni Podini et Thomas Widmann [Gambero Rosso, Sour Grapes, Bowler Wine]. L'idée naît au début des années 2000 lors d'une conversation fondatrice dans un refuge des Alpes, à 2 153 mètres d'altitude [site officiel] ; Marco Tait parle dans Juice it up d'un « refuge en Val Badia » — légère divergence dans le détail anecdotique (le site officiel nomme le Rifugio Comici) : « faire de l'agriculture dans un endroit beau et pas évident », loin des stéréotypes du vin italien, libre des conventions d'appellation traditionnelles. L'équipe se définit sous le nom de « Gentle Souls » (Âmes douces), affirmant une posture d'écoute de la nature, de sobriété dans les interventions et de respect des équilibres paysagers.
- La Toscane n'était pas le but initial. Le projet consistait d'abord à trouver un endroit suffisamment particulier — altitude, proximité de la mer, environnement préservé. Ils ont voyagé pendant deux ans à travers l'Italie pour trouver le lieu (Strada Bianche) avant d'arriver dans l'Alta Maremma à Roccatederighi, où ils rachètent en 2002 une propriété existante au sein du parc géologique des Colline Metallifere (reconnu par l'UNESCO). Ils ne sont pas partis avec l'ambition de faire « un grand vin de Maremme », comme cela aurait pu être le cas avec les Super-Tuscans de l'appellation maritime voisine de Bolgheri. Ils cherchaient un endroit susceptible de correspondre à une philosophie agricole et viticole.
- La propriété n'était pas vierge : dans les années 1960, un couple suisse, Erica et Peter Max Suter, avait acheté la ferme abandonnée et en avait fait une exploitation rurale avec moutons, pigeons et vignes [Sour Grapes, Dynamic Vines]. Marco parle d'une entreprise nommée « Meleta » (le toponyme), créée par des Suisses « dans les années 80 », avec ≈5 à 7 hectares de vignes (Cabernet Franc et Merlot) en polyculture.
Vue sur le village de Roccatederighi depuis les vignes proches du chai, à 2 km de marche (en plus de l'intérêt du village, trois restaurants sont des options pour déjeuner).
- Marco Tait leur est lié avant même Ampeleia : Trentin de Mezzolombardo, diplômé en 2000 de San Michele all'Adige, il a fait sa première expérience chez Foradori — où son père était fattore (régisseur) ; il passait ses étés d'enfant dans les vignes de la famille Foradori. Les trois fondateurs lui confient le projet œnologique dès la première vendange, 2002, « une année de grande pluie dans toute l'Italie » comme baptême.
- L'impulsion initiale et le rôle d'Elisabetta Foradori. Elisabetta Foradori apporte son expertise de la biodynamie et sa sensibilité environnementale développées dans le Trentin. Elle contribue à définir l'orientation ampélographique (notamment le choix de s'écarter du modèle classique Sangiovese/Super-Toscan concentré). Bien qu'elle ait aujourd'hui cessé sa collaboration directe pour se concentrer sur son propre domaine et ses projets personnels, son empreinte demeure dans l'ADN biodynamique d'Ampeleia. Thomas Widmann a quitté le projet en 2009, en raison de son engagement politique dans le Tyrol du Sud [Superiore.de]. Aujourd'hui, Giovanni Podini est désormais le seul propriétaire [la Repubblica].
Le pari du lieu : une page blanche à 600 mètres d'altitude
Une Maremma inversée. Pas la plaine côtière de l'imaginaire (Bolgheri, Morellino), mais l'Alta Maremma intérieure, sur la ceinture des Colline Metallifere — des collines minéralisées exploitées depuis les Étrusques, classées Geopark UNESCO — avec des vignes de 200 à 600 mètres d'altitude, pour la plupart « cachées et enlacées par la forêt » (Marco). Rocca Tederighi, 400 habitants, vivait jusqu'aux années 1950 de l'extraction minière.
Une zone sans tradition viticole commerciale. Marco insiste : ici, la vigne n'a jamais été une source de revenu, seulement une « agriculture de subsistance » (le rang d'oliviers à côté du rang de vignes dans chaque « jardin »). La liberté d'oser des choix que personne n'aurait tentés dans une zone à appellation canonique.
Une géologie mosaïque. La richesse métallifère donne une « variabilité pédologique » extrême — « il suffit de se déplacer de très peu pour trouver des strates de terrain complètement différentes » (Marco). C'est ce qui a dicté le choix le plus audacieux du domaine : des vignes volontairement dispersées en 4 blocs, jusqu'à 20-25 km du centre d'exploitation — « une folie logistique », admet Marco — pour capter la diversité maximale d'altitudes, de sols et de microclimats. Le domaine s'étend aujourd'hui sur 120 ha, dont 35 ha de vignes seulement — moins d'un tiers, le reste étant forêts, prairies, oliveraies et céréales (blé dur), un ratio assumé [RAW Wine, Dynamic Vines].
Un choix climatique prémonitoire. En 2002, à l'époque où tout le monde cherchait la maturité et la concentration, les fondateurs sont allés chercher altitude et fraîcheur (étés où l'on porte le soir un pull sur le tee-shirt, climat quasi continental) — un pari qui, avec le changement climatique, « nous a donné un grand coup de main » (Marco, Ep. 58).
La philosophie : l'organisme agricole vivant
Trois idées structurantes ressortent de tous les témoignages de Marco, ce qui en fait la colonne vertébrale du projet plutôt qu'un simple argument marketing :
1. La biodynamie comme méthode, pas comme dogme. Le passage à la biodynamie date de 2009 — après sept ans d'agriculture conventionnelle, une transition qu'il décrit comme le fruit d'années de dégustations, de lectures et de rencontres. Ampeleia obtient la certification biologique officielle en 2012 et réalise sa première vendange biodynamique certifiée Demeter en 2013. Sa grille de lecture : l'agriculture conventionnelle « va vers la mort » du sol, le bio « maintient » la matière organique, la biodynamie est « la seule méthode qui l'augmente » — l'objectif étant de « laisser un terrain plus fertile que celui que nous avons trouvé, car nous sommes des hôtes, pas des propriétaires » (Slow Wine, 2021). Effets observés selon lui : changement rapide (2-3 ans) de la structure des sols, couleurs plus sombres (formation d'humus), biodiversité explosive dans l'inter-rang (5-7 espèces végétales au m²), vins « plus libres » que les premières années.
2. L'exploitation agricole comme organisme vivant, pas la monoculture (principe hérité de Rudolf Steiner, fondateur de l'anthroposophie, et repris par Demeter). Vaches laissées libres dans les rangs après vendange, à l'époque du débourrement, volailles, abeilles, prairies, et depuis 2020 le domaine a étendu son approche biodynamique au-delà de la vigne en produisant sa propre huile d'olive extra-vierge et ses farines biologiques (2 ha de blé dur transformés en pâtes servies au restaurant du domaine, hospitalité développée en 2022). Le rapprochement avec la vision holistique que je connais chez Foradori ou, plus récemment, chez Podere Le Ripi : c'est l'écosystème fermé, autosuffisant, chaque organe relié aux autres — ce que l'interviewer de Storia di Vino nomme « un organisme en circuit fermé ». L'arrivée des vaches de race Gris Tyrolien (Grigio Alpina) en 2013 ne relève pas du folklore : elle permet d'engendrer un cycle fermé où le compost fertilisant et les bouses de corne (préparat 500) sont produits directement sur le domaine, à partir des matières organiques de la ferme.
3. Les « anime gentili » — les âmes gentilles. L'équipe compte 15-17 personnes en 2024-2025, la plupart en CDI, et Marco liste fièrement ses prénoms : Francesco à l'export, Roberto en communication, Simona à l'hospitalité, Matteo à la cave… C'est un vrai projet social, présenté comme « une communauté », pas une main-d'œuvre.
Les deux piliers ampélographiques : Alicante Nero et Cabernet Franc
Alicante Nero : cépage « toscan malgré son nom espagnol », arrivé de la péninsule ibérique au XVIe siècle et historiquement présent en Maremma, avant d'être abandonné par la viticulture moderne au profit des cépages classiques. Ampeleia s'est donné pour mission de le réhabiliter : les premières boutures ont été plantées en 2003 dans les secteurs plus bas et plus proches de la mer. 11 des 35 ha lui sont dédiés, dont la cuvée monocépage Alicante Nero (le domaine le revendique comme un acte identitaire : « il représente notre manière d'être vignerons », [RAW Wine]).
Cabernet Franc : c'est la découverte fondatrice — parmi l'≈1 ha de vieilles vignes rachetées à Meleta se trouvait un hectare de Cabernet Franc, « le coup de foudre de la première vendange » (Marco). Le Cabernet Franc est une variété internationale que le domaine a trouvée sur place et décidé de développer. Ampeleia l'a multiplié (8 ha) exclusivement sur les secteurs les plus hauts et frais, et en a fait son vin signature : « aujourd'hui, je peux dire que c'est notre excellence absolue » (Juice it up), ce que confirme le site officiel (« our flagship wine »). Après plus de vingt ans, Marco Tait dit vouloir faire d'Ampeleia une référence nationale du Cabernet Franc [la Repubblica]. Et c'est précisément là qu'apparaissent les deux nouveaux crus 16 File et 30 File, issus de quelques rangs seulement, sélectionnés après plusieurs années d'observation parcellaire.
Autres cépages présents sur le domaine : Merlot (en 2007, le domaine envisageait d'arracher la plus vieille parcelle de Merlot, « Lo Sbocco », plantée par les premiers propriétaires suisses — mais suffisamment convaincant pour conserver la parcelle et donner la cuvée Empatia), Carignano, Mourvèdre, Sangiovese, Alicante Bouschet côté rouges, Trebbiano, Malvasia, Ansonica côté blancs [Gambero Rosso] — un panel résolument méditerranéen et non toscan classique, conforme au pari de la page blanche.
Méthodes d'élevage et de vinification
Les interventions en cave guidées par Marco Tait recherchent la fraîcheur aromatique et la buvabilité plutôt que la concentration ou le boisé. Les principes techniques fondamentaux :
- Utilisation prépondérante du béton. La vinification et l'élevage s'effectuent quasi exclusivement en cuves béton. Ce matériau garantit une neutralité aromatique absolue, une isolation thermique naturelle et une micro-oxygénation ménagée.
- Vinification en grappes entières. Selon les cuvées et les millésimes, une proportion de 10 % à 30 % de grappes entières est conservée lors de la mise en cuve (notamment sur l'Alicante Nero et le Cabernet Franc), apportant tension, notes d'herbes méditerranéennes et structure.
- Processus naturels. Fermentations réalisées exclusivement au moyen de levures indigènes, absence de clarification et de filtration, et ajouts minimes de soufre limités au strict nécessaire avant la mise en bouteille.
Les cuvées actuelles
Gamme compilée à partir du site officiel des vins, de Bowler Wine et des mentions des podcasts :
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Créé en 2011, embouteillé au format d'un litre. Assemblage méditerranéen de jeunes vignes de Cannucceto : Alicante Nero, Carignano, Mourvèdre, Sangiovese, Alicante Bouschet. 6 mois en cuves béton, sans bois. Le vin « populaire » du domaine, « simple mais pas banal » (Marco, Ep. 58). Profil fluide, fruité et épicé ; à servir légèrement frais.
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Le vin qui donne son nom au domaine, première vendange 2002, seul vin du domaine de 2002 à 2006. Issu d'Ampeleia di Sopra, parcelles autour de la cave à 500-600 m. « Notre vin amiral ». Profil élégant, tendu, notes de graphite, myrte, tabac et fruits noirs, balsamique (note mentholée typique du CF ici). Loin des cabernets lourds ou boisés, il privilégie la finesse tannique.
La version « haute couture » du Cabernet Franc (Kaphès = ἀμπελος décliné, toujours autour de l'idée grecque de la vigne).
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Selon l'importateur Bowler Wine, Ampeleia serait ainsi « le premier domaine d'Italie à proposer cinq étiquettes de Cabernet Franc » — la preuve que le cépage est devenu le fil rouge du projet.
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L'âme méditerranéenne. La réhabilitation du cépage Maremma délaissé, acte identitaire assumé. Arômes de fraise des bois, de maquis (romarin, thym) et une salinité marquée due à la brise marine.
Le jardin méditerranéen. Assemblage méditerranéen (Alicante Nero, Carignano, Alicante Bouschet) d'Ampeleia di Mezzo. Souple, mûr, sur les fruits rouges sauvages et les épices douces.
La bouteille qui a échappé à l'arrachage en 2007. Devient un Merlot pur, issu d'une vigne ancienne, que le domaine considère désormais comme une expression singulière de Roccatederighi.
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Issu d'une parcelle complantée en Trebbiano Toscano, Malvasia et Ansonica. Depuis millésime 2023, vinifié en presse directe comme un rosata. Avant macération pelliculaire de 7 jours en cuve béton à l'origine, réduite progressivement à 2-3 jours jusqu'en 2023. Ancienement vin blanc de macération : robe ambrée, arômes d'agrumes séchés, de camomille et de fruits à coque, touche tannique élégante.
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Élaboré par infusion de grappes entières d'Alicante Nero dans du jus de presse directe de Carignano. Élevage béton. Couleur soutenue, profil vineux, sapide et iodé, équilibré par une fraîcheur acide.
Et finalement, qu'est-ce qu'Ampeleia ?
Le nom Ampeleia lui-même vient du grec ampelos (ἄμπελος, « vigne »), ce que Marco confirme tout en glissant sa propre définition : « gentillesse, authenticité, courage et ambition »
- pas de tradition viticole prestigieuse → liberté de planter autrement ;
- pas de monoculture → développement d'une exploitation agricole diversifiée ;
- pas d'un seul terroir → recherche volontaire de parcelles éloignées et d'altitudes différentes ;
- pas de cépage toscan évident → Cabernet Franc découvert sur place ;
- pas de cépage emblématique historique → réhabilitation de l'Alicante Nero ;
- pas de recette figée → évolution progressive de la viticulture et de la vinification ;
- et aujourd'hui, après vingt ans → passage de la construction du domaine à une lecture de plus en plus fine de ses parcelles.
Orientations et évolution
Les témoignages convergent vers trois mouvements :
- Un recentrage Cabernet Franc : multiplication des micro-parcellisations (série Fila), affirmation du cépage comme identité — c'est l'évolution la plus nette des vingt dernières années.
- Une diversification agricole et touristique : pâtes maison, restaurant à la propriété, hospitalité développée depuis ≈2022 — le domaine assume sa vocation d'organisme vivant agricole complet et de lieu de séjour, pas seulement de production de vin.
- Un positionnement de pionnier plutôt que de suiveur : altitude, diversité variétale, biodynamie depuis 2009, réhabilitation de cépages locaux délaissés — l'équipe se présente comme « en mouvement permanent » (« Ampeleia est un chemin, nous sommes encore en mouvement », Marco, 2024).
Au terme de cette semaine passée à parcourir neuf domaines toscans, Ampeleia restera néanmoins une exception à deux titres : ce fut le seul domaine où la visite et la dégustation m'ont été facturées, malgré mes achats de bouteilles et de miel ainsi que mon déjeuner sur place, et le seul dont certaines cuvées m'ont paru présenter des déviations aromatiques qui ont limité mon enthousiasme.
Cela reste naturellement une expérience personnelle. Mais, avec le regard de quelqu'un qui s'intéresse aussi à la filière et à son économie, je ne peux m'empêcher d'y voir une évolution possible du modèle : alors que les ventes de vin deviennent plus difficiles et que la consommation recule structurellement, les domaines sont conduits à diversifier leurs sources de revenus — visites, dégustations, restauration, produits de la ferme — mais aussi, peut-être, leurs propositions œnologiques pour toucher de nouveaux publics. Le développement des vins dits « nature », avec leurs codes et leurs profils aromatiques particuliers, participe aussi de cette recherche de nouveaux consommateurs, à l'heure où les habitudes de consommation se déplacent et où la bière occupe désormais une place centrale dans le paysage des boissons alcoolisées.
- ITALIANA, What's your Drinkstory? par Lucia Aliotta « LA STORYTELLER » — A friendship story in the gentle Tuscan hills, through the magic of Ampeleia, 3 septembre 2025.
- The Italian Wine Hunter — Ep.58 – AMPELEIA e i suoi VINI raccontati da MARCO TAIT, 11 mai 2025.
- Slow Wine — Ampeleia, Toscana: Slow Wine 2022, 5 octobre 2021.
- This Is Juice — Ep. #157, Vino tra i boschi della alta Maremma – Marco Tait di Ampeleia, 9 septembre 2024.
Ampeleia: Off the Beaten Tuscan Path, a Blank Page at Altitude
The final stop on this Tuscan study trip: the Bolgheri estates the AI had recommended either never wrote back or couldn't host me, so I fell back on its other suggestion: an estate that wasn't on my radar at all, and whose location sits outside the usual Tuscan trio of Chianti Classico, Brunello and Bolgheri. Having crunched the thousands of wines I've logged, the AI had clocked that I'm a Cabernet Franc fan — reason enough to route this visit into my drive back to France.
Another scorcher in this heatwave of a mid-August week. The drive runs due west from Montalcino toward the sea, which I never actually see. Forested farmland, no vines in sight, especially on the climb from the plain up to the estate. Despite an elevation comparable to the Chianti Classico villages, finding shade for a car stuffed with wine cases bound for France is, as ever, no small feat.
The visit was led by the hospitality manager, with a walk through the vineyards around the winery and, as we arrived, the first bin of Grenache picked that morning.
Plenty of questions came out of discovering an estate with a history this rich and unusual. To write this post, I did some after-the-fact reading, including the podcasts where winemaker Marco Tait appears.
Origins: Three Friends, an Alpine Refuge, and a Maremma That Doesn't Look Like the Maremma
- Ampeleia was born in 2002 out of a project by three founding partners: Elisabetta Foradori (whose own Mezzolombardo estate in Alto Adige I know well, having crossed paths with her at several Paris trade tastings), Giovanni Podini and Thomas Widmann [Gambero Rosso, Sour Grapes, Bowler Wine]. The idea took shape in the early 2000s during a founding conversation at an Alpine refuge, 2,153 metres up [official site]; Marco Tait, on Juice it up, places it at "a refuge in Val Badia" — a small discrepancy in the anecdotal detail (the official site names the Rifugio Comici). The founding idea: "farming somewhere beautiful and not obvious," away from Italian wine clichés, free of traditional appellation conventions. The team calls itself the "Gentle Souls," a name meant to capture a stance of listening to nature, restraint in the vineyard, and respect for the landscape's own balance.
- Tuscany wasn't the original target. The project started as a search for somewhere distinctive enough — altitude, proximity to the sea, an unspoiled setting. The founders spent two years travelling across Italy looking for the place (Strade Bianche) before landing in the Alta Maremma, at Roccatederighi, where they bought an existing property in 2002, inside the Colline Metallifere geological park (a UNESCO-recognised site). They didn't set out to make "a great Maremma wine" in the Super Tuscan mould of neighbouring coastal Bolgheri. What they wanted was a place that matched a farming and winemaking philosophy, full stop.
- The property wasn't untouched land: back in the 1960s, a Swiss couple, Erica and Peter Max Suter, had bought the abandoned farm and turned it into a working holding with sheep, pigeons and vines [Sour Grapes, Dynamic Vines]. Marco refers to a business called "Meleta" (after the place name), set up by Swiss owners "in the '80s," with roughly 5 to 7 hectares of vines (Cabernet Franc and Merlot) grown as part of a mixed farm.
- Marco Tait's connection to the project predates Ampeleia itself: a Trentino native from Mezzolombardo, he graduated in 2000 from San Michele all'Adige and got his first real experience at Foradori — where his father worked as fattore, the estate manager; he spent his childhood summers in the Foradori family's vines. The three founders handed him the winemaking from the very first harvest, in 2002, baptised by "a year of heavy rain across all of Italy."
- The founding push, and Elisabetta Foradori's role. Foradori brought her biodynamic expertise and environmental sensibility, honed in Trentino, to the project, and helped set its varietal direction — notably the decision to move away from the classic, concentrated Sangiovese/Super Tuscan template. Though she's since stepped back from day-to-day involvement to focus on her own estate and other projects, her imprint remains in Ampeleia's biodynamic DNA. Thomas Widmann left the project in 2009, drawn away by his political career in South Tyrol [Superiore.de]. Today, Giovanni Podini is the sole owner [la Repubblica].
The Bet on Place: A Blank Page at 600 Metres
A Maremma turned inside out. Not the coastal lowlands most people picture (Bolgheri, Morellino), but the inland Alta Maremma, along the Colline Metallifere belt — mineral-rich hills mined since Etruscan times, now a UNESCO Geopark — with vines planted between 200 and 600 metres, most of them "tucked away and wrapped in forest," as Marco puts it. Rocca Tederighi, population 400, lived off mining until the 1950s.
A zone with no commercial winegrowing tradition. Marco is emphatic on this point: here, the vine was never a source of income, only "subsistence farming" — a row of olives next to a row of vines in every smallholder's "garden." That absence of tradition is itself a kind of freedom: the licence to try things nobody would dare in a zone governed by a rigid appellation.
A patchwork of geology. The area's mineral wealth produces extreme "pedological variability" — "you barely have to move at all to find completely different geological strata," says Marco. That's what drove the estate's boldest call: vines deliberately scattered across four separate blocks, up to 20–25km from the winery — "logistical madness," Marco admits — chosen to capture the widest possible range of altitude, soil and microclimate. The estate now spans 120 hectares, of which just 35 are under vine — under a third, the rest being forest, pasture, olive groves and durum wheat, a ratio the estate owns rather than apologises for [RAW Wine, Dynamic Vines].
A climate call ahead of its time. In 2002, when everyone else was chasing ripeness and concentration, the founders went looking for altitude and freshness instead — summers cool enough to need a jumper over a t-shirt by evening, a near-continental climate. With climate change since, that bet has "given us a huge head start," as Marco puts it on episode 58.
Philosophy: The Farm as a Living Organism
Three structural ideas run through everything Marco says in interview, and they read less like marketing copy than the actual backbone of the project:
1. Biodynamics as method, not dogma. The shift to biodynamics dates to 2009, after seven years of conventional farming — a transition he describes as the product of years of tasting, reading and meeting people. Ampeleia earned official organic certification in 2012 and brought in its first Demeter-certified biodynamic harvest in 2013. His framework: conventional farming "moves the soil toward death," organic farming "maintains" organic matter, and biodynamics is "the only method that actually increases it" — the goal being to "leave the land more fertile than we found it, because we're guests here, not owners" (Slow Wine, 2021). The effects he describes: a fast (2–3 year) shift in soil structure, darker soil colour as humus builds, an explosion of biodiversity between the rows (5–7 plant species per square metre), and wines that feel "freer" than in the early years.
2. The farm as a living organism, not a monoculture — a principle borrowed from Rudolf Steiner, the founder of anthroposophy, and carried forward by Demeter. Cattle graze freely between the rows after harvest through budbreak, alongside poultry, bees and pasture, and since 2020 the estate has pushed its biodynamic thinking beyond the vineyard altogether, producing its own extra-virgin olive oil and organic flour (2 hectares of durum wheat turned into pasta served at the estate's own restaurant, part of the hospitality push that began in 2022). It brings to mind the same holistic outlook I've seen at Foradori, or, more recently, at Podere Le Ripi: a closed, self-sufficient ecosystem where every part feeds the others — what the Storia di Vino interviewer calls "a closed-loop organism." Bringing in Grey Alpine cattle (Grigio Alpina) in 2013 wasn't a cosmetic choice: it closes the loop, letting the estate produce its own fertilising compost and horn manure (preparation 500) straight from the farm's own organic matter.
3. The "anime gentili" — the gentle souls. The team runs 15 to 17 people in 2024–2025, mostly on permanent contracts, and Marco rattles off their names with evident pride: Francesco in export, Roberto in communications, Simona in hospitality, Matteo in the cellar… a genuine social project, framed as "a community," not a workforce.
Two Varietal Pillars: Alicante Nero and Cabernet Franc
Alicante Nero: "Tuscan despite its Spanish name," a variety that crossed over from the Iberian Peninsula in the 16th century and was historically grown across the Maremma before being abandoned by modern viticulture in favour of more classic varieties. Ampeleia set out to bring it back: the first cuttings went in the ground in 2003, in the lower, sea-facing sectors. 11 of the estate's 35 hectares are now devoted to it, including a mono-varietal Alicante Nero bottling the estate treats as a statement of identity: "it represents our way of being winemakers" [RAW Wine].
Cabernet Franc: this is the founding discovery — among the roughly 1 hectare of old vines bought with the Meleta property was a parcel of Cabernet Franc, "love at first sight from that very first harvest," as Marco puts it. An international variety the estate simply found already growing on-site and chose to build on. Ampeleia has since expanded it to 8 hectares, planted exclusively on the highest, coolest sites, and turned it into its signature wine: "today, I can say it's our absolute pinnacle," he says on Juice it up — a claim the official site backs, calling it "our flagship wine." More than twenty years in, Marco says his ambition is for Ampeleia to become Italy's benchmark for Cabernet Franc [la Repubblica]. That ambition is exactly where the two newest crus, 16 File and 30 File, come from — bottlings drawn from just a handful of rows, selected after years of watching how individual parcels perform.
Other varieties on the estate: Merlot (in 2007, the estate considered pulling its oldest Merlot parcel, "Lo Sbocco," planted by the original Swiss owners — but the fruit was good enough to save the vines and build the Empatia bottling around them instead), Carignan, Mourvèdre, Sangiovese and Alicante Bouschet among the reds, Trebbiano, Malvasia and Ansonica among the whites [Gambero Rosso] — a resolutely Mediterranean, non-classic-Tuscan lineup, true to the estate's blank-page approach from the start.
Winemaking and Ageing
Marco Tait's cellar decisions chase aromatic freshness and drinkability over concentration or oak. The core principles:
- Concrete, almost everywhere. Fermentation and ageing happen almost exclusively in concrete tanks, chosen for near-total aromatic neutrality, natural thermal insulation, and gentle micro-oxygenation.
- Whole-cluster fermentation. Depending on the wine and the vintage, 10 to 30% of whole clusters go into the tank (notably for Alicante Nero and Cabernet Franc), adding tension, Mediterranean herbal notes and structure.
- A hands-off approach. Fermentations run exclusively on native yeast, with no fining or filtration, and sulphur additions kept to the strict minimum needed before bottling.
The Current Range
Compiled from the official wine pages, Bowler Wine, and the podcasts:
Launched in 2011, bottled at a full litre. A Mediterranean blend from young Cannucceto vines: Alicante Nero, Carignan, Mourvèdre, Sangiovese, Alicante Bouschet. Aged 6 months in concrete, no wood at all. The estate's "popular" wine, "simple but never basic," as Marco puts it on episode 58. Fluid, fruity, spiced; best served lightly chilled.
The estate's namesake wine, first made in 2002 and the only wine on the property from 2002 to 2006. Sourced from Ampeleia di Sopra, the parcels around the winery at 500–600m. "Our flagship." Elegant, taut, graphite, myrtle, tobacco and dark fruit, with the balsamic, slightly menthol note typical of Cabernet Franc here. A world away from heavy or heavily-oaked Cabernet Francs — the priority is tannic finesse.
The Cabernet Franc's "haute couture" edition (Kaphès riffs on ἀμπελος, the Greek root running through the estate's whole naming scheme).
Per importer Bowler Wine, this reportedly makes Ampeleia "the first estate in Italy to offer five separate Cabernet Franc labels" — proof of how central the variety has become to the whole project.
The Mediterranean soul of the range: the deliberate revival of a Maremma variety modern viticulture had left behind, and a real statement of identity. Wild strawberry, maquis scrub (rosemary, thyme) and a pronounced salinity carried in on the sea breeze.
The Mediterranean garden. A blend of Alicante Nero, Carignan and Alicante Bouschet from Ampeleia di Mezzo. Supple, ripe, built around wild red fruit and sweet spice.
The bottle that escaped being pulled up in 2007. A pure Merlot from an old vine parcel, now treated by the estate as a singular expression of Roccatederighi itself.
From a field-blend parcel of Trebbiano Toscano, Malvasia and Ansonica. Originally macerated 7 days on skins in concrete, now cut back to 2–3 days. An amber-coloured skin-contact white, with dried citrus, chamomile and nut aromas, and an elegant touch of tannin.
Made by infusing whole Alicante Nero clusters in directly pressed Carignan juice, aged in concrete. Deep colour, a wine-like, savoury, iodine-tinged profile, balanced by taut acidity.
So What Is Ampeleia, Really?
The name Ampeleia comes from the Greek ampelos (ἄμπελος, "vine"), which Marco confirms while slipping in his own gloss on it: "kindness, authenticity, courage and ambition" —
- no prestigious winemaking tradition → the freedom to plant differently;
- no monoculture → a genuinely diversified farm;
- no single terroir → a deliberate search for scattered parcels at different altitudes;
- no obvious Tuscan grape → Cabernet Franc, found already growing on-site;
- no historic signature variety → the revival of Alicante Nero instead;
- no fixed formula → viticulture and winemaking both still evolving;
- and today, twenty years on → a shift from building the estate to reading its parcels with ever-finer precision.
Direction and Evolution
The interviews converge on three shifts:
- A recentring on Cabernet Franc: more micro-parcel bottlings (the Fila series), the variety fully embraced as the estate's identity — the clearest trend of the past twenty years.
- Agricultural and tourism diversification: house-made pasta, an on-site restaurant, a hospitality push since roughly 2022 — the estate leans fully into being a complete living agricultural organism and a place to stay, not just a wine producer.
- Positioning as pioneer rather than follower: altitude, varietal diversity, biodynamics since 2009, reviving abandoned local varieties — the team frames itself as "permanently in motion" ("Ampeleia is a path, we're still moving," Marco, 2024).
At the end of a week spent crossing nine Tuscan estates, Ampeleia still stands apart on two counts: it was the only estate where the visit and tasting came with a bill, despite the bottles and honey I bought and the lunch I had on-site; and it was the only one where a few bottlings showed aromatic deviations that dampened my enthusiasm.
That's obviously a personal reaction. But wearing my other hat — someone who also follows the industry and its economics — I can't help reading it as a possible glimpse of where the model is heading: as wine sales get harder and consumption keeps structurally declining, estates are being pushed to diversify their revenue — visits, tastings, dining, farm products — but perhaps also, in some cases, their winemaking choices, to reach new audiences. The rise of so-called "natural" wine, with its own codes and particular aromatic signatures, is arguably part of that same hunt for new drinkers, at a moment when consumption habits are shifting and beer now holds a genuinely central place in the alcoholic-drinks landscape.
- ITALIANA, What's your Drinkstory? by Lucia Aliotta, "LA STORYTELLER" — A friendship story in the gentle Tuscan hills, through the magic of Ampeleia, September 3, 2025.
- The Italian Wine Hunter — Ep.58 – AMPELEIA e i suoi VINI raccontati da MARCO TAIT, May 11, 2025.
- Slow Wine — Ampeleia, Toscana: Slow Wine 2022, October 5, 2021.
- This Is Juice — Ep. #157, Vino tra i boschi della alta Maremma – Marco Tait di Ampeleia, September 9, 2024.
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